• LES CHATS EN POESIE

    2 pages de poésies sur les chats

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    Le chat sous la fenêtre

     

    Le chat sous la fenêtre
    soulève sa petite patte
    pour pouvoir sortir
    et ses yeux grands ouverts
    qui cherchent des regards
    pour qu’il puisse l’ouvrir

    Le chat sous la fenêtre
    tapote doucement
    avec son coussinet
    sur quelques marguerites
    qui se reflètent sur la vitre
    derrière une ombre bleutée

    Le chat sous la fenêtre
    observe les oiseaux,
    et d’un coup sec
    s’envole dans le ciel
    pour attraper le papillon
    qui a pu s’échapper

    Le chat sous la fenêtre
    d’un coup a disparu

    Alors je regarde une corbeille de cerises
    posée sur le vieux banc cassé
    La petite patte n’est plus là
    Le papillon vole un peu plus loin
    J’entends le son du beau ruisseau qui coule au pied de ma maison
    il n’y a plus qu’un grand rayon de soleil
    qui traverse la fenêtre
    Et c’est bientôt l’été

     

    Elodie Santos, 2006

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    Les souvenirs

     

    Il siège au coin du feu, les paupières mi-closes,

    Aspirant la chaleur du brasier qui s’éteint ;

    La bouilloire bouillonne avec des bruits d’étain ;

    Le bois flambe, noircit, s’effile en charbons roses.

     

    Le royal exilé prend de sublimes poses ;

    Il allonge son nez sur ses pieds de satin ;

    Il s’endort, il échappe au stupide destin,

    A l’irrémédiable écroulement des choses.

     

    Les siècles en son cœur ont épaissi leur nuit,

    Mais au fond de son cœur, inextinguible, luit

    Comme un flambeau sacré, son rêve héréditaire.

     

    Un soir d’or, le déclin empourpré du soleil,

    Des fûts noirs de palmiers sur l’horizon   vermeil,

    Un grand fleuve qui roule entre deux murs de terre.

     

    Hyppolyte Taine  

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  • A une chatte

     

    Chatte blanche, chatte sans tache,

    Je te demande, dans ses vers,

    Quel secret dort dans tes yeux verts,

    Quel sarcasme sous ta moustache.

     

    Tu nous lorgnes, pensant tout bas

    Que nos fronts pâles, que  nos lèvres,

    Déteintes en de folles fièvres,

    Que nos yeux creux ne valent pas.

     

    Ton museau que ton nez termine,

    Rose comme un bouton de sein,

    Tes oreilles dont le dessin

    Couronne fièrement ta mine.

     

    Pourquoi cette sérénité ?

    Aurais-tu la clé des problèmes

    Qui nous font, frissonnants et blêmes,

    Passer le printemps et l’été ?

     

    Devant la mort qui nous menace,

    Chats et gens, ton flair, plus subtil

    Que notre savoir, te dit-il

    Où va la beauté qui s’efface.

     

    Où va la pensée, où s’en vont

    Les défuntes splendeurs charnelles ?

    Chatte, détourne tes prunelles ;

    J’y trouve trop de noir au fond.

     

    Charles Cros

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  • Goutte de lumière

     

    Si vous saviez ce qu'il y a

    Dans l'œil sans fond d'un petit chat,

    Qu'il soit jaune, vert ou lilas

    Vrai, vous n'en reviendrez pas !

    On y voit des oiseaux de lune,

    Des palais de laine et de lait,

    Le sphinx émergeant de ses lunes,

    Et des ballets ultraviolets.

    Sur des bassins d'une eau sans rides,

    S'épanouit la fleur de lotus

    Tandis qu'une main translucide

    Peint des soleils sur papyrus.

    Tout l'univers est reflété

    Dans cette goutte de lumière

    Qui ouvre sur l'éternité

    Ainsi qu'un hublot sur la mer.

     

     

    Marc Alyn

     

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  • Devant la cheminée

     

    Quand le sommeil tombe sur nous,

    Tu te blottis sur mes genoux.

     

    Mes mains caressent les contours

    De ton amitié de velours.

     

    La lueur dansante du feu

    N’est qu’une fente dans tes yeux.

     

    Le chas d’aiguille est si subtil

    Qu’à grande peine y passe le fil.

     

    Et si doux se fait le ronron

    Que je crois sentir sous mes doigts

     

    La lueur du feu qui  décroît,

    Le silence de la maison.

     

    Pierre Menanteau.

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  • La ballade ses chats

     

    Il en est de tout noirs, des chats d'Andalousie

    Exubérants d'amour et fous de jalousie :

    Des chats à la peau brune, au pelage soyeux,

    Sortant au moindre appel de leur douce paresse

    Pour se tendre à la main d'où leur vient la caresse

    Et se cambrer joyeux !

     

    Il en est de tout roux, des grands chats d'Allemagne, Importés sur le Rhin du temps de Charlemagne :

    Des chats très froids, très mous que chacun peut saisir, Sans les tirer de leur état soporifère,

    Des chats qu'on flatte en vain et qui se laissent faire

    Sans plainte et sans plaisir !

