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    29 pages d'extraits de livre, prenez le temps de les consultés !!!

  • Extraits du livre de Jacqueline KELEN

    « Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien. »

     

     

    Conclusion

     

    Il faut donc en convenir : la miséricorde divine se situe bien au-delà de la récompense et du pardon. Elle n’est nullement troublée ni entachée par les multiples fautes des mortels. L’amour véritable est pur don, et non pardon. Entièrement gratuit, il ne fait pas les comptes, il n’a ni à réprimander ni à excuser. Il rayonne et toute ombre, toute tristesse s’évanouisse  en sa présence.

     

    L’Amour et la Justice ont une même finalité : aboutir à la réconciliation, à la paix, à la concorde.

     

    Le parcours du Prodigue est celui de toute âme arrivée en ce monde, tombée en un pays bien éloigné du Ciel : il lui faut frayer sa voie entre justice (le frère) et miséricorde (le père) se confronter à l’une et à l’autre. La justice se montre imparable, inévitable : elle décrète et tranche. La miséricorde, elle n’a rien d’assuré : imprévisible, elle survient soudainement, elle est pure grâce.

     

    La parabole de l’enfant prodigue ne raconte pas l’histoire d’un homme ordinaire, mais le parcours d’un être singulier, accédant après diverses épreuves à sa dignité et à sa liberté en renouant avec sa filiation divine. Plus encore, il s’agit de l’aventure de l’Âme venue ici-bas, qui se grise et s’éparpille parmi les plaisirs de l’existence terrestre, puis se réveille et entreprend de retourner à l’éternelle demeure.

     

    Lorsqu’on a le sentiment d’avoir échoué, d’avoir manqué à son devoir spirituel, il faut un fier courage, beaucoup d’amour et une vive espérance pour se présenter devant le père céleste. Ces vertus comptent beaucoup plus que la honte et le remords. Aussi le père montre-t-il une joie et une tendresse débordante envers le fils qui a failli mourir au loin. ( Jacqueline Kelen) Fin

     


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  • Extraits du livre de Jacqueline KELEN

     

    « Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien. »

     

     

    Avec l’âge, mes gestes deviennent maladroits, mes pas imprécis. J’ai perdu mon agilité à filer la laine, à confectionner des gâteaux au miel et lorsque vient le soir mes yeux clignent et s’embuent. Quoi qu’en dise le saint Livre, la vieillesse n’est pas enviable même si elle ouvre à la sagesse. Elle  nous dépouille de tant de choses, de la vigueur et des plaisirs du corps, de ses attraits, elle nous impose, avec la faiblesse, des limites de plus en plus resserrées. On se courbe, on s’amenuise, on marche moins loin et moins longtemps, on se couche avant que le soleil disparaisse même si on a du mal à s’endormir… Mais il est une chose qui ne diminue pas, bien au contraire, c’est la sensibilité : un rien fait monter la larme à l’œil, un rien fait trembler de bonheur ou de crainte. La vieillesse ressemble aux roseaux et aux papyrus qu’un moindre souffle agite et qui un jour, devenus secs, cassent soudain sous les doigts. Sa seule beauté loge dans ce tremblement au cœur, aux mains et aux paupières. Certains y lisent l’annonce du déclin, moi je sais que ce sont les signes d’un amour qui n’est jamais défait. (La mère)

     

    Qui n’est jamais tombé ne connaîtra pas la fierté de se relever, la joie de repartir. La pire épreuve peut devenir une porte ouverte à l’intérieur de soi : on fait silence, on s’interroge, on avance vers la profondeur. La pitié n’a rien de dédaigneux, elle révèle la part d’humanité commune à tout vivant, une part souvent endommagée. Celui qui éprouve cet étrange sentiment-ou est-ce une vertu majeure ? – ne se sent ni rehaussé ni épargné. Il a  simplement envie de serrer sur son cœur, d’héberger en son cœur la foule des hommes, errants, les agneaux qui tremblent et les fleurs éphémères, tout ce monde si beau qui un jour passera. (Le serviteur).

