• Poèmes divers

    36 pages de poèmes divers

  • Dans les vociférations...

     

    Dans les vociférations des fous de guerre,

    dans le cliquetis assourdissant de l’or,

    dans le vacarme vaniteux des marchands,

    dans le hurlement des sirènes ambulancières,

     

    dans le tintamarre croassant des politiciens,

    dans le tumulte des écrans petits et grands,

    dans les tempêtes rhétoriques des théologiens,

    dans le silence terrifiant de l’amour absent,

     

    essayer,

    au moins une fois,

    la petite voix d’un poème.

     

    Francis Dannemark

    Extrait du livre : « Les voix du poème »

     


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  • Fleurs d’aurore

      

    Comme au printemps de l’autre année,

    Au mois des fleurs, après les froids,

    Par quelque belle matinée,

    Nous irons encore sous bois.

     

    Nous y verrons les mêmes choses,

    Le même glorieux réveil,

    Et les mêmes métamorphoses

    De tout ce qui vit au soleil.

     

    Nous y verrons les grands squelettes

    Des arbres gris, ressuscité,

    Et les yeux clos des violettes

    À la lumière palpiter.

     

    Sous le clair feuillage vert tendre,

    Les tourterelles des buissons,

    Ce jour-là, nous feront entendre

    Leurs lentes et molles chansons.

     

    Ensemble nous irons encore

    Cueillir dans les prés, au matin,

    De ces bouquets couleur d’aurore

    Qui fleurent la rose et le thym.

     

    Nous y boirons l’odeur subtile,

    Les capiteux arômes blonds

    Que, dans l’air tiède et pur, distille

    La flore chaude des vallons.

     

    Radieux, secouant le givre

    Et les frimas de l’an dernier,

    Nos chers espoirs pourront revivre

    Au bon vieux soleil printanier.

     

    En attendant que tout renaisse,

    Que tout aime et revive un jour,

    Laisse nos rêves, ô jeunesse,

    S’envoler vers tes bois d’amour !

     

    Chère idylle, tes primevères

    Éclosent en toute saison ;

    Elles narguent les froids sévères

    Et percent la neige à foison.

     

    Éternel renouveau, tes sèves

    Montent même aux cœurs refroidis,

    Et tes capiteuses fleurs brèves

    Nous grisent comme au temps jadis.

     

    Oh ! oui, nous cueillerons encore,

    Aussi frais qu’à l’autre matin,

    Ces beaux bouquets couleur d’aurore

    Qui fleurent la rose et le thym.

     

    Nérée Beauchemin, Les floraisons matutinales

     

    Parc de la Légion d'Honneur Saint Denis


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  • Lilas

     

    La pluie larmoyante caresse ton parfum

    aime le déséquilibre éphémère

    des gouttelettes assoiffées de sève.

    À chaque pétale elle découvre ta beauté

    symphonie d’unités réfractées.

     

    Les fleurs minuscules bleutées par la lumière

    avancent comme un cortège

    joyeux

    dansent comme une valse

    d’amour.

    Forsythias et pivoines couronnent cet instant

    courtisent l’allégorie.

     

    Sous le sublime chapiteau de la nature

    un voile parfumé fleurit notre chimère.

     

    Sybille Rembard, Beauté fractionnée, 2002 lilas


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  • Éclat

      

    Reine Terre, votre corps opulent

    se renverse dans l’horizon.

    Votre robe aux couleurs de soleil levant

    s’étale à perte de vue.

     

    Par-ci et par là,

    sculptures perpendiculaires ;

    cordes à grimper, lignes,

    courbes et pentes

    dansent à l’arrivée du vent de l’est.

     

    C’est ce moment du printemps,

    Anémone des bois

    invite toutes ses amies sauvages :

    Primevère, Célandine et Violette

    à se baigner dans la rosée.

     

    Il semble que pour la conférence des oiseaux,

    c’est ce chant de Merle angélique,

    comme si vous n’aviez jamais

    entendu son cœur joyeux.

    Il cherche comme un philosophe

    une histoire parfaite.

     

    Printemps, sa muse,

    sur le flot vert des forêts,

    sème l’enchantement

    partout sur la terre.

    Nous sommes joyeux,

    Unis par cette fête royale chaque année.

     

    Chloé Douglas, 2010

     

    Photo Pixabay


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  • Ronde de Printemps

     

    À Charles de Sivry.

     

    Dans le Parc, dans le Parc les glycines frissonnent,

    Etirant leurs frêles bras –

    Ainsi que de jeunes filles

    Qui se réveillent d’un court sommeil

    Après la nuit dansée au bal,

    Les boucles de leurs cheveux

    Tout en papillotes

    Pour de prochaines fêtes –

    Dans le Parc.

    Dans les Prés, dans les Prés les marguerites blanches

    S’endimanchent, et les coquelicots

    Se pavanent dans leurs jupes

    Savamment fripées,

    Mais les oiseaux, un peu outrés,

    Rient et se moquent des coquettes

    Dans les Prés.

    Dans les Bois, dans les Bois les ramures s’enlacent:

    Voûte de Cathédrale aux Silences

    Où le pas des Visions se fait pieux et furtif,

    Parmi les poses adorantes des Hêtres

    Et les blancs surplis des Bouleaux –

    Sous les vitraux d’émeraude qui font

    Cette lumière extatique –

    Dans les Bois.

