• Écris-moi

     

    Ne cherche pas comment ;

    Ne cherche pas pourquoi.

    Écris-moi. Simplement.

    Laisse jaillir ta joie,

    Et tes cris, et ta peine.

    Laisse tourner tes mots

    Entre l’épine et la verveine.

    Délivre-les de leurs cachots.

     

    Que tes mots soient ouverts, Que tes mots soient de soie.

    Qu’ils soient bleus, Qu’ils soient verts

    Mais qu’ils viennent de toi !

    Mets ta tête à l’envers Et ton cœur à l’endroit !

     

    Jean-Yves Roy

     


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  • L’amie Gamma

     

    Je suis bergère

    Des trois étoiles

    Alpha Bêta et Gamma

    Demandez-moi qui je préfère

    Je ne vous le dirai pas.

     

    L’une me suit

    L’autre me précède

    Mais la troisième Gamma

    Que je sois triste blessée ou laide

    Comme je vais Elle va.

     

    Andrée Chedid

    https://pixabay.com


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  • Pour solde de tous comptes

     

    Compte dans ton jardin tous les fruits qui mûrissent,

    Ne compte pas au sol les feuilles qui pourrissent,

    Compte sur l’agenda tes heures de bonheur,

    Ne compte pas les jours où rôde le malheur,

    Compte la nuit au nombre infini des étoiles,

    Mais ne la compte pas aux crimes qu’on signale,

    Compte ta vie au chiffre exact de tes succès,

    Ne compte pas celui des échecs recensés,

    Ne compte pas ton âge en argent, en années,

    Mais au nombre croissant des amitiés glanées,

    Et tu verras qu’au bout du compte

    Tu n’as pas à en avoir honte.

     

    Bernard Lorraine

    Aout 2016, Château Fort de Lourdes


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  • Galets

     

    Un galet de la Manche

    pris sur la grève à Saint-Malo,

     

    un galet de la Méditerranée

    recueilli dans une calanque,

     

    l’un gris, veiné de perle fine,

    l’autre couleur d’ocre et de farine,

     

    tous deux, à se toucher,

    posés par moi dans la soucoupe,

     

    voisins d’abord, amis devenus,

    trouvent des choses à se dire :

     

    l’un des vagues d’opale et d’émeraude,

    le flot et le jusant, le goémon, les goélands,

     

    l’autre des marinas, de la pinède

    et devisent du sel et de l’écume

    et du ressac et de la houle...

     

    Qu’ainsi se parlent toutes gens,

    chacun sans reproche et sans peur,

    mêlant chagrin, s’il en demeure,

    et les éclats de rire des enfants.

     

    Bernard Jourdan


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  • Mes passereaux

     

    Petit dieu à la Gorge Rouge,

    Mésange, Bouvreuil, Pinson,

    mes colorés de ciel,

    vous êtes un peu de sang qui tremble,

    une poignée de plume que le vent égare.

    Roitelet,

    Grive grise dans la douceur des feuilles,

    Moineau des sorbiers,

    Rossignol, Alouette, Tarin,

    Merle ivre de cerises,

    Vous êtes de passage, mes passereaux.

    Un filet invisible est tendu sur vos espaces.

    Le piège se referme.

    Un bruissement vous parle de la sombre histoire des cages.

    Vos chants ne séduiront pas le danger.

    La peur faite homme piétine l’indicible.

    Savent-ils

    que les barreaux

    n’enferment pas le rêve ?

     

    Anne-Marie Derèse 

     


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  •  

    L’Amitié de l’arbre

     

    Un arbre nous regarde à travers la fenêtre

    De ses milliers d’yeux verts : on dirait qu’il sourit

    De nous voir rassemblés à la table de hêtre,

    Nous de la maisonnée qu’il couve comme un nid.

     

    C’est un très vieil ami, un arbre de famille

    Qu’un grand-père a planté dans le temps près du puits ;

    Son écorce est ridée mais, chaque année, scintillent

    Des rameaux nouveau-nés ornés de jeunes fruits.

     

    Depuis tant de printemps et des étés sans nombre

    Il étreint la maison de ses racines blanches

    Et chacun tour à tour a goûté sous son ombre

    La fraîcheur embaumée que distillent ses branches.

     

    Les enfants et les chats ont joué avec lui

    Sous la lumière rousse et dorée de l’automne ;

    Il a porté les fruits des étoiles, la nuit,

    Et plus d’oiseaux chanteurs qu’une aube qui frissonne.

     

    Aussi quand il regarde à travers la fenêtre

    De ses milliers d’yeux verts, je sais qu’il nous sourit,

    L’arbre aimé, l’arbre ami qui tous nous a vus naître,

    Nous de la maisonnée qu’il couve comme un nid.

     

    Marc Alyn


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  • Je te donne ce poème

     

    Je te donne ce poème, le mot

    arbre, le mot maison,

     

    et sentier, ruche, rivière,

    mésange, jardin, lumière,

     

    lune et soleil, nuit et jour, étoile,

    sourire, amour,

     

    le mot cœur, le mot caresse.

     

    Je te donne la promesse

    de l’amitié du monde.

     

    Jean Joubert

     

    Je te donne ce poème


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  • Le monde

     

    Posée sur tes doigts, la mésange

    Confiante, picore une noix

    Dans ta paume.

     

    Le petit enfant

    T’écoute chantonner.

    Front tiède blotti dans ton épaule,

    Il s’endort.

     

    Tu regardes les étoiles

    Te dire en silence,

    Dans une langue inconnue

    Ce mystère :

     

    L’amitié du monde.

     

    Frédéric Kiesel

     


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  • Mon ami d’école

     

    Je n’ai eu qu’un ami

    À la petite école.

    Nous faisions le ménage

    De la classe au matin.

     

    Balayant le plancher

    Qui sentait bon la craie

    Et rendant au tableau

    Sa nuit originelle.

     

    Nous attendions le maître

    Pour allumer le poêle,

    Et nos rires montaient

    Avec la flamme claire.

     

    Où est-il maintenant

    Que les dernières lettres

    Ont toutes confondu

    Leurs blancheurs éphémères ?

     

    Je sais qu’en sa mémoire

    Tremblent des majuscules,

    Les pleins et les déliés

    De ces années de craie.

     

    Gérard Bocholier

     


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  • L’ami d’enfance 

     

    Tu tiens dans tes mains notre enfance,

    Tu tiens le rire et le pain blanc, 

    La parole facile à dire

    Pour le tout et pour le rien.

     

    La simplicité te défend

    Comme une armure étincelante ; 

    Tu vis entouré des flammes

    Naturelles de la Gaîté, 

    Le cœur naïf et les yeux propres.

     

    La confiance est ta maison

    Aux grandes vitres de lumière, 

    Et ton âme s’y cache, entière, 

    Pour les souvenirs de plus tard.

     

    Au sein de tant de misères, 

    La bonté garde pour toi

    Sa puissance primitive, 

    Et la rose de ton rire

    Ne connaît pas les hivers.

     

     

    Pareil au sang qui circule,

    Paisible, jusqu’à la mort, 

    Tu nourris de patience

    Ma difficile amitié. 

    Ton regard n’a pas de rides :

    Tu es la fidélité.

     

    Luc Decaune

     

    L’ami d’enfance


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