     

    Dieu, quelle clarté en cette nuit ! Les visages de tous brillent à la lueur des lampes, à la joie des retrouvailles. Tout est bien. Me voici renouvelé. Louez soit l’Éternel ! (le fils)

     

     


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  • Extraits du livre de Jacqueline KELEN

    « Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien. »

     

     

    Mon fils, mon fils bien-aimé, c’est bien toi. De loin je te reconnais malgré ta maigreur et ta démarche claudicante, je te vois te hâter, j’entends battre ton cœur, il résonne comme une harpe dans ma poitrine. Comme tu m’as manqué, cher enfant. Les ans ont passé sans ternir ton image, sans émousser mon attente. Depuis ton départ, le mûrier à l’ombre bienfaisante a élargi sa frondaison, les troupeaux ont prospéré et les grappes violettes foulées au pressoir ont donné un vin vigoureux, mais tu manquais à ce festin, tu manquais à ma joie.

    Ta mère n’a cessé de t’attendre, elle aussi, en gémissant. Elle te voulait pour elle, moi je te veux pour toi. Tu as grandi, tu as mûri, tu as pris la mesure de ta liberté et de tes limites et c’est bien ainsi. Surtout, n’aie regret ni honte, ne te sens pas coupable puisque tu reviens, puisque tu es là. Même si tu te prosternes en pleurs, je n’ai pas idée de la moindre punition à ton encontre et je n’ai rien à te pardonner. L’amour que je te porte est bien au-delà du châtiment et du pardon, il ne règle pas des comptes ni ne remet les dettes, il se tient bien plus haut que ces calculs d’usurier. Tu es revenu, riches de tes rencontres et de tes épreuves. Ne pleure pas mon enfant, ne mêle pas tes larmes amères à mes pleurs de joie. Je te retrouve, je te serre dans mes bras, mais tu n’es pas captif, ici tu es délivré de toute entrave, de toute malédiction, je te hisse vers la lumière. (Le père)

     

     

    L’homme vit peu de temps et il se livre à ses passions, à ses folies, sans essayer de les gouverner, de les comprendre. Il se laisse emporter par la colère, la jalousie, l’avidité ou l’ambition. Tous ces démons encombrent le monde, semant la discorde et la zizanie. Tes qualités sont très précieuses et j’apprécie ta présence à mes côtés, ta loyauté indéfectible. Mais mon amour de père  t’est donné dès le départ, tu n’a rien réclamé en cet instant. En restant auprès de moi tu as choisis ta voie comme ton frère à décider de la sienne en quittant la maison, et tous les deux je vous ai bénis. Ou bien tu te sens-tu- malheureux parce que j’embrasse quelqu’un que je devrais réprimander et punir ? Comment si la sollicitude et la tendresse étaient réservées aux seuls justes, aux hommes impeccables, alors que l’être humain est avant tout fragile, faillible et digne de pitié. Mon rôle de père consiste à panser, soigner et relever celui qui s’est égaré et meurtri sur le chemin. Pourquoi le cœur de l’homme est-t-il si ombrageux ? Que trame-t-il de si compliqué ? Pourquoi l’aîné se compare t-il  au cadet et réclame davantage ? Rien n’est fixé à tout jamais. Il n’est point de lac qui ne rêve un jour de devenir fleuve et la rivière vagabonde  ressent un jour l’envie de se reposer en se perdant à l’estuaire ou en devenant un calme étang.

    (Réponse du père au frère jaloux)

     

    Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien. (4)

    Colmar, décembre 2021


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  • Extraits du livre de Jacqueline KELEN

    « Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien. »

     

     

    Le plus humble travail peut être source de fierté et de gratitude. (Le vieux Serviteur).

     

    Moi, on ne me voit jamais, on ne me croit guère ou bien on rit quand j’annonce des choses à venir. Oh, ce n’est pas moi qui décide d’apporter une bonne nouvelle, de prévenir d’un danger, mais c’est avec bon cœur que je remplis scrupuleusement ma mission. Ce faisant, je porte secours aux hommes tout en obéissant au Seigneur.(L’Ange du retournement)

     

    Maintenant que je reviens vers toi, ce long séjour en des contrées étrangères ne me semble plus un échec. J’ai festoyé et joué aux dés, j’ai ri aux éclats et dépensé d’énormes sommes pour offrir aux femmes qui m’accueillaient des étoffes étincelantes, des anneaux d’or, des escarboucles. Et j’ai connu ’amour d’une belle passante, j’ai pleuré de la perdre et ne me suis pas consolé. Mais l’amour est resté. J’ai eu froid, j’ai eu faim, j’ai marché dans la boue avant de ressentir, telle une épine dans le cœur, le mal de ta demeure, de ta maison de paix qui peut- être ne m’attend pas. Oui, j’ai beaucoup perdu, j’ai rudement appris, mais ce n’est pas une défaite. Me voici dépouillé, nu, étrangement léger, je n’ai à te donner que mon grand dénuement.

    Suis-je pauvre pour autant? Le vrai pauvre, à mon sens, est celui à qui rien ne manque, qui n’attend rien d’autrui, qui est plein de lui-même, et il est bien à plaindre. Moi, avec mon âme assoif­fée de retour, je suis riche de ma belle espérance, de mon désir immense de te retrouver, d’être à nouveau ton fils très cher. Il est puéril de croire que pendant son absence les êtres et les choses que l’on a quittés restent intacts, sans bouger, comme s’ils vous attendaient, comme si le temps s’arrêtait. Oui, c’est bien ridicule. Mais, en dépit des ans et des douleurs, je le crois, je l’espère follement, là-bas ils attendent mon retour, Mère guette encore chaque jour l’horizon et Père invoque le Seigneur miséricordieux.

    ( Le Fils)

    Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien.(3)

    Colmar 31 décembre 2021

     



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  • Extraits du livre de Jacqueline KELEN

    « Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien. »

     

     

     

    L’amour d’une mère est incompris ou moqué par beaucoup, on le dit trop indulgent, trop protecteur. Et pourtant, c’est une lame enfoncée dans le cœur, une sollicitude inapaisée. Une mère ne supporte pas même l’idée que son enfant puisse souffrir, être houspillé, elle refuse d’imaginer que le malheur puisse s’abattre sur ses jeunes épaules, elle veut le prémunir contre l’insulte et le chagrin, contre l’injustice et la trahison. (la mère)

     

    Tu n’as pas été créé, fils, pour posséder le monde, mais en contempler la beauté, l’exacte  ordonnance, l’incroyable harmonie. fils, tu n’es pas né pour asservir autrui ni pour être asservi : telle est la liberté promise, telle est ta véritable royauté. (le père)

     

    Avec l’âge on perd les mots, mais la sensibilité s’accroît. A la moindre émotion les yeux s’embuent de larmes et si les mains tremblent, c’est de ne plus vouloir prendre ni retenir. On effleure les êtres et les choses, on les regrette déjà, et tel un fleuve parvenant à l’estuaire on s’abandonne sans réticence à ce  qui va advenir. Je ne sais pas si la vieillesse est le temps de la sagesse, mais elle creuse le silence qui tantôt semble un linceul, tantôt un manteau de lumière. (Le vieux Serviteur). A suivre .....

     

    Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien (2)

    Madère aout 2021


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    Extraits du livre de Jacqueline KELEN

    « Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien. »

     

    Résumé : Et si la parabole du fils prodigue n’était pas qu’un message biblique mais une leçon universelle ? Et si en plus d’être l’histoire d’un fils ingrat et pécheur, elle constituait une injonction à la liberté qui nous concerne tous ? Et si elle n’était pas seulement une leçon pour les fils mais aussi pour les Pères ?

