• Poèmes de pays divers

    3 pages

  • Préface

     

    J’écris pour que la vie soit respectée par tous

    Je donne ma lumière à ce que l’ombre étouffe

    J’écris pour vous ouvrir à la douceur de vivre

    J’écris pour tous ceux qui ont pu sauver

    de l’ombre et du commun naufrage

    un coin secret pour leur étoile...

    J’écris pour apaiser mon sang

    mon sang violent et dur et lourd de siècles tristes

    J’écris pour partager ma joie

    avec ceux qui m’écoutent

    J’écris pour être heureux pour être libre...

    J’écris pour qu’on défende

    pour qu’on respecte

    l’arbre qui monte le blé

    qui pousse l’herbe au désert

    l’espoir des hommes...

     

    Messaour Boulanouar (1933-2015)

    Algérie

    Extrait du livre : 100 poèmes du monde pour les enfants

    Poèmes de pays divers :100 poèmes du monde pour les enfants ( Préface)

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  • Testament d’un rebelle

     

    Donne-moi une plume

    que je puisse chanter

    que la vie n’est pas vaine...

     

    Donne-moi un amour

    qui ne périsse pas

    soudain entre les doigts...

     

    Donne-moi un cœur

    qui batte sans arrêt,

    mais qu’il batte plus fort

    que le battement blanc

    d’un pigeon affolé...

    Donne-moi un cœur,

    une usine de sang...

     

    Donne-moi deux lèvres,

    de l’encre pour ma plume,

    qu’elle abreuve de lait

    une lettre d’amour

    pour la terre entière.

     

    Breyten Breytenbach (né en 1939)

    Traduction de Bernard Lorraine Christian Bourgois, 1983

    AFRIQUE DU SUD

    Extrait du livre : 100 poèmes du monde pour les enfants

     

    Poèmes de pays divers :100 poèmes du monde pour les enfants

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  • L’enfant

     

    L’enfant dans un grenier

    cherche des souvenirs

    cachés au fond des malles.

    Il découvre étonné

    des baguettes magiques

    des bottes de sept lieues

    des poupées qui lui parlent

    et des livres-bateaux

    qui l’entraînent au loin

    vers une île au trésor

    voyageur ébloui

    sur la peau bleue des rêves.

     

    Jean Orizet, de l’Académie Mallarmé

    Extrait du livre : 100 poèmes du monde pour les enfants

    Poèmes de pays divers :100 poèmes du monde pour les enfants ( L'enfant)

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  • Je rends grâce

     

    Je rends grâce à ton créateur, Beauté, ô ma belle aux yeux noirs.

    Tu es le vif soleil le jour, la nuit, la lune au doux visage

    Je ne vis qu'afin de te voir

    Et de te dédier mon hommage !

    Je suis le seul enfant des miens, prends pitié de mon désespoir

    Je suis un passant en exil, un humble ouvrier de ce monde, Ma cape est mon seul compagnon, mon seul frère est mon fin poignard,

    Je ne cherche pas d'autres biens, il me suffit de ton regard. Est-il sous le ciel des splendeurs et des richesses plus profondes

    (Nicolas Baratachvili Géorgie)

     

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  • Liberté

     

    Quelque part a fond de mon esprit

    Il y a des océans

    De vastes étendues de pure quiétude.

    Il y a de clairs et limpides ruisseaux

    Cheminant nonchalamment parmi de vastes prairies luxuriantes.

    Il y a des montagnes

    Aux sommets enneigés veinés de violet,

    Il y a de doux vents

    Caressant ma peau tannée par le vent.

     

    Quelque part au fond de mon esprit

    Il y a la liberté

    Emprisonnée attentant d’être délivrée.

     

    Chege W.Mary (Kenya)

     

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  • Un jour j’écrirai un poème où est le matin

    Un jour j’écrirai

    Un poème

    Où est le matin

    L’hiver et le soleil

    Plein d’enfants

    Aux bonnets rouges

    Et des chiens noirs de jais

    Qui aboient dans la neige.

     

    Un poème où

    Les espaces s’élargissent

    Où mon Père

    Rentre à la maison

    Et dine le soir les coudes

    Sur la table en répondant

    A nos questions

    Furieuses.

     

    Un poème sans symboles

    En phrases simples

    Où la neige est la neige

    L’hiver en hiver

    Le matin le matin.

     

    Qui ne décrit pas

    La lumière par l’obscurité

    Le pain par la faim

    La vie par la mort.

     

    Bettina Wiengarn (Allemagne)

     

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  • L’arbre

     

    Quand ma porte est fermée, que ma lampe est éteinte

    Et que je reste enveloppée dans l’haleine du crépuscule,

    Je sens bouger autour de moi

    Des branches, les branches d’un arbre.

