• Poèmes divers

    36 pages de poèmes divers


  • 2 commentaires

  • votre commentaire
  • A M. V. H. (Sonnet)

     

    Il faut, dans ce bas monde, aimer beaucoup de choses,

    Pour savoir, après tout, ce qu’on aime le mieux,

    Les bonbons, l’Océan, le jeu, l’azur des cieux,

    Les femmes, les chevaux, les lauriers et les roses.

     

    Il faut fouler aux pieds des fleurs à peine écloses ;

    Il faut beaucoup pleurer, dire beaucoup d’adieux.

    Puis le coeur s’aperçoit qu’il est devenu vieux,

    Et l’effet qui s’en va nous découvre les causes.

     

    De ces biens passagers que l’on goûte à demi,

    Le meilleur qui nous reste est un ancien ami.

    On se brouille, on se fuit. Qu’un hasard nous rassemble,

     

    On s’approche, on sourit, la main touche la main,

    Et nous nous souvenons que nous marchions ensemble,

    Que l’âme est immortelle, et qu’hier c’est demain.

     

    Alfred de Musset

    Extrait du livre « 30 poèmes pour célébrer le monde » 

     

    A M. V. H. (Sonnet)

    Japon, aout 2017


    votre commentaire
  • L’écolier

     

    J’écrirai le jeudi j'écrirai le dimanche

    quand je n'irai pas à l'école

    j'écrirai des nouvelles j'écrirai des romans

    et même des paraboles

    je parlerai de mon village je parlerai de mes parents

    de mes aïeux de mes aïeules

     

    je décrirai les prés je décrirai les champs

    les broutilles et les bestioles

    puis je voyagerai j'irai jusqu'en Iran

    au Tibet ou bien au Népal

    et ce qui est beaucoup plus intéressant

    du côté de Sirius ou d'Algol

    où tout me paraîtra tellement étonnant

    que revenu dans mon école

    je mettrai l'orthographe mélancoliquement

     

    Raymond Queneau

    Extrait du livre « 30 poèmes pour célébrer le monde » 

    L’écolier

    Japon aout 2017 (photo Benoît)

     


    2 commentaires
  • Îles

     

    Îles

    Îles où l'on ne prendra jamais terre

    Îles où l'on ne descendra jamais

    Îles couvertes de végétations

    Îles tapies comme des jaguars

    Îles muettes

    Îles immobiles

    Îles inoubliables et sans nom

    Je lance mes chaussures par-dessus bord car je voudrais bien aller jusqu'à vous

     

    Blaise CENDRARS,

    Extrait du livre « 30 poèmes pour célébrer le monde » 

    Anse Noire, Martinique


    votre commentaire
  • L’ARAIGNÉE.

     

    Araignée grise

    Araignée d'argent,

    Ton échelle exquise

    tremble dans le vent.

    Toile d'araignée

    - émerveillement ! -

    Lourde de rosée

    Dans le matin blanc.

     

    Ouvrage subtil

    Qui frissonne et ploie.

    O maison de fil,

    Escalier de soie !

    Araignée grise,

    Araignée d'argent,

    Ton échelle exquise

    Tremble dans le vent

     

    Madeleine LEY

    Extrait du livre « 30 poèmes pour célébrer le monde » 

     

    L’ARAIGNÉE.

    Photo Pixabay


    2 commentaires
  • De la terre au ciel

     

    Un rayon de soleil se brise

    Sur la branche et sur les buissons.

    Je m'assieds à l'ombre, où la brise

    M'apporte parfums et chansons :

     

    Parfum de la fraise rougie

    Qui tremble sur le vert sentier ;

    Chanson — palpitante élégie —

    De l'oiseau sur le chêne altier ;

     

    Parfum de la rose sauvage,

    Doux trésor du pâtre amoureux ;

    Chanson égayant le rivage,

    Qui parle à tous les cœurs heureux :

     

    Parfum de la source qui coule

    Dans un lit de fleurs ombragé ;

    Chanson du ramier qui roucoule,

    Et me chante l'amour que j'ai ;

     

    Parfum de l'herbe qui s'emperle

    À la brume des soirs d'été ;

    Chanson éclatante du merle,

    Qui bat de l'aile en sa gaieté ;

     

    Parfum de toute la nature,

    Fleur, arôme, ambroisie et miel,

    Chanson de toute créature,

    Qui parle de la terre au ciel.