    Dans cette variation littéraire et philosophique, Jacqueline Kelen file le mythe et ajoute des personnages qui tour à tour, prennent la parole. Il y a le père, pieux et bon, la mère, inquiète et tendre, le frère ainé, sérieux et travailleur, un vieux serviteur compatissant, et bine sûr le fils prodigue, rebelle et rêveur, qui part pour explorer le monde et éprouver sa liberté avec ce que cela implique de joies et de risques.

    Un conte d’aujourd’hui sur l’amour humain et divin, l’absence et l’attente, les épreuves et la grâce, la justice et la réconciliation.

     

     

    Aucune question n’est enfantine, chacune apporte son souffle frais, son innocence. Les savants croient à grand renfort d’explications épuiser le mystère, mais sa secrète clarté demeure. Il est beau de comprendre sans cesser de s’émerveiller. ( le père)

     

    Mon frère et moi sommes très différents. Comme l’hiver et le printemps, assure Mère. Mais ces saisons ne sont pas ennemies, le froid rude protège et modère la jeune fièvre du printemps. L’hiver enfouit, mûrit intérieurement, patiente, tandis que le juvénile printemps explose, se disperse et gaspille effrontément. L’hiver est sage et le printemps plein de folies. Tous les deux se tempèrent et peuvent s’accorder (le frère)

     

    Je suis parti car la solitude est nomade, elle invite à se mettre sous le vent, à élargir l’espace de sa tente aux dimensions du monde. ( le fils)

     

    La marche donne des ailes, elle ouvre la poitrine, la pensée, le cœur, tout respire largement. Je me demande pourquoi les gens savants s’enferment pour réfléchir et rédiger d’austères traités. Certainement, ils recherchent le silence et ne veulent pas êtres distraits. Mais au grand air, au fil des pas, la pensée prend sa mesure, elle se confronte aux éléments, se bat, elle devient ample et vigoureuse. Le cerveau compliqué de l’homme a besoin de la marche et du sommeil qui tous deux, le nettoient et l’apaisent. (le fils)  A suivre ......

     

    Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien (1)

    Madère, aout 2021

     


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  • Extrait du livre « Abécédaire de la Sagesse

     De Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard

     

     

    Un ami indien m'a raconté l'histoire suivante: 

    Un pêcheur est assis à l'ombre d'un arbre, au bord d'un lac. Il joue avec ses enfants. Survient un homme de la ville, qui contemple la scène et entame la conversation.

    -      Bonjour, que faites-vous dans la vie, mon bon monsieur ?

    -      Je suis pêcheur. Mon bateau est là, sur la berge. j'ai pêché toute la matinée.

    -      Pourquoi ne pêchez-vous pas l'après-midi?

    -      J'ai de quoi nourrir ma famille pour les deux jours à venir.

    -      Mais si vous pêchiez toute la journée, vous pourriez aussi vendre votre poisson.

    -      Et alors?

    -      Alors, vous auriez de quoi payer un associé, vous pêcheriez plus de poissons et augmenteriez vos revenus.

    -      Qu’est-ce que j'en ferais?

    -      Eh bien, vous pourriez acheter un deuxième bateau et prospérer davantage!

    -      Et après tout ça?

    -      Vous pourriez arrêter de travailler et passer du bon temps à vous détendre et à jouer avec vos enfants.

    -      Mais c'est exactement ce que je suis en train de faire !