    Dans l’Eau, dans l’Eau près de joncs somnolents

    Tremblent les étoiles plues du soleil

    Dans l’Eau,

    Et la Belle tout en pleurs

    Tombe parmi les joncs somnolents,

    Et la Belle

    Meurt parmi la torpeur lumineuse des flots:

    La Belle Espérance

    S’est noyée, et cela fait des ronds

    Dans l’Eau.

     

    18 mai 1889.

    Marie Krysinska, Rythmes pittoresques

     

    Ronde de Printemps

    Chacra, avril 2017


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  • Lilas


     

    La pluie larmoyante caresse ton parfum

    aime le déséquilibre éphémère

    des gouttelettes assoiffées de sève.

    À chaque pétale elle découvre ta beauté

    symphonie d’unités réfractées.

     

    Les fleurs minuscules bleutées par la lumière

    avancent comme un cortège

    joyeux

    dansent comme une valse

    d’amour.

    Forsythias et pivoines couronnent cet instant

    courtisent l’allégorie.

     

    Sous le sublime chapiteau de la nature

    un voile parfumé fleurit notre chimère.

     

    Sybille Rembard, Beauté fractionnée, 2002


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  • Origines

     

    Les livres assoiffés comme des pyramides

    Doublaient les murs de leurs blocs de savoir. 

    Sans bruit viraient en eux les planètes, les siècles

    La volupté, l’Histoire 

    Et leurs voix étouffées me traquaient dans le noir.

     

    Mille alphabets germaient aux bords de mon sommeil :

    Chaque lettre, une graine et chaque mot, le ciel.

     

    Je conjuguais à tous les temps de l’être

    Le futur intérieur, l’imparfait de l’imaginaire. 

    Dès l’aube, l’air bruissait de syllabes-cigales

    De vocables-pigeons et de versets pareils

    Au vol flammé de l’ange. 

    Un fleuve débordait écumant de secrets. 

    Des forêts surgissaient de pages entrouvertes

    Où des huppes puisaient l’or des milliers d'années

    Et mes corps à venir attendaient que je naisse.

     

    Certains livres étaient des pêches dont je buvais

    le jus la tête renversée 

    d’autres des coquillages d’où s’évadaient les fables,

    frissonnaient sur mon front telle une frange de cheveux

    sombres 

    les neiges, les mirages

    les criquets pèlerins de l’inconnaissable,

    je décrivais dans l’ombre au sein d’une glace sans tain étrangleuse d’images 

    Caressant  au passage le pelage des monstres

    Guidé par la volupté à tête chercheuse

    éperdue de liqueurs 

    Avide de froisser les dessous mauves de l’extase.

     

    J’écrivais. Et mon être naissait de l’encre

    lettre à lettre : 

    j’avais lieu dans le mot à venir. 

    J’écrivais comme on meurt et c’était pour survivre 

    Convaincu d’engendrer ainsi le dernier Livre 

    Que déchiffreraient sans en saisir hélas toutes les nuances 

    Ies grands lézards créés à l’image de Dieu.

     

    Marc Alyn

     

    Photo Pixabay


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  • Rendez-vous

     

    Je te donne rendez-vous

    Tu viendras

    dans un pays au soleil

    si vaste qu'il embrasse le monde

    si petit qu'il tient en un mot.

     

    je te donne rendez-vous

    tu viendras

    dans un pays fraternel

    ses monuments sont des tourments

    universels.

     

    je te donne rendez-vous

    tu viendras

    dans un pays éternel

    où dansent consonnes et voyelles

    derrière "masques et bergamasques".

     

    Je te donne rendez-vous

    dans ta langue maternelle.

     

    Azadée Nichapour


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  • A la mi-carême (extraits)

     

    Le carnaval s’en va, les roses vont éclore ;

    Sur les flancs des coteaux, déjà court le gazon.

    Cependant du plaisir la frileuse saison

    Sous ses grelots légers rit et voltige encore,

    Tandis que, soulevant les voiles de l’aurore,

    Le Printemps inquiet paraît à l’horizon.

     

    Du pauvre mois de mars il ne faut pas médire ;

    Bien que le laboureur le craigne justement,

    L’univers y renaît ; il est vrai que le vent,

    La pluie et le soleil s’y disputent l’empire.

    Qu’y faire ? Au temps des fleurs, le monde est un enfant ;

    C’est sa première larme et son premier sourire.

     

     

    C’est dans le mois de mars que tente de s’ouvrir

    L’anémone sauvage aux corolles tremblantes.

    Les femmes et les fleurs appellent le zéphyr ;

    Et du fond des boudoirs les belles indolentes,

    Balançant mollement leurs tailles nonchalantes,

    Sous les vieux marronniers commencent à venir.

     

    C’est alors que les bals, plus joyeux et plus rares,

    Prolongent plus longtemps leurs dernières fanfares ;

    À ce bruit qui nous quitte, on court avec ardeur ;

    La valseuse se livre avec plus de langueur :

    Les yeux sont plus hardis, les lèvres moins avares,

    La lassitude enivre, et l’amour vient au coeur.

     

    S’il est vrai qu’ici-bas l’adieu de ce qu’on aime

    Soit un si doux chagrin qu’on en voudrait mourir,

    C’est dans le mois de mars, c’est à la mi-carême,

    Qu’au sortir d’un souper un enfant du plaisir

    Sur la valse et l’amour devrait faire un poème,

    Et saluer gaiement ses dieux prêts à partir…

     

    Alfred de Musset

    A la mi-carême (extraits)


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