     

    Arsène Houssaye. Source : www.poesie-francaise.fr 

     

    Rose de Porcelaine Martinique aout 2017


    2 commentaires

  • votre commentaire

  • votre commentaire

  • votre commentaire
  • Espoir

     

    Pour moi, je vois encore des jouissances pures

    Dans ce bonheur humain que l'on dédaigne tant ;

    Il est encore pour nous d'innocentes parures,

    Des plaisirs sans remords, et pour plus d'un instant ;

    J'ai pour mon avenir plus d'un espoir qui brille...

     

    Il en est un surtout qui réjouit mon cœur :

    C'est l'amour d'une épouse, et ce que la famille

    Peut offrir ici-bas de joie et de bonheur.

    Oh ! qu'il est doux d'avoir un foyer domestique

    Où l'on s'assied en paix avec ceux qu'on chérit ;

    Oh ! qu'il est doux, le soir, dans une salle antique,

    D'avoir sur ses genoux un enfant blond qui rit ;

     

    De poser doucement les deux mains sur sa tête

    Et puis de l'endormir par de vieilles chansons.

    Et qu'importe au dehors, où gronde la tempête,

    Qu'importe la rigueur des nuits et des saisons !

    Au foyer devant nous se déroule la flamme ;

    C'est en vain que du vent gémit la triste voix :

    Espoir

     

    A mes côtés voici cette âme de mon âme,

    Cet ange de mon cœur, l'épouse de mon choix,

    Qui, vers moi se penchant, s'appuie à mon épaule.

    Telle une tendre fleur, à l'écart des jardins

    Recherchant un abri, s'appuie au tronc d'un saule

    En répandant sur lui mille parfums divins.

    Ô fleur de mon amour, couronne de ma vie !

    De combien de parfums elle vient m'embaumer !

    Aux habitants du ciel comment porter envie ?

    N'ai-je pas sur la terre un ange pour m'aimer ?

    N'ai-je pas une voix qui se mêle à mes plaintes,

    A mes soupirs d'amour, à mes élans joyeux ?

    S'il faut souffrir, encore, mes peines sont éteintes

    Dans une larme de ses yeux.

     

    Heureux qui peut ainsi joindre deux existences

    Pour la vie et la mort, pour la joie et les pleurs !

    Son bonheur est doublé comme ses espérances ;

    Il a partagé ses douleurs.

     

    Se peut-il que jamais si grand bonheur m'advienne ?

    Cette sœur que j'attends la trouverai-je un jour ?

    Tant de félicité sera-t-elle la mienne,

    Et vivrai-je pour tant d'amour ?

     

    Espérons ! Espérons ! C’est le mot qui console,

    Espérons ! Car l'espoir n'est pas fait pour tromper.

    Le bonheur, s'il n'est pas une vaine parole,

    Toujours ne peut nous échapper.

     

    Espérons ! Espérons ! C’est le mot de la vie,

    Le mot de la douleur et celui de l'amour ;

    Le mot que dit toute hymne et toute poésie,

    Mais qu'on ne dira plus un jour.

     

    Henri Durand. Source : www.poesie-francaise.fr 

     

    Photo Renal


    votre commentaire
  • Apprendre à s’aimer

     

    Il le faut, un petit peu,

    S’aimer soi-même,

    Assez pour se respecter,

    Assez pour s’accepter,

     

    Il le faut, un petit peu,

    Apprendre à s’aimer,

    Pour à son tour aimer,

    Pour à son tour donner,

     

    Il le faut, un petit peu,

    S’aimer soi-même,

    Afin de ne pas se blesser,

    Afin de ne pas en chagriner,

     

    Il le faut, un petit peu,

    Apprendre à s’aimer,

    Dans cet amour, s’abriter,

    De ses racines, se relever,

     

    Il le faut, un petit peu,

    S’aimer soi-même,

    S’estimer et s’en habiller,

    Se mouvoir avec dignité,

     

    Il le faut, un petit peu,

    Apprendre à s’aimer,

    Éducation inachevée,

    Celle qui ne l’a enseigné.