     

    Le discernement est l'une des valeurs clés qui, alliées à la sagesse et à l'entraînement de l'esprit, nous permettent d'identifier les causes de la souffrance et de nous affranchir de leur servitude. Beaucoup souhaitent être heureux, et estiment que pour cela il faut être riche, puissant, célèbre. Ils apprennent un jour que certains de ceux qui avaient réuni toutes ces conditions sont en réalité déprimés, toxicomanes ou se sont suicidés. Ils se disent alors: «Bizarre, moi, si j'avais tout cela, je serais heureux bien sûr.» Mais s'ils s'étaient donné la peine de réfléchir, ils se seraient rendu compte que cette fausse route ne mène à aucune satisfaction profonde. Ils ont donc fait preuve d'un manque de discernement et ont tourné le dos à des valeurs comme l'amitié, la sérénité, la paix intérieure, et l'équilibre émotionnel, qui pouvaient engendrer un épanouissement durable. (Matthieu)

     

    Abécédaire de la Sagesse (12)


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    Extrait du livre « Abécédaire de la Sagesse

     De Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard

     

     

    La tristesse peut se combattre, la dépression doit se soigner. Elle est un effondrement de nos capacités à vivre: à aimer l'existence et à surmonter ses adversités. Sous l'emprise de la dépression, nous ne voyons plus la vie que comme une suite de difficultés, qui ne cessent que par la mort. D' où l'envie que « ça s'arrête» : que la dépression s'arrête ou que la vie s'arrête. Il ne faut surtout pas juger les personnes déprimées: elles ne sont ni faibles, ni égoïstes, ni plaintives, elles sont malades, d'une maladie invisible et destructrice. Il faut les aider; et parfois la seule aide possible pour les proches consistera à les pousser à se soigner, même si elles ne le veulent pas (persuadées que ça ne sert à rien). La dépression se soigne, et de mieux en mieux, par médicaments, psychothérapie et bien d’autres techniques. Puis, quand on est guéri, on s'occupe de prévenir son retour, car elle a volontiers tendance à se réinviter. Pour l'empêcher de se réinstaller, travailler à son bonheur est une bonne idée: faire naître chaque jour, au-dessus de nos têtes, des anticyclones d'émotions positives, qui, comme dans la vraie météo, écarteront les passages dépressionnaires loin de nous. (Christophe)

     

    Abécédaire de la Sagesse (11)

     


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  • Extrait du livre « Abécédaire de la Sagesse

     De Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard

     

     

    La culpabilité et les regrets ont une fonction psychologique : ne pas banaliser nos erreurs, nous pousser  à y réfléchir et à les fixer à notre mémoire pour que nous soyons motivés à ne pas les reproduire. Le sentiment de culpabilité est donc utile. Ce sont ses excès et ses dérapages qui sont un problème. C’est même, d’une certaine façon un bon signe : les personnes qui ressentent de la culpabilité sont souvent des personnes empathiques, attentives à autrui, et soucieuses d’agir de manière juste. (Christophe)

     

    Abécédaire de la Sagesse (10)

     


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  • Extrait du livre « Abécédaire de la Sagesse

     De Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard

     

     

    La générosité est tout sauf mièvre, qu’au contraire elle procède d’un sublime courage, qu’elle est de la dynamite bien capable de faire péter les égoïsmes, la brutalité, la soif de vengeance, en douceur. (Alexandre)

     

    L’apprentissage de la sagesse n’est pas toujours confortable ni solitaire. L’image du sage, seul dans son coin, qui médite sur ce qu’il convient de faire de sa vie, est souvent un cliché. Ce qui nous rend sages, c’est aussi l’accueil de ce qui nous dérange, et de ce qui, en nous, dérange les autres. L’accueil curieux et calme des critiques est un exercice de sagesse appliquée. Si elles sont fondées, elles nous apprennent ce qu’il faut changer chez nous. Si elles ne le sont pas, elles nous apprennent comment les autres nous voient, ou ce qu’ils portent en eux. (Christophe)

     

    Photo Renal


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  • Extrait du livre « Abécédaire de la Sagesse

     De Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard

     

    La compassion est la forme que prend l’altruisme quand il est confronté à la souffrance d’autrui. Quand la haine a déjà enflammé l’esprit de quelqu’un, la compassion consiste à adopter face à lui, l’attitude du médecin envers un fou furieux. Il faut d’abord l’empêcher de nuire. Il faut envisager tous les moyens possibles pour résoudre le problème sans tomber soi-même dans la violence et la haine. Si la haine répond à la haine, le problème n’aura jamais de fin.

     

    Quand on prend sur soi la souffrance des autres, puis quand on la transforme et qu’on la dissout mentalement par le pouvoir de la compassion, non seulement ça n’accroît pas nos tourments, mais ça les rend plus légers. (Matthieu)

     

    Abécédaire de la Sagesse (8)


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  • Extrait du livre « Abécédaire de la Sagesse

     De Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard

     

    La bienveillance

     

    La bienveillance est comme ces petits brins d’herbes qui parviennent à pousser entre les dalles de béton : même si on à l’impression qu’il n’y a pas de place, se sont eux qui finissent par gagner et adoucir l’ambiance. Il est précieux de dissocier la bienveillance de ses jugements de valeur. Tous les humains la méritent. Elle n’est pas une récompense, mais une reconnaissance de leur humanité. Soyons aussi bienveillants que possible, même avec ceux que qui sont différents de nous, même avec ceux que nous jugeons malfaisants. La bienveillance ne peut qu’éveiller ou réveiller leur humanité (et leur culpabilité).

    De notre mieux, saupoudrons nos journées et nos rencontres de regards, gestes, paroles de bienveillance. Soyons des « bienveilleurs », le plus souvent possible. Quand les arbres produisent de l’oxygène, quand les humains produisent de la bienveillance, la Terre et l’humanité se porte mieux. (Christophe)

     

    Être bon est la seule façon d’être vrai. La bonté est en harmonie avec notre état intérieur profond, libre de confusion et de toxines mentales, comme la malveillance, l’arrogance et la jalousie. Par contraste, la malveillance tend à nous éloigner de cette adéquation avec nous-mêmes et à déformer les perceptions qu’on a des autres. (Matthieu)

     


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  • Extrait du livre « Abécédaire de la Sagesse

     De Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard

     

    En psychologie, la peur désigne l’ensemble des réactions du corps et de l’esprit face à la présence d’un danger, réel et concret. L’anxiété, pour sa part, regroupe les réactions face à la possibilité d’un danger, c’est-à-dire un danger qui approche ou qu’on imagine. Comme on le dit souvent, l’angoisse est une peur sans objet. Sans objet immédiat, mais pas sans réalité, tant elle asservit notre corps et notre esprit. Le paradoxe, c’est que les personnes anxieuses ne s’en sortent pas si mal face aux vraies difficultés, lorsqu’elles surviennent ; mais elles s’épuisent à les imaginer, les prévoir, les attendre, les planifier. Parce ce que le cerveau anxieux traite la virtualité comme la réalité, avec autant de sérieux et d’énergie. (Christophe)

     

     

    Il y a une autre dimension capitale dans l’autocompassion, c’est d’avoir conscience que la souffrance fait partie de l’expérience humaine, que lorsqu’on souffre, on est aux cotés de tout un tas d’autres gens qui souffrent. Et l’idée n’est pas de dire : « il y a pires souffrances que les tiennes », ni « il n’y a pas que toi qui souffre » ; on ne cherche pas non plus à empêcher la souffrance d’exister. L’objectif est de comprendre que finalement, cette souffrance est une expérience humaine universelle et qu’en fait, lorsque je souffre, je ne suis ni seul, ni anormal, ni isolé, ni un échec ; juste dans une humanité partagé. (Christophe)

     

    Abécédaire de la Sagesse (6)

    Bretagne Avril 2021

     


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  • Extrait du livre « Abécédaire de la Sagesse

     De Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard

     

