• De mère en fille

     

    Tu es en train de coudre à l’intérieur de toi

    Ce petit que, demain, tu feras,

    Tu es en train d'apprendre à tout offrir de toi

    Pour l’enfant que tu ne connais pas.

     

    Et moi, je me souviens qu’il y a plus de vingt ans

    Je t’espérais comme le printemps,

    Et moi, je me souviens qu’il y a plus de vingt ans

    Comme toi, j’attendais un enfant.

     

    De mère en fille, on se racontera toujours

    De mère en fille, notre plus belle histoire d'amour

    Elle se répète au fil des temps

    De cœur en cœur elle se répand

    Quand on porte un enfant.

     

    Tu tiens une planète à l’intérieur de toi

    Qui palpite et cogne tout bas,

    Tu tiens une planète où la vie, pas à pas,

    S’arrondit, lentement, sous tes doigts.

     

    Et moi, je me rappelle un peu du temps passé

    Où dans mon corps je t’ai bercée,

    Et moi, je me rappelle un peu du temps passé

    Quand soudain, je t’ai sentie bouger!

     

    De mère en fille...

    Mannick


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  • Désir de toi….

     

    Je ne sais pas toujours comment te nommer.

    Tu as tellement de noms qui n'ont plus cours.

    Je ne sais pas toujours comment te parler.

    J'oserais bien pour toi des mots d'amour,

    Mais ils sont encore entaillés

    De cicatrices !

     

    Tu ne m'as pas permis de te rencontrer

    Au soleil triomphant des érudits.

    Tu ne m'as pas permis d'apprendre à marcher,

    Sans que mon cœur se cogne aux interdits !

    Mais tu me donnais rendez-vous

    Dans tes coulisses ...

     

    Et mon désir de toi est si fragile à dire

    Qu'il a besoin d'un silence infini.

     

    Et mon désir de toi est une symphonie,

    Qui ne peut pas s'écrire.

     

    Je ne t'ai pas trouvé à l'abri du vent

    Sur des chemins tracés pour aller droit.

    Je ne t’ai pas trouvé aux palais dormants

    Des princes protégés qui font les lois.

    Mais j’ai plongé dans l’ouragan,

    A ta rencontre !

     

    Tu ne m’as pas forcée à t’ouvrir les bras,

    Mais tu m’as rendue libre de t’aimer.

    Tu ne m’as pas forcée à venir vers toi,

    Mais tu me laisses des sentiers,

    Où je t’affronte !

     

    Mannick

     

    Désir de toi….


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  • Je connais des bateaux

     

    Je connais des bateaux qui restent dans le port

    De peur que les courants les entraînent trop fort, 

    Je connais des bateaux qui rouillent dans le port

    A ne jamais risquer une voile au-dehors.

     

    Je connais des bateaux qui oublient de partir

    Ils ont peur de la mer à force de vieillir, 

    Et les vagues, jamais, ne les ont séparés, 

    Leur voyage est fini avant de commencer.

     

    Je connais des bateaux tellement enchaînés

    Qu’ils en ont désappris comment se regarder, 

    Je connais des bateaux qui restent à clapoter

    Pour être vraiment sûrs de ne pas se quitter.

     

    Je connais des bateaux qui s’en vont deux par deux

    Affronter le gros temps quand l’orage est sur eux, 

    Je connais des bateaux qui s’égratignent un peu

    Sur les routes océanes où les mènent leurs jeux.

     

    Je connais des bateaux qui n’ont jamais fini

    De s’épouser encore chaque jour de leur vie, 

    Et qui ne craignent pas, parfois, de s’éloigner

    L’un de l’autre un moment pour mieux se retrouver.

     

    Je connais des bateaux qui reviennent au port

    Labourés de partout mais plus graves et plus forts,

    Je connais des bateaux étrangement pareils

    quand ils ont partagé des années de soleil. 

     

    Coda: 

    Je connais des bateaux qui reviennent d’amour

    quand ils ont navigué jusqu’à leur dernier jour,

    Sans jamais replier leurs ailes de géants

    Parce qu’ils ont le cœur à taille d’océan.

     

    MANNICK 

     

    Je connais des bateaux

    Sainte Lucie aout 2018


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