     

    Il le faut, un petit peu,

    S’aimer soi-même,

    Contours clairement tracés,

    De cette âme, à toujours respecter.

     

    Nashmia Noormohamed, 2016

     

    Photo Renal. Chacra


    2 commentaires
  • Enfermée

     

    Elle s’est enfermée peu à peu du dedans

    Pour vivre dans son monde un monde tout à elle

    Une vie sans passé sans futur sans présent

    Une vie sans attache aérienne irréelle.

     

    Elle n’invente rien elle coud des morceaux

    De vérité d’amours d’espoirs comme un puzzle

    C’est une vie rêvée où tout paraît très beau

    Sur ce chemin qui s’ouvre à elle toute seule.

     

    Éloignée peu à peu maintenant elle est loin

    Ses mots n’ont plus de voix ses yeux fixent le vide

    Où nous ne sommes plus nous qui ne sommes rien.

    Est-elle gaie ou triste heureuse à sa manière

    Ses expressions se sont figées comme ses rides

    Nous ne saurons plus rien de notre propre mère.

     

    Philippe Simon

     

    Enfermée

    Lac de Blérancourt. Photo Renal


    votre commentaire
  • Devant la mer, un soir

     

     

    Devant la mer, un soir, un beau soir d’Italie,

    Nous rêvions… toi, câline et d’amour amollie,

    Tu regardais, bercée au cœur de ton amant,

    Le ciel qui s’allumait d’astres splendidement.

     

    Les souffles qui flottaient parlaient de défaillance ;

    Là-bas, d’un bal lointain, à travers le silence,

    Douces comme un sanglot qu’on exhale à genoux,

    Des valses d’Allemagne arrivaient jusqu’à nous.

     

    Incliné sur ton cou, j’aspirais à pleine âme

    Ta vie intense et tes secrets parfums de femme,

    Et je posais, comme une extase, par instants,

    Ma lèvre au ciel voilé de tes yeux palpitants !

     

    Des arbres parfumés encensaient la terrasse,

    Et la mer, comme un monstre apaisé par ta grâce,

    La mer jusqu’à tes pieds allongeait son velours,

    La mer…

     

    … Tu te taisais ; sous tes beaux cheveux lourds

    Ta tête à l’abandon, lasse, s’était penchée,

    Et l’indéfinissable douceur épanchée

    À travers le ciel tiède et le parfum amer

    De la grève noyait ton cœur d’une autre mer,

     

    Si bien que, lentement, sur ta main pâle et chaude

    Une larme tomba de tes yeux d’émeraude.

    Pauvre, comme une enfant tu te mis à pleurer,

    Souffrante de n’avoir nul mot à proférer.

     

    Or, dans le même instant, à travers les espaces

    Les étoiles tombaient, on eût dit, comme lasses,

    Et je sentis mon coeur, tout mon cœur fondre en moi

    Devant le ciel mourant qui pleurait comme toi…

     

    C’était devant la mer, un beau soir d’Italie,

    Un soir de volupté suprême, où tout s’oublie,

    Ô Ange de faiblesse et de mélancolie.

     

    Albert Samain, Le chariot d’or (1900)

     


    4 commentaires
  • Au bord de la mer

     

    La lune de ses mains distraites

    A laissé choir, du haut de l’air,

    Son grand éventail à paillettes

    Sur le bleu tapis de la mer.

     

    Pour le ravoir elle se penche

    Et tend son beau bras argenté ;

    Mais l’éventail fuit sa main blanche,

    Par le flot qui passe emporté.

     

    Au gouffre amer pour te le rendre,

    Lune, j’irais bien me jeter,

    Si tu voulais du ciel descendre,

    Au ciel si je pouvais monter !

     

    Théophile Gautier, Espana

     

    Au bord de la mer


    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique