• Appel masqué

     

    Appel masqué

     

    En saisissant mon téléphone qui sonnait l’autre jour, j’ai vu apparaître la mention « appel masqué ». Cela signifie que le correspondant est inconnu, et qu’il est probable que cet appel concerne une de ces n-sollicitations commerciales impromptues comme l’on en reçoit trop. L’épisode du coronavirus change la donne : ironie du sort, le masque est devenu une protection souhaitable, nécessaire, indispensable quand on entre en relation avec autrui. Dans cette acceptation un « appel masqué est donc devenu tout ce qu’il y a de plus recommandable ! Il serait désormais à prendre comme un appel protégé et sûr méfions-nous des appels trop familier, privilégions les appels masqués !

    C’est là que le bât (ou plus exactement le masque) blesse. Car nos sociétés fragilisées par les virus modernes vont finir par banaliser l’anormal : cette triste apparence d’une humanité masquée, où les yeux seront l’unique moyen d’expression faciale, où les yeux seront l’unique moyen d’expression faciale, où le sourire sera masqué et la parole symboliquement bâillonnée, toute cette …mascarade par souci hygiéniste ! J’ignore si le sort du monde et le destin de l’humanité dépendent véritablement de ce port systématique du masque. Mais il m’apparait, de manière aussi urgente pour la survie de notre espèce et de notre civilisation, qu’il importe de  restaurer des relations de proximité avec autrui, sans quoi, sous prétexte de protéger des vies, nous n’aurons tout simplement plus de vie relationnelle authentique et directe, autant dire plus de vie tout court. Car ce qui est en cause, c’est l’évolution de nos relations humaines et, en fin de compte de notre épanouissement. La question s’est posée au plus fort de l’épidémie pour des personnes âgées, coupées de leurs proches « par précaution » et « pour leur bien ».  Mais quel bien ?  Le but est-il de mourir en bonne santé en étant protégé dans une bulle, loin du monde désormais considéré comme hostile, afin de prolonger  ses jours ?  Je n’ai aucune volonté de mutinerie par rapport aux injonctions prophylactiques officielle. Je dis simplement qu’il ne faut pas oublier le souffle chaud de la tendresse, le toucher de la peau, les élans fraternels, la proximité bienveillante, la relation pure. Les vraie relations ne sont jamais distancielles, elles sont par définition présentielles ! Ce devoir de présence à l’autre, ne le mettons pas trop longtemps entre parenthèses : les écrans font écran, de même que les masques ont la diabolique tendance de gommer les sourires. Soyons vigilants, puisque le virus est insistant, mais ne nous soumettons pas à ses diktats ! Faisons courir, aussi souvent que possible, la bienheureuse épidémie de la tendresse et du sourire de connivence.

     

    (Extrait de « Pensée concentrée vitaminée effervescente »

    De François Garagnon. 4 septembre 2020)

    site : www.montecristo-edition.com

     

    Appel masqué

     


  • Commentaires

    1
    Ninou
    Samedi 5 Septembre à 21:15

    Soyons diffuseur de tendresse, prenons nos enfants, nos amis dans nos bras, et comme vous le dites si bien les écrans deviennent des écrans au quotidien

    Merci pour cette bouffée d'oxygène et cet élan d'humanisme

      • Samedi 5 Septembre à 23:01

        Merci de votre visite Ninou.

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