    L’amour altruiste semble être un socle préférable : il n’est pas incompatible avec l’attachement, le désir, voire les passages et les retours de la passion ; mais il n’empêche pas de s’ouvrir au monde et aux autres, à tous les autres. Et de se décliner alors sous une infinité de visages : affection, amitié, sympathie, bienveillance, compassion, tendresse. (Christophe)

     

    Abécédaire de la Sagesse (5)

    Bretagne avril 2021


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  • Extrait du livre « Abécédaire de la Sagesse

     De Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard

     

    L’altruisme, ou l’amour altruiste, est essentiellement l’intention de faire le bien des autres. La compassion est la forme que prend l’altruisme quand il est confronté à la souffrance d’autrui. L’altruisme et la compassion sont limités s’ils se cantonnent à leur seule composante émotionnelle. Ils ont pourtant une dimension cognitive essentielle, dont on parle moins souvent. C’est cette dimension qui permet, d’une part, de percevoir les besoins des autres- le désir qu’ils ont par exemple d’être affranchis de  conditions défavorables ou pénibles -, y compris ceux que nous considérons comme des étrangers ou des ennemis et, d’autre part , d’étendre notre compréhension de leur souffrance. L’altruisme est désintéressé quand on aide les autres dans le seul  et unique but de faire leur bien. L’altruisme véritable d’actes bienfaisants qui se produisent constamment dans notre vie quotidienne. On pourrait l’appeler la « banalité du bien ». (Matthieu)

     

    Ne vous blâmez pas de ne pas faire ce qui est au-delà de vos forces, mais reprochez-vous de détourner le regard quand vous pouvez agir.

     

    Servez-vous de votre faculté naturelle de bienveillance envers vos proches comme point de départ pour étendre votre bienveillance au de-là de votre famille et de ceux qui vous aimez. (Matthieu)

     

    Abécédaire de la Sagesse (4)


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    Extrait du livre « Abécédaire de la Sagesse

     De Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard

     

     

    Agir en pleine conscience nous permet de comprendre que bien vivre, c’est de ne pas oublier de vivre au présent, ici et maintenant. (Christophe)

     

    Face aux ingrats, aux rustres et aux méchants, il me semble qu’on à tout à gagner à maintenir une attitude bienveillante. En restant calme, courtois et ouvert à l’autre, dans le meilleur des cas, je désamorce son animosité. Et s’il ne change pas d’attitudes, j’aurai au moins conservé ma dignité et ma paix intérieure. Si j’entre dans la confrontation, je tombe moi-même dans les défauts que je déplore chez l’autre. Le scénario habituel de la confrontation est l’escalade : on me dit un  mot plus haut que l’autre, je réponds du tac au tac, le ton monte, et c’est parti pour verser dans la violence. (Matthieu)

     

    Abécédaire de la Sagesse (3)

    Bretagne Mars 2021


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  • Extrait du livre « Abécédaire de la Sagesse

    De Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard

     

     

    Être maître de soi, c’est ne plus être le jouet de ses émotions ni l’esclave de pensées toxiques, lesquelles mènent droit à la souffrance et au désenchantement. Bref, à tous sauf à l’épanouissement. La maîtrise de soi va de pair avec un équilibre intérieur, un esprit clair et apaisé. (Matthieu)

     

    Acquérir la capacité de faire face avec courage et sérénité aux circonstances douloureuses, c’est de se doter d’un atout précieux pour moins souffrir, cela ne signifie pas du tout se résigner. En cultivant la liberté intérieure, on évite simplement d’ajouter la détresse ou l’exaspération aux autres maux dont on souffre déjà. On s’évite de souffrir doublement. Autrement dit, l’acceptation d’une situation qui ne peut pas changer, ou qui mettra du temps à le faire, laisse la porte ouverte à la possibilité d’ajouter la dimension libératrice de l’amour. (Matthieu)

     

    Kernisi Bretagne mars 20021


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    Extrait du livre « Abécédaire de la Sagesse

    De Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard

     

