• La Rose

     

    Rose rose, rose blanche,

    Rose thé,

    J'ai cueilli la rose en branche

    Au soleil de l'été.

    Rose blanche, rose rose,

    Rose d'or,

    J'ai cueilli la rose éclose

    Et son parfum m'endort.

     

    Robert Desnos, (1900-1945)

     


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  • Le cancre

     

    Il dit non avec la tête

    mais il dit oui avec le cœur

    il dit oui à ce qu'il aime

    il dit non au professeur

    il est debout

    on le questionne

    et tous les problèmes sont posés

    soudain le fou rire le prend

    et il efface tout

    les chiffres et les mots

    les dates et les noms

    les phrases et les pièges

    et malgré les menaces du maître

    sous les huées des enfants prodiges

    avec des craies de toutes les couleurs

    sur le tableau noir du malheur

    il dessine le visage du bonheur.

    Jacques Prévert, (1900-1977)

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  •  

    Le vent

    Sur la bruyère longue infiniment,

    Voici le vent cornant Novembre ;

    Sur la bruyère, infiniment,

    Voici le vent

    Qui se déchire et se démembre,

    En souffles lourds, battant les bourgs ;

    Voici le vent,

    Le vent sauvage de Novembre.

    (Emile Verhaeren, (1855-1916)

     


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  • L’enterrement d’une fourmi

     

    Les Fourmis sont en grand émoi :

    L'âme du nid, la reine est morte !

    Au bas d'une très vieille porte,

    Sous un chêne, va le convoi.

     

    Le vent cingle sur le sol froid

    La nombreuse et fragile escorte.

    Les fourmis sont en grand émoi :

    L'âme du nid, la reine est morte !

     

    Un tout petit je ne sais quoi

    Glisse, tiré par la plus forte :

    C'est le corbillard qui transporte

    La défunte au caveau du roi.

    Les fourmis sont en grand émoi !

     

     

    Maurice Rollinat, (1846-1903)

     

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  • Autre chanson

     

    Des saules et des peupliers

    Bordent la rive.

    Entends, contre les vieux piliers

    Du pont, l'eau vive !

     

     

     

    Elle chante, comme une voix

    Jase et s'amuse,

    Et puis s'écrase sur le bois

    Frais de l'écluse.

     

    Le moulin tourne... Il fait si bon,

    Quand tout vous laisse,

    S'abandonner, doux vagabond,

    Dans l'herbe épaisse !...

     

    Francis Carco, (1886-1958)

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  • Rondeau de printemps

     

    Le temps a laissé son manteau

    De vent, de froidure et de pluie,

    Et s'est vêtu de broderie,

    De soleil luisant, clair et beau.

     

    il n'y a bête ni oiseau

    Qu'en son jargon ne chante ou crie :

    Le temps a laissé son manteau

    De vent, de froidure et de pluie.

     

    Rivière, fontaine et ruisseau

    Portent en livrée jolie

    Gouttes d'argent, d'orfèvrerie ;

    Chacun s'habille de nouveau :

    Le temps a laissé son manteau.

     

    René Charles d’Orléans, (1394-1465)

     

    FLEUR REDUITE 7

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  • Une histoire à suivre

     

    Après tout ce blanc vient le vert,

    Le printemps vient après l'hiver.

    Après le grand froid le soleil,

    Après la neige vient le nid,

    Après le noir vient le réveil,

    L'histoire n'est jamais finie.

    Après tout ce blanc vient le vert,

    Le printemps vient après l'hiver,

    Et après la pluie le beau temps.

     

    Claude Roy (1915-1997)

     

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  • Myosotis

    J'aime les étangs, et j'habite

    Partout où l'eau se creuse un lit.

    Ma fleur, d'un bleu pâle, s'agite

    Au moindre coup de vent, au moindre bruit.

    Ma coupe d'or est si petite

    Qu'une larme d'oiseau l'emplit.

     

    Alphonse de Lamartine, (1790-1869)

     


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  • Querelle

     

    Lorsque ma sœur et moi, dans les forêts profondes,

    Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux,

    En nous baisant au front tu nous appelais fous,

    Après avoir maudit nos courses vagabondes.

     

    Puis, comme un vent d'été, brisant les fraîches ondes,

    Mêle deux ruisseaux purs sur un lit calme et doux,

     Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux,

    Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.

    Et pendant bien longtemps nous restions là blottis,

    Heureux, et tu disais parfois :

     Ô chers petits !

    Un jour vous serez grands, et moi je serai vieille !

     

    Les jours se sont enfuis, d'un vol mystérieux,

    Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille

    Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.

     

    Théodore de Banville, (1823-1891)

    chat054

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  • Villanelle

     

    Une feuille d'or,

    Une feuille rousse,

    Un frisson de mousse,

    Sous le vent du nord.

     

    Quatre feuilles rousses,

    Quatre feuilles d'or,

    Le soleil s'endort

    Dans la brume douce.

     

    Mille feuilles rousses,

    Que le vent retrousse.

    Mille feuilles d'or

    Sous mes arbres morts.

     

    Alain Debroise, (1911-1999)

    fleur115

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