     

    Dans ma chambre que nulle autre n’habite,

    L’arbre étend une ombre douce comme un voile,

    Il vit silencieux, il croît sans doute,

    Il devient ce que veut un inconnu.

     

    Une puissance spirituelle, une puissance secrète

    A mis sa volonté dans les racines cachées de cet arbre.

    Parfois, j’ai peur, je demande anxieusement !

    Sommes-nous si sûrement amis ?

     

    Mais il vit calmement, il pousse tranquille,

    Je ne sais vers où il tend, vers où il veut aller.

    Il est doux et magique d’habiter si près

    De quelqu’un que l’on ne connait pas…

     

    Karim Boye (Suède)

     

    chéne stip réduit pour philo

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  • Je pense à toi

     

    Je pense à toi lorsque, dans la pluie de pétales,

    Le printemps se fait peintre,

    Et que rayonnent en doux épis mûris

    Les dons de l’été  prodigue.

     

    Je pense à toi, lorsque la mer du monde se soulève

    A grands bruit et monte vers le ciel,

    Et que la rive recule en gémissant, tremblante,

    Devant la fureur des flots.

     

    Je pense à toi lorsque le soir rougissant

    Se perd dans le bois,

    Et qu’à douce voix de flûte la plaintive Philomèle

    Emeut notre âme.

     

    Au faible halo de ma lampe, au milieu de peines amères,

    J’ai pensé à toi ;

    Mon âme anxieuse suppliait au bord du départir :

    « Souviens-toi de moi ! »

     

    Je penserai à toi jusqu’au jour où les cyprès ondoyants

    Entoureront ma tombe.

    Et qu’aux bois de Tempé même inoublié,

    Ton nom fleurisse.

     

    Sophie Christiane Friederike Brun (Danemark)

     

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  • Poésie

     

    Celui qui dit que la poésie n’est qu’une fantaisie,

    C’est lui qui est fantaisiste.

    La poésie est un ruisseau

    Où on étanche sa soif,

    Forêt d’amour et de beauté.

    La poésie c’est la haute Taïga,

    Semblable au lait maternel.

    La poésie réconforte et donne des forces.

    La poésie est ce territoire du cœur

    Où le toc et le mensonge ne trouvent aucune place.

     

    Alessia Kuular (République de Touva)

     

    Château de Brézé. (73)

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  • Souffles

     

    Ecoute plus souvent

    Les Choses que les Êtres

    La Voix du Feu s’entend,

    Entend la Voix de l’Eau,

    Ecoute dans le Vent

    Le Buisson en sanglots :

    C’est le Souffle des ancêtres.

     

    Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :

    Ils sont dans l’Ombre qui s’éclaire

    Et dans l’ombre qui s’épaissit.

    Les Morts ne sont pas sous la terre :

    Ils sont dans l’Arbre qui frémit,

    Ils sont dans le Bois qui gémit,

    Ils sont dans l’Eau qui dort,

    Ils sont dans la Case, ils sont dans la Foule :

    Les Morts ne sont pas morts.

     

    Ecoute plus souvent

    Les Choses que les Êtres

    La Voix du Feu s’entend,

    Entend la Voix de l’Eau,

    Ecoute dans le Vent

    Le Buisson en sanglots :

    C’est le Souffle des ancêtres.

    Qui ne sont sous la Terre

    Qui ne sont pas morts.

     

    Ceux qui sont morts ne sont jamais partis :

    Ils sont dans le Sein de la Femme,

    Ils sont dans l’enfant qui vagit

    Et dans le Tison qui s’enflamme.

    Ils sont dans le feu qui s’éteint,

    Ils sont dans les Herbes qui pleurent,

    Ils sont dans le Rocher qui geint,

    Ils sont dans la Forêt, ils sont dans la Demeure,

    Les Morts ne sont pas morts.

     

    Ecoute plus souvent

    Les Choses que les Êtres

    La Voix du Feu s’entend,

    Entend la Voix de l’Eau,

    Ecoute dans le Vent

    Le Buisson en sanglots :

    C’est le Souffle des ancêtres.

     

    Birago Diop (extrait du livre « Poésie entrée libre »)

     

    brest 14

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  •  

     

    Jardin du Luxembourg

     

    Ce parc se trouve tout près du paradis.

    Et les fleurs fleurissent comme si on leur avait dit.

    De petits garçons poussent de grands cerceaux.

    De petites filles portent de grands rubans.

    Ce qu’ils crient est difficile à comprendre.

    Car la ville est étrangère. Elle s’appelle Paris.

     

    Tous, même les hommes sérieux,

    Le ressentent ici : la terre est une étoile !

