• Poemes de victor hugo (Les pauvres gens)

    Les pauvres gens

     

    II est nuit. La cabane est pauvre, mais bien close.

    Le logis est plein d'ombre et l'on sent quelque chose

    Qui rayonne à travers ce crépuscule obscur.

    Des filets de pêcheur sont accrochés au mur.

    Au fond, dans l'encoignure où quelque humble vaisselle

    Aux planches d'un bahut vaguement étincelle,

    On distingue un grand lit aux longs rideaux tombants.

    Tout près, un matelas s'étend sur de vieux bancs,

    Et cinq petits enfants, nid d'âmes, y sommeillent.

    La haute cheminée où quelques flammes veillent

    Rougit le plafond sombre, et, le front sur le lit,

    Une femme à genoux prie, et songe et pâlit.

    C'est la mère. Elle est seule. Et dehors, blanc d'écume,

    Au ciel, aux vents, aux rocs, à la nuit à la brume,

    Le sinistre océan jette son noir sanglot.

     

    Victor Hugo,(extrait de La mère et l’enfant)

     

    jardins des Tuillerie7.jpg

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