     

    Il en est de tout blancs comme un bloc de Carrare,

    Des chats immaculés, le chat vierge — très rare — Farouche au premier qui les frôle de près,

    Egratignant leur maître aussitôt qu'il fait mine

    D'effleurer de ses doigts leur délicate hermine...

    Mais se calmant après !

     

    Il en est de petits, de moyens et d'énormes,

    D'obèses, de fluets et de toutes les formes.

    Certains bâillent d'ennui, certains autres sont gais ; Certains ont par moments des ardeurs érotiques,

    Certains sont, au contraire, hébétés, chlorotiques,

     Tristes ou fatigués.

     

    Mais comme dans l'Eden, les chats et l'Eve humaine

    Sont soumis de naissance au même phénomène,

    Qu'ils soient noirs, blancs ou roux, dodus ou rabougris, Dès que la nuit s'abat sur les toits et les tentes

    Toutes les femmes ont des ivresses latentes,

    Et tous les chats sont gris !

     

    Henry de Fleurigny

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    Chat de bureau

     

    Sur le bureau couvert de taches d'encre bleue

    Où livres et cahiers gisent ouverts ou clos,

    II passe comme un souffle, effleurant de sa queue

    La feuille où ma pensée allume ses falots,

    Sur le bureau couvert de taches d'encre bleue.

     

    Quand il mouille sa patte avec sa langue rosé

    Pour lustrer son poitrail et son minois si doux,

    II me cligne de l'œil en faisant une pause,

    Et je voudrais toujours l'avoir sur mes genoux

    Quand il mouille sa patte avec sa langue rosé.

     

    Accroupi chaudement aux temps noirs de décembre

    Devant le feu qui flambe, ardent comme un enfer,

    Pense-t-il aux souris dont il purge ma chambre

    Avec ses crocs de nacre et ses ongles de fer ?

    Non ! Assis devant Pâtre aux temps noirs de décembre.

     

    Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes

    A la face bizarre, aux tétons monstrueux,

    II songe à l'angora, mignonne des mignonnes

    Qu'il voudrait bien avoir, le beau voluptueux,

    Entre les vieux chenets qui figurent deux nonnes.

     

    Maurice Rollinat

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  • Dors

    Dors, mignon chat blanc, dors

    Reste à ronronner, reste couché,

    Et ferme un peu tes yeux semés d'or ;

    Les souris montrent leur nez aux trous du plancher.

     

    Dors, mignon chat blanc, mignon chat gris, Avec ton ruban de soie au cou ; Les souris vont venir, les jolies souris Que tu griffes à petits coups.

     

    Elles vont s'attabler autour

    De la bonne assiette au gâteau :

    Dors, mignon chat blanc à pattes de velours,

    Et ne t'éveille pas trop tôt.

     

    Tristan Klingsor

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  • Un chat perdu

     

    Un chat perdu rôdait

    Aux portes des maisons.

    Une vieille cousait,

    Assise à son balcon.

     

    « O vieille ! dit le chat,

    Je vie de peu de chose :

    Deux pétales de rose

    Comblent mon estomac. »

     

    « En ce cas, dit la vieille

    Entrez, pauvre matou ;

    Dormez dans ma corbeille,

    Faites comme chez vous. »

     

    Mais allez croire un chat !

    Dès qu’il fut chez la vieille,

    Il lui mangea jusqu’à

    L’ouate de ses oreilles.

    Maurice Carême

     

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  • Presse papier

     

    C’est un petit chat noir, effronté comme un page.

    Je le laisse jouer sur ma table, souvent,

    Quelquefois il s’assied sans faire de tapage ;

    On dirait un job presse-papier vivant.

     

    Rien de lui, pas un poil de sa toison ne bouge.

    Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,

    A ces matous, tirant leur langue de draps rouge,

    Qu’on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.

     

    Mais le voilà qui sort de cette nonchalance,

    Et faisant le gros dos, il a l’air d’un manchon ;

    Alors, pour l’intriguer un peu, je lui balance,

    Au bout d’une ficelle invisible, un bouchon.

     

    Il fuit en galopant et la mine effrayée,

    Puis revient au bouchon, le regarde, et d’abord

    Tient suspendue en l’air sa patte repliée,

    Puis l’abat, et saisit le bouchon, et le mord.

     

    Je tire la ficelle, alors, sans qu’il la voie ;

    Et le bouchon s’éloigne, et le chat noir le suit,

    Faisant des ronds avec sa patte qu’il envoie,

    Puis saute de côté, puis revient, puis s’enfuit.

     

    Mais dès que je lui dis : « Il faut que je travaille ;

    Venez-vous asseoir là, sans faire le méchant ! »

    Il s’assied … Et j’entends, pendant que j’écrivaille,

    Le petit bruit mouillé qu’il fait en se léchant.

     

    Edmond Rostand

     

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