    Et les enfants ont de jolis noms

    Et presque aussi beaux que sur les réclames.

    Même les statues, le plus souvent des dames

    Souriaient bien, (si seulement elles le pouvaient !)

     

    Tintamarre et cris de joie volent à nos oreilles

    Comme de la musique. Ce ne sont pourtant que des cris.

    Des ballons s’enfuient en sautillant car ils sursautent

    Un petit chien joueur se laisse taquiner.

    De petits voleurs doivent se cacher,

    Et les autres sont les gendarmes.

     

    Des mamans lisent. Ou bien rêvent-elles ?

    Et tressaillent quand quelqu’un a crié.

    De minces demoiselles s’en viennent par les allées

    Et sont jeunes et jettent des regards fort gênés

    Etourdis sur la grâce de l’enfantement.

    Et puis elles prennent peur, à ce qu’on dirait.

     

    Erich Kästner (poésie allemande)

     

     

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  • Un soir d’hiver

     

    Quand à la fenêtre la neige tombe,

    Que longuement la cloche du soir sonne,

    Pour beaucoup la table est mise

    Et la maison est bien pourvue.

     

    Plus d’un, parti en voyage,

    Arrive à la porte par de sombres sentiers.

    D’or l’arbre des grâces fleurit,

    De la terre et de sa fraîche vigueur.

     

    Voyageur entre en paix ;

    La douleur pétrifia le seuil.

    Alors brillent dans une clarté pure

    Sur la table pain et vin.

     

    Georg Trakl (poésie allemande)

     

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  • Voyage 

     

    Nous voyageons.

    Nous n'avons d'autres buts que notre cœur.

    Ne demandez pas pourquoi.

    Demandez : qu'adviendrait-il si la lumière se figeait ?

    Pour atteindre ce cœur, il nous faut franchir sept

    montagnes et sept mers.

    Ne demandez pas pourquoi.

    Demandez : qu'adviendrait-il si le vent perdait son chemin ?

    Nous voyageons,

    Car celui qui voyage espère rencontrer Dieu en route.

    Ne demandez pas pourquoi.

     

    Demandez : qu’adviendrait-il si Dieu n'existait pas ?

     

     

    Rajko Djuric (Serbie)

     

    Originaire de Serbie, poète, essayiste et romancier, Rajko Djuric a longtemps été président de l'Union internationale des Roms et des Sinti. Durant la guerre en ex-Yougoslavie, menacé de mort, il a dû fuir le régime de Milosevic. Il est l'auteur de nombreux ouvrages sur son peuple dont Tsiganes du monde.

    ixora réduit

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  • Sans domicile fixe

    Je vais

    je viens,

    et puis je pense.

    Que ce soit ici ou bien là,

    il n'y a pas de lieu «acquis.

    Ici ou là,

    je suis ce que les gens appellent un étranger.

    Et comme un étranger

    j'irai et viendrai

    jusqu'à ce qu'ici

    ou là

    ni moi

    ni personne ne le soit plus.

    Clémentina Suarez (Honduras)

     

    Clementina Suarez (1903-1991) a résidé à La Havane, à New York, au Costa Rica, à San Salvador et à Mexico où elle créa la revue Mujer et fonda une galerie d'art de l'Amérique centrale. En 1970, elle reçut le Prix national de littérature dans son pays.

    Poèmes de pays divers Sans domicile fixe


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  • La dernière fleur de l'automne

     

    Je suis la dernière fleur de l'automne.

    Je fus bercée dans le berceau de l'été,

    Je fus placée en sentinelle contre le vent du nord.

    Des flammes rouges ont éclos

    Sur ma joue blanche.

     

    Je suis la dernière fleur de l'automne.

    Je suis l'ultime semence du printemps mort,

    II est si facile de mourir la dernière :

    J'ai vu le lac si fabuleux, si bleu,

    J'ai entendu battre le cœur de l'été mort,

    Mon calice ne porte pas d'autre semence que de mort.

     

    Je suis la dernière fleur de l'automne.

    J'ai vu les profondeurs stellaires de l'automne,

    J'ai contemplé la chaude lumière des foyers lointains,

    II est si facile de suivre le même chemin,

    Je refermerai les portes de la mort.

    Je suis la dernière fleur de l'automne.  

    Edith Södergran, (Finlande)

     

    Née à Saint-Pétersbourg en 1892, Edith Södergran est morte d'une tuberculose en 1923. Par ses seuls cinq recueils de poésie (dont La lyre de septembre, L'Autel des roses, d'une forme libre et d'un esthétisme nietzschéen provoquant, elle est l'initiatrice du modernisme tant en Finlande qu'en Suède.

    foret Benoit réduit

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