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    Une journée, une vie

     

    Un maître avait l'habitude de recevoir chaque fois un élève différent une heure avant la méditation du soir. Il leur faisait alors raconter par le menu leur journée : ce qu'ils avaient vu, mangé, goûté, ressenti, leurs colères et leurs moments de bonheur même minuscules, les envies qui leur étaient passées par la tête, mais aussi les frustrations, les dégoûts, les doutes, les désespoirs. Il leur faisait décrire certains visages croisés, inconnus, qui les avaient frappés, des scènes vécues ce jour-là dans la rue, chez eux, au travail ou ailleurs. Il les poussait à donner le maximum de détails, à vraiment se remémorer les moindres souvenirs de leur fonctionnement dans ce quotidien-là.

    Et à la fin, il les envoyait méditer dans le dojo en disant simplement ; « Une journée, une vie. »

    Si nous y sommes attentifs, chaque jour, chaque nuit, chaque instant est différent. Et d'autres maîtres de la tradition zen ont dit qu'il faut vivre chaque jour de notre vie comme si c'était le dernier. Intensément.

     


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    Qui suis-je

     

    Un élève demande à maître Deshimaru :

    - Que se passe-t-il en soi lorsque l’on médite ?

    - Le grand Moi regarde le petit moi, répond-il

    - Je ne comprends pas, dit l'élève.

    - Le grand Moi, c'est ce qui vous fait chercher le calme, la paix intérieure, le recueillement, le silence, c'est la raison pour laquelle vous venez dans un dojo, pour mieux vous connaître vous-même. Le petit moi, c'est ce côté de vous-même toujours angoissé, agité, futile, superficiel, égoïste, préoccupé, pensant à dix mille choses en même temps... Dans la vie de tous les jours, le petit moi étouffe le grand Moi. Mais pendant la méditation, lorsqu'on est assis immobile à regarder ce qui se passe en soi, le grand Moi peut se déployer et il regarde le petit moi s'agiter devant lui comme sur un écran de télévision. À ce sujet un adage célèbre du zen dit : Comme dans un miroir. Le reflet est toi /Mais tu n’es pas le reflet.

    As-tu compris ?

    - Oui, dit l'élève.

     

    Cette histoire me fait penser à celle du Dr Jekyll et Mr Hyde : le mauvais et le bon docteur dans la même personne. Nous avons tous le meilleur et le pire en nous-mêmes... Le grand Moi et le petit moi. Le tout est de s'en rendre compte.

     

     


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  • Votre propre trésor

     

    Daiju rendit visite au maître Baso. Celui-ci l’interrogea :

    • En venant me voir, que cherchez-vous ?
    • L’illumination, répondit Daiju.
    • Vous avez votre propre trésor. Pourquoi le chercher

    L’extérieur ?

    • Où est mon trésor ? demanda Daiju.
    • Vos questions témoignent de votre trésor ; c’est que vous

    demandez qui est votre trésor, dit Baso.

    A ces mots, Daiju s’éveilla de son rêve et comprit que la réponse à toutes les questions se trouvait en lui-même. Durant toute sa vie, il dit aux personnes qu’il rencontrait :

    • Découvrez votre propre trésor et utilisez-le !

     

    Cela me fait penser à cette phrase de Jésus Christ : « le royaume des cieux se trouve au-dedans de vous. » Eh oui, on va souvent chercher bien loin ce qui se trouve tout près et qu’on ne sait pas voir.

     


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  • Le tableau le plus vrai

     

    Un empereur fit faire un concours par des peintres : celui qui représenterait le mieux la paix dans un tableau gagnerait un prix. Beaucoup d'artistes s'essayèrent à peindre les plus beaux surmi-e mais seuls deux d'entre eux retinrent l'attention de l'empereur.

    Le premier représentait de hautes montagnes harmonieuses qui se reflétaient dans un lac magnifique, bleu comme le ciel Une image parfaite de la paix et de la sérénité.

    Le second, peint par un moine zen, représentait aussi des montagnes, mais celles-là farouches, abruptes, sinistres, se découpant sur un ciel zébré d'éclairs menaçants. Mais, dans un coin, à côté d'une cascade écumante, il y avait dans un trou de falaise sur un rocher à pic la dominant, un tout petit buisson dans lequel un oiseau avait construit son nid et couvait tranquillement.

    Lequel de ces tableaux l’empereur choisit-il ? Le second, car dit-il, c'est dans notre cœur qu'il faut savoir trouver la paix, même au milieu des pires difficultés»

    La paix n'existe pas si elle n'existe pas en nous-mêmes.

     


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  • Contes extrait de « Sagesses et malices du Zen »

    « Marc de Smedt »

     

    La voix de la vallée

     

    Un moine novice vint voir le père abbé d’un temple de montagne :

    • Je suis jeune et anxieux, dit-il. J’aimerais tant comprendre la

    Voie du zen. Me feriez-vous grâce de m’en montrer le chemin ?

    L’abbé lui répondit :

    • Entends-tu le murmure de l’eau du torrent dévalant la

    montagne ?

    Après un temps de silence, le moine dit :

    • Oui je l’entends.

    L’abbé dit alors :

    • Ceci est la porte que tu cherches.

    On n’écoute jamais assez ce que la situation présente veut dire.

     


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  • Contes extrait de « Sagesses et malices du Zen »

    « Marc de Smedt »

     

    La montagne

     

    Un disciple demande au maître :

    • A quoi peut-on comparer la méditation ?
    • A une montagne, répond le maître.
    • Je ne comprends pas, dit le disciple.
    • En méditation vous êtes immobile comme une montagne. Toutes

    les pensées qui s’agitent dans votre esprit sont les nuages qui recouvrent la montagne. Mais le vent de votre respiration attentive chasse peu à peu ces nuages et le ciel bleu réapparaît. Puis les nuages reviennent et le vent les chasse à nouveau et la montagne resplendit dans le ciel. C’est simplement cela, la méditation.

     


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  • Qu’est-ce qui existe ?

     

    Un jeune étudiant du zen, assez imbu de lui-même, allait d'un maître à l'autre pour les questionner.

    Un jour il rendit visite à un moine ermite, célèbre pour son laconisme et son flegme, et lui dit :

    - Tout est appelé à disparaître, tout change et se transforme, nous sommes différents de seconde en seconde, je considère donc que rien n'existe vraiment. Qu'en pensez-vous ?

    Le moine fumait une grosse pipe à long tuyau en bambou : il continua tranquillement, sans dire un mot, à tirer sur sa bouffarde de longues minutes durant. Et soudain, il en asséna un grand coup sur la tête de son visiteur, qui hurla de douleur et de colère.

    - Si rien n'existe, d'où viens ta douleur, d'où viens ta colère ? lui dit alors le moine.

    Le jeune homme comprit et s'inclina en silence.

     

    (Argentine)


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    Contes extrait de « Sagesses et malices du Zen »

    « Marc de Smedt » mis sur le blog dans sagesse et Malice du zen

     

    Les poupées savantes

     

    Le moine Hôtan allait souvent écouter un vieux philosophe qui donnait son enseignement dans une grange.

    Au début, l'assistance était nombreuse mais petit à petit elle se clairsema jusqu'au jour où Hôtan se retrouva tout seul. Le philosophe refusa alors de faire cours pour une seule personne. Hôtan promit de revenir le jour suivant avec beaucoup de monde.

    Le lendemain, il disposa dans la salle plein de petites poupées sur les bancs et s'assit au premier rang. Le maître arrive et, interloqué, dit :

    - Mais ce ne sont que des poupées !

    - En effet, dit Hôtan. Mais tous ceux qui sont venus vous écouter ne valaient pas plus que ces petites poupées. Ils meublaient le décor sans rien comprendre à votre enseignement puisqu'ils sont partis pour ne plus revenir. Tandis que moi je suis resté vous écouter !

    Le philosophe comprit la leçon et continua à dispenser son enseignement au jeune homme assidu.

     

     


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  • Contes extrait de « Sagesses et malices du Zen »

    « Marc de Smedt »

     

    Petit bambou, grand bambou

     

    Un moine demande au maître :

    • Quelle est la définition du bouddhisme ?

    Le maître répond :

    • Je te le dirai quand il n’y aura personne alentour.

    Quelque temps plus tard, le moine revient voir le maître et lui dit :

    • Il n’y a plus personne, pouvez-vous me répondre ?

    Le maître l’entraîne dans le jardin jusqu’à la bambouseraie. Il ne dit rien. Le moine, ne comprenant rien, insiste. Alors le maître lui montre deux bambous et dit :

    • Regarde ce bambou-ci, il est court et tout petit. Et regarde

    celui-là, il est si grand !

    Le moine comprend que le but de sa quête est de grandir intérieurement.

     


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