•  

    Construire

     

    Nous allons construire une maison, Une maison neuve ? Qu'est-ce que vous apportez comme matériaux ?

    Me donnez-vous votre rire clair ? Vos regards où se meurent Des nuages, s'attristant d'être si haut ?

     

    Ici, sur la terre, nous construirons une demeure

    Ni pierre plus sonore ni métal plus pur

    Une horloge faite d'air où les heures

    Seront comme le vol d'un oiseau futur.

     

    Nous ferons de larges fenêtres d'arômes

    Nous élèverons des colonnes de sons

    Musicales murailles dont la forme

    Ne trahira pas celle à laquelle nous pensons.

     

    Toits faits de cris d'extase, escaliers que l'on cherche

    Dans le souvenir trop obscur en tâtonnant

    Hennissement si doux dans la cour de l'auberge

    Comme une enseigne quelque part heurtée par le vent.

     

    Vos maçons, je vous le dis, sont des sorciers.

    Sur la fontaine, penchés, ils font des signes,

    ils crient des mots

    Ils bâtissent des coupoles trop vaines

    Vos maisons sont des barques au fond de l'eau.

     

    Plus de ciment trompeur, plus d'illusion de sable,

    Plus de pelles, de pioches, plus de soif, plus de faim.

    Nos instruments seront la chanson et la fable,

    Nous taillerons nos briques dans les couleurs et dans les parfums.

     

    Non, plus ces hommes hagards sur les échafaudages, Montant courbés par la peine et laids

    C'était des rides amères de leurs visages

    Que se détachaient les lignes des futurs palais.

     

    Apportez tous vos espoirs, vos pensées généreuses

    Nos demeures jamais ne seront des prisons

    Avec du ciel, de l'air, des musiques heureuses

    Avec nos joies et nos rires, nous construirons une maison.

     

    Ilarie Voronca

     

     

     


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  • Je te souhaite

     

    Je  te souhaite un jour de velours,

    D’iris, de lis et de pervenches,

    Un jour de feuilles et de branches,

    Un jour et puis un autre jour,

    Un jour de blés, un jour de vignes,

    Un jour de figues, de muscats,

    Un jour de raisins délicats,

     Un jour de colombes, de cygnes.

    Je te souhaite un jour de diamant,

    De saphir et de porcelaine,

    Un jour de lilas et de laine,

     Un jour de soie, ô ma maman

    Et puis un autre jour encore, léger,

    Léger, un autre jour

    Jusqu’à la fin de mon amour,

     Une aurore et puis une aurore,

    Car mon amour pour toi, ma mère,

    Ne pourra se finir jamais

    Comme le frisson des ramées,

    Comme le ciel, comme la mer...

     

    Pierre Gamara

     

     

     


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  •  

    Lettre d’une mère

     

    Va dans le vaste monde, mon cher enfant,

    Va vers une vie libre !

    Tant que le vent souffle en poupe

    Et que le soleil du matin illumine les feuilles

    Dans la forêt et les plaines vertes.

     

    Va vers la vaste mer, mon cher enfant,

    va vers le monde libre !

    Tant qu'il ne fait pas encore noir

    et que le crépuscule ne rougit pas le ciel

    fermant la porte du passé.

     

    Lorsque les ombres s'effaceront

    et que l'aigle de mer sera retourné à son nid

    et que le vent soufflera vers la terre

    Les mâts sécheront d'eux-mêmes

    et le timonier sera sans boussole

    alors tu pourras revenir vers moi !

     

    Reviens alors, mon cher enfant,

    reviens de l'autre côté de la nuit !

    Et lorsque ton navire sera près du rivage

    alors nous parlerons

    « De l'amour et de ta vie demain matin. »

     

    ASRUL SANI


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  • Cherche

    Cherche

    Le côté du soleil,

    Enfant.

     

    Remplis

    Tes yeux

    De lumière

    Qui, fraiche et claire,

    Glisse encore timide

    Dans l’allée printanière

    Du parc.

     

    Et puis crois

    De ton propre

    Soleil

     

    (Paul verbruggen)

    (Argentine)

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  • Anniversaire

    Je voudrais te donner

    une couronne

    constellée de toutes les étoiles

    du firmament.

    Je voudrais te donner

    les chants des rossignols

    de toute la terre.

    Je voudrais te donner

    les silences de l'hiver

    les sourires du printemps

    les clartés de l'été

    les flammes de l'automne .

    Je voudrais te donner tout ce que je n'ai pas pu

    pas su

    te donner ma vie

    notre éternité

    PHILIPPE SOUPAULT

     

    Chutes d'Iguazu (Argentine)


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  •  

    Acceptation

    Avec la foudre du cœur je viens de t'effleurer,

    Avec l'agitation de l'esprit je viens de t'accepter,

    Vivifiée, sois installée.

    Pareil aux chants d'oiseaux je viens de crier,

    Pareil aux souvenirs et mémoires je viens de t'aimer.

    Sois surprise et déborde !

    Autant que les mousses de l'océan, je suis éloquent,

    Dans l'ombre à peine éclairée nos mains s'unissent,

    Sois bienvenue dans ton accueil.

    Je viens de regarder une image de l'envie et de la mort,

    Je viens de te transmettre la vie venant du soleil,

    Sois ressuscitée, animée.

    Epouse, Avec l'agitation de l'esprit je viens de t'accepter.

     

    MRIGANKA RAY


     

     


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  • Flos florum

    Mets ta main dans ma main

    Et je porterai le monde...

    Je le porterai sur mon dos

    Et jamais nul fardeau

    Ne sera plus léger...

    Mets ta main dans ma main

    Et je porterai le monde sur ma tête

    Comme les femmes de Douala portent leur cabas

    plein de fruits

    À tes côtés je marcherai toute ma vie

    comme on danse à la fête

    Car je n'entendrai rien, plus rien, que ce bruit rythmé de nos deux pas

    Et je ne verrai rien, plus rien, que l'ombre de tes bras par mon ombre suivie...

    Mets ta main dans ma main et je porterai le monde

    comme une mère porte l'enfant de son amour

    sans savoir même s'il est lourd

    et si plus tard, viendra le jour

    où il lui brisera le cœur

    Viens, nous irons tous deux sous les hauts sycomores

    Je sais un jardin bleu sans muraille et sans fin où naît la fleur des fleurs oubliée par la mort

    Et dont jamais ne se dissipe le parfum..

    JEAN DURTAL


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  • Je connais des bateaux !

    Je connais des bateaux qui restent dans le port

    de peur que les courants les entraînent trop fort,

    Je connais des bateaux qui rouillent dans le port,

    à ne jamais risquer une voile au dehors.

     

    Je connais des bateaux qui oublient de partir

    ils ont peur de la mer à force de vieillir,

    et les vagues, jamais ne les ont séparés,

    leur voyage est fini avant de commencer.

    Je connais des bateaux tellement enchaînés

    qu'ils en ont désappris comment se regarder,

    Je connais des bateaux qui restent à clapoter,

    pour être vraiment sûrs de ne pas se quitter !

     

    Je connais des bateaux qui s'en vont deux par deux, affronter le gros temps quand l’orage est sur eux,

    Je connais des bateaux qui s'égratignent un peu

    sur les routes océanes où les mènent leurs jeux.

     

    Je connais des bateaux qui n'ont jamais fini

    de s'épouser encore chaque jour de leur vie,

    et qui ne craignent pas, parfois, de s'éloigner

    l'un de l'autre un moment, pour mieux se retrouver.

     

    Je connais des bateaux qui reviennent au port,          

    labourés de partout mais plus graves et plus forts,

    Je connais des bateaux étrangement pareils,

    quand ils ont partagé des années de soleil.

     

    Je connais des bateaux qui reviennent d'amour

    quand ils ont navigué jusqu'à leur dernier jour,

    sans jamais replier leurs ailes de géants,

    parce qu'ils ont le cœur à taille d'océan.

    Mannick

     


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  • Pour toi

    Pour la chance et la grâce de s'être rencontrés,

    Pour nos mésententes cordiales nous apprenant qu'aimer veut dire parfois s'accorder, Pour n'avoir gardé que l'eau vive de nos instants heureux,

    Pour l'arc-en-ciel sur nos larmes levé,

    Pour le don, le pardon et à nouveau cette grande clarté, Pour la grâce hardie du souffle retrouvé,                                                                

    Pour l'inexpugnable enfance où ensemble nous avons accédé Pour la folle confiance dans la vie partagée,

    Pour ta main, pour ta voix, pour nos pas étonnés,

    Pour l'affection sans ride, sans détours ; pour la fidélité dans la durée,

    Pour ton absence où t'éloigner ne t'ôte pas de mes pensées,

    Merci !

    (Gilles Baudry)


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  • A mes amis

     

    Arriverai-je un jour à dire

    Vraiment ce que je voudrais dire,

     

    A dire enfin à mes amis

    A quel point je suis leur ami.

     

    Sans doute cela paraît simple

    De dire une chose aussi simple.

     

    Chaque fois pourtant je sens bien

    Que je ne le dis pas très bien

     

    Et qu'il me faudrait d'autres mots

    Bien plus émouvants que mes mots,

     

    Des mots coulant comme des larmes

    Quand, dans le cœur, coulent les larmes.

     

    Cependant à quoi bon tenter

    Ce que j’ai si souvent tenté

     

    De dire en étouffant de joie

    De voir mes amis dans la joie

     

    (Maurice Carême)

     

    (Photo trouvé sur le blog http://www.nature-et-poesie.fr/fr/accueil.aspx)

     

     

     


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