     

    «La superposition de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel engendre une lumière blanche. De même, si l’on crée une cohérence entre la compassion, la maîtrise de l’esprit, la liberté intérieure, le discernement et la joie de vivre, les couleurs variées de ces qualités forment la lumière blanche de la sagesse. La sagesse n’est pas la simple addition de ces qualités, mais ce qui en émerge. »    (Matthieu )

     

    Je crois au pouvoir réconfortant de la sagesse. Je crois en sa capacité à nous aider à moins souffrir, et à moins faire souffrir. Globalement il me semble que si nous nous efforçons d’avoir le plus souvent possible des comportements sages, cela sera réparateur et consolateur, pour nous comme pour les autres. Au quotidien, la sagesse est pour moi comme une boussole, un GPS, qui aide à ne pas se perdre trop longtemps dans les errements liés à l’égoïsme, à la paresse, aux influences néfastes de notre environnement  matérialiste. (Alexandre )  A suivre ...

     

    Abécédaire de la Sagesse (1)

    Ardèche, février 2021


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  • Extraits  du livre de François Garagnon

    « Jade et les harmonies de l’être. »

     

     

    Pour lui le meilleur moyen de transport, c’était le rêve et la meilleure piste d’envol c’était l’amour.

     

    Qu'est-ce que vous en diriez, vous ? Si l'on faisait courir la joie comme un courant d'étincelles, avec des déflagrations de fraternité et des éclats de solidarité qui partiraient dans tous les sens ? Si l'on révélait des gisements inexplorés: des pépites de générosité, d'entraide, de dévouement ? Des ressources inépuisables et encore inexplorées dans le filon des relations humaines, qui permettraient de rendre la plupart des humains milliardaires en sentiments! L'humanité mènerait grand train de joie! Vous ne pensez pas ?

     

     

    Il n’y a pas de réponse définitive aux grandes questions de l’existence, ni de plan prédéterminé pour décider de ta vie. Tes questions, il faut les vivre comme de bienheureux mystères.

     

    Je ne sais pas si vous avez remarqué : on attire ce qui nous ressemble.

     

     

    Je pense que la seule véritable infirmité, c’est un esprit résigné, par ce que lorsque notre tête est colonisée par « A quoi bon ? » au lieu d’être libérée par des « Pourquoi pas ! », on perd la capacité de voir la beauté du monde et les opportunités de la vie.

     

     

     


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  • Extraits  du livre de François Garagnon

     

    « Jade et les harmonies de l’être. »

     

    L’humble petite pierre au bord du chemin peut devenir pierre précieuse, si ton regard s’arrête sur elle. Il suffit d’une seule personne qui te laisse entrevoir le précieux de ton existence, et tu es partie pour être quelqu’un, et même certainement quelqu’un de remarquable ! Si tu aides quelqu’un à croire à la beauté de ses rêves, simplement en ayant la foi en lui, pas seulement pour l’encourager mais pour parce que tu crois vraiment dans ses rêves, tu vas l’aider à décrocher la lune !

     

     

     

    Tu ne grandiras vraiment que lorsqu’en toi, l’énergie de la gratitude prédominera largement sur l’énergie de la critique. Au point de finir par prendre toute la place dans ta vie. !  Fin

     

    Florilège

     

    Tiens ! j’ai une idée de ce qu’il me plairait de faire plus tard. Je veux bien être insti-sculptrice. Apprendre aux enfants à dégager leur talent de la masse informe du destin, pour en faire un chef-d’œuvre. Et pour cela, leur enseigner non pas à construire, mais à élaguer. Non pas à réaliser sous l’effet de la volonté, mais à révéler sous l’effet de la grâce. Plutôt que les inciter à connaître leurs leçons sous le bout des doigts, instiller la Beauté jusqu’au bout de leurs ongles !

     

    Jade et les harmonies de l’être. (11)

    Bretagne octobre 2020

     


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