• Les cailloux font ce qu’ils peuvent

     

    Si tu vois un escargot en panne, n’intervient pas.

    Il s’en tirera tout seul.

    Tu pourrais le vexer. Ou bien qui sait ? le rendre malade.

     

    Même conseil en ce qui concerne les étoiles.

    Si tu en vois une qui n’est pas à sa place sur les étagères du ciel,

    Dis-toi qu’elle doit avoir ses raisons.

     

    Il n’est pas recommandé non plus de pousser la rivière dans le dos pour qu’elle aille plus vite :

    Elle fait son possible.

     

    Ah ! j’oubliais : les cailloux font ce qu’ils peuvent, eux aussi

    En attendant d’aller dans la bétonneuse.

    Évite donc de leur donné des coups de pied, même en douce

     

    Jean Rousselot

    (extrait de « Les poèmes ont des oreilles) 

    POEMES DE JEAN ROUSSELOT : Les cailloux font ce qu?ils peuvent


    2 commentaires
  • Les pommes de lune

     

    Entre Mars et Jupiter

    Flottait une banderole

    Messieurs Mesdames

    Faites des affaires

    Grande vente réclame

    De pommes de terre

     

    un cosmonaute qui passait par là

    Fut tellement surpris qu'il s'arrêta ;

    Et voulut mettre pied à terre.

      

    Mais pas de terre en ce coin-là ;

    Et de pommes de terre

    Pas l'ombre d'une

      

    C'est une blague sans doute

    Dit-il en reprenant sa route

    Et à midi il se fit

    Un plat de pommes de lune

     

    Jean Rousselot

     

    (Extrait de Qu’est-ce qui mijote dans ma marmite à mots)

    POEMES DE JEAN ROUSSELOT : Les pommes de lune

     


    votre commentaire
  • Dans ma main

     

    J’ai dans ma main

    Le souvenir de billes

    De plusieurs chats

    Des cheveux de maman.

     

    J’ai dans la main

    Des bouquets de fleurs des champs

    Des bouquets énormes

    Des bouquets sans fin

    Des bouquets refusés aussi.

     

    J’ai dans ma paume

    L’espoir de la main

    De la petite antillaise

    Aux souliers jaunes

    Qui n’a pas encore dit un mot

    Mais qui sourit comme une orange

    Quand j’ose lui sourire

    Le premier.

     

    Jean-Hughes Malineau extrait de « De mémoire de petits garçons »

     

    scan318

    votre commentaire
  • Tiens bon la rampe !

     

    Si tu imagines que la pluie

    Pourrait arroser la lune au lieu d’arroser la terre,

    Qu’il pourrait se mettre à faire nuit noire

    Si l’on craquait une allumette à midi juste,

    Et que les oiseaux pourraient

    Se changer en écrevisses.

     

    Alors mon cher tiens bon la rampe

    De la réalité

    Avant que la voie lactée

    Ne devienne fromage ou beurre.

    Pour le moment, va te coucher

    C’est l’heure.

     

    Jean Rousselot

     

    DSCF2532

    votre commentaire
  •  

    DSCN0174

    Gare aux oiseaux qui causent

     

    Tutoie toutes les fleurs

    Mais dis Vous à la rose.

    Et si tu peux, en vers plutôt qu’en prose.

    De même tutoie les oiseaux

    Mais en exceptant ceux qui causent

    Ils te diraient des horreurs

    Que te répéter je n’ose

    Si tu ne les vouvoyais

    Comme on fait aux grands Seigneurs

    Dont ils portent les couleurs.

     

    Jean Rousselot

     

    IMG_0865

    votre commentaire
  • L’éléphant d’Hannibal

     

    Un éléphant était distrait à un tel point

    Qu’il avait égaré son nom.

    Quand à celui de sa rue,

    Il l’avait si bien perdu

    Qu’un soir voulant rentrer chez lui

    Il se retrouve à Pavie

    Alors qu’il habitait à deux doigts de Paris.

     

    Mais là-dessus il rencontra un général

    Qui s’appelait Hannibal

    Alors il se souvient de tout :

    Les Alpes, la neige, les loups

    Et il se dit, le gros malin :

    Que si dans l’autre sens il faisait son chemin

    Il reviendrait à son logis sans peine.

     

    Ainsi fit-il et redevint

    Le plus bel éléphant du zoo de Vincennes

    Et du coup retrouva son nom :

    Il s’appelait Agamemnon.

     

    Jean Rousselot

    POEMES DE JEAN ROUSSELOT : L?éléphant d?Hannibal


    votre commentaire
  • Poésie sans modération

     

    On nous embête vraiment

    Avec tous ces règlements.

    Par contre la Poésie

    On peut et même on doit

    En user toute sa vie

    Le plus immodérément.

     

    Ce n’est pas un vain discours

    C’est un voyage au long cours

    C’est une pêche aux merveilles

    Alors, va-y mon enfant !

    La poésie, en plein hiver

    Peut remplir ton cœur de soleil

    En couleur elle peint la prose

    Des heures les plus moroses.

    Elle console et justifie

    Tes espoirs et tes rêveries,

    Tu n’auras pas meilleur amie.

     

    Jean Rousselot

    IMG_0060

    1 commentaire
  • Faire pousser du bonheur

     

    A chacun son ordinateur

    A chacun son hélicoptère

    Et son robot maître d’hôtel.

     

    Mais je crois qu’il n’est rien de tel

    Qu’un cœur généreux grand ouvert

    Pour faire pousser du bonheur

    Jusqu’aux confins de l’univers

     

    Jean Rousselot

    IMG_0367

    2 commentaires
  •  

    notes024

    Un peu de solfège

     

    Un bémol qui s’ennuyait

    Voulut monter d’une octave

    Mais il était si distrait

    Qu’au lieu d’aller au grenier

    Il descendit à la cave.

     

    Le cafouillage en fut pire

    Car l’auteur conservait là

    Whisky, Champagne et vodka

    Dont le bémol se soûla

    Aidé par dièse et bécarres

    Accourus de toutes parts.

     

    Jean Rousselot

     

    votre commentaire
  • Le petit jour

     

            Quand le petit jour grattait au carreau,

    les joues rosies par la transparence du rideau

    d’indienne, je m’amusais à le faire languir,

    refermant les yeux ou me tournant vers le  mur.

            Mais grattait-il un peu plus fort ou ce bruit

    était-il un crépitement du feu de bois

    dans la cuisine, il me fallait bien sauter du lit

    Pour aller ouvrir la croisée !

            Et nous voilà tout de suite attablés,

    lui trempé de rosée, un bout de soleil sur l’oreille,

    comme un bouton d’or, moi encore tiède

    et cotonneux de sommeil.

            Mais pourquoi ma grand-mère

    m’apportait-elle qu’un seul bol de café au lait,

    une seule cuillère, une seule tartine beurrée

    et n’embrassait-elle que moi ?

    Ne voyait-elle pas le jeune jour assis à mes côtés ?

            Je fus long à comprendre qu’elle se

    levait si tôt qu’elle l’avait vu naître alors que

    je dormais toujours et l’avait déjà nourri

    et cajolé avant de tremper la soupe pour

    les hommes et de donner le grain aux poules.

     

    Jean Rousselot

     

    abbaye028

    2 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique