• Si on parlait de tes mômes

    « Extrait de « Si on parlait de tes mômes ? » 

    De Guy Gilbert 

     

    Je les prends sous mon aile parce qu'ils sont d'une pauvreté affective infinie, cassés par les saccages d'une enfance disloquée. Je les éduque, je les nourris, je les soigne, je les punis, je les console, je leur pardonne, je les aide. Je fais encore un long chemin avec eux, je les porte jusqu'au bout, bien au-delà de leur majorité. Ma mission est de les faire grandir physiquement, intellectuellement et affectivement. Les remettre debout, voilà mon évangélisation. 

     

    « Dans un monde ouvrier, très simple, un jeune arrive à la maison, blanc comme linge» « Mais qu'est-ce que t'as ? » lui demande mère. 

    « Ma gonzesse m'a quitté... » 

    Le père et la mère regardaient la télévision et sa mère lui répond : « De toute face une de perdue, dix de retrouvées. » 

    Son père en rajoute : « De toute façon, elle me plaisait pas, ta gonzesse. » 

    Le  mec  part  immédiatement  dans chambre de ses parents, récupère le pistolet de son père et se fout une balle da la tête...  

     

    Immense est la fragilité  des adolescents lorsqu’ils sont pris dans un étau que les parents ont oublié, car elle est loin, leur adolescence. La membrane des jeunes, leur colonne vertébrale, est beaucoup plus fragile qu’autrefois, pour des tas de raisons : la civilisation plus laxiste, la compétition plus dure etc... Et leurs parents sont beaucoup moins présents. C’est comme cela que l’on arrive à des drames terrifiants. » 

     

    « Si vous êtes pris par des tas de choses, des problèmes conjugaux, des problèmes d’argent, des problèmes de travail, vous n’avez plus le temps de voir les signaux que vous envoient vos enfants, signaux dont certains sont infimes. Si vous êtes en éveil, vraiment, vous les verrez. » 

     

    « Vos enfants sont différents. Le génie d’un  couple qui est en éveil vis-à-vis de ses enfants, c’est de s’apercevoir qu’il y a une fragilité chez l’un  ou chez l’autre. Donnez à ceux qui sont fragiles un temps dont les autres n’ont pas besoin. Parce que, si l’on élève une fratrie ensemble, chacun est un enfant unique. Et quand on est pris par des tas de choses et qu’on ne voit pas cela, on peut le payer très cher après. » 

     

    « Un enfant de trois ou quatre ans martelait les vieilles jambes d’une dame. Naturellement cela la dérangeait. Elle s’adresse alors à la mère :  

    «  Pourriez-vous dire à votre enfant de cesser ce jeu ? » 

    « Il s’amuse, il adore ça, » lui répond la mère. 

    C’est alors qu’un jeune adulte qui se trouvait derrière la banquette, et qui avait écouté la conversation, renverse une partie de sa bouteille de coca sur la tête de la mère. 

    Décontenancée, celle-ci sursaute : 

    « Mais enfin, que faites-vous ? » 

    « Je m’amuse, madame, j’adore ça… » 

     

    « Chaque enfant est unique, avec sa part de mystère, son originalité, ses exigences particulières. Aimer en vrac ses enfants sans avoir cette attention qui les différencie, ce regard qui essaie de comprendre, cet amour qui s’adresse à chacun dans sa différence, peut provoquer à la longue des tensions, déchirures. Et parfois des situations dramatiques. » 

     

    « La pédagogie la plus belle que l’on puisse élaborer avec des adolescents, c’est la confiance. C’est très important. » 

     

    « On parle de démission des parents, il faudrait également parler de la démission des citoyens. En France, le citoyen moyen n’interviendra pas auprès d’un enfant qui n’est pas le sien. Dire sa façon de penser à un enfant qui casse une bouteille sur le trottoir, le citoyen de France ne le fait pas. Il passe… Si dans toutes les villes de France les gens s’intéressaient davantage aux mômes des autres quand ils commettent un acte délictueux, il y en aurait infiniment moins parce que les jeunes craindraient un peu plus la réaction des adultes au lieu d’avoir un sentiment d’impunité. » 

     

    « Nous vivons dans un monde incohérent. Les adultes critiquent les adolescents et leur reprochent mille défauts qui ne sont souvent que le reflet de leurs propres incohérences. » 

     

    « Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants, 

    Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles, 

    Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, Lorsque, finalement, les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux, l'autorité de rien et de personne, 

    Alors c'est là, en toute jeunesse, le début de la « tyrannie ». » 

    Platon  

      

    « Aimer, c’est s’efforcer de voir ce qu’il y a de meilleur au fond  de chaque être et l’aider à en prendre conscience. Il n’est rien  de plus fort. Seul le regard bienveillant de celles et ceux qui nous connaissent nous appelle à ne pas désespérer de nous-mêmes. » 

     

    « La beauté d’un visage ? C’est le cœur qui en décide. Aux lignes superbes et régulières qui ne retiennent pas la lumière, je préfère les traits ingrats qui rayonnent par le dedans. Alors bûche ton intérieur et tu seras beau comme un Dieu » 

     

    « Qu’est-ce que l’argent, du moment qu’il accomplit la tâche qu’il aime ? L’argent aide à vivre, mais le rêve est prioritaire. Combien ai-je côtoyé de gens meurtris par une profession qu’ils n’aimaient pas et qu’ils étaient obligés d’exercer ! Dites leur : Je t’aime comme tu es. » Ne désirez pas vos enfants comme vous les avez rêvés. Faites le deuil de vos projets sur eux. Sachez les guider, simplement. » 

     

    « Quand un jeune que nous avons réussi à remettre sur la route me demande : « Comment te remercier ? » je lui réponds toujours : « En donnant aux autres ce qu’on t’a donné. » Notre devoir est de mettre les jeunes loubards en état de militantisme pour les autres, pour qu’ils transmettent à leurs gosses ce que nous leur avons appris. Pour ma part, je ne connais pas de plus grande joie que celle de les voir défendre à leur tour des valeurs essentielles. Aucun fric, aucun héritage de maison de famille n’a cette force. Mes parents ne nous ont rien laissé d’autre, à mes quatorze frères et sœurs et moi, que l’amour. Nous n’avons eu de cesse de transmettre cette lumineuse pauvreté. » 

     

    Quelques conseils aux parents 

    « Soyez en première ligne. Soyez des combattants de l’Amour, 

    des parents tendres, compréhensifs et intraitables. » 

     

    « Vous n’êtes pas les copains de vos enfants. Ne jouez pas aux 

    jeunes, soyez les témoins des différences entre générations. » 

     

    « Offrez votre temps à vos enfants. Ne vous dispersez pas 

    ailleurs. » 

     

    « N’ayez pas honte des valeurs traditionnelles comme l’effort, le respect, la tolérance, l’honnêteté, la franchise et la fidélité. » 

     

    « Chaque enfant est unique : aimez sa différence. » 

     

    « Vos enfants sont plus importants que votre carrière. » 

     

    « Ecouter votre adolescent, ne l’interrompez pas à tout bout de champ , alors il vous écoutera à son tour. » 

     

    « Faites-leur confiance. C’est en ayant en retour confiance en vous que les jeunes apprennent le sens du devoir. » 

     

    « Que vos actes soient cohérents avec vos paroles. Seule cette cohérence sera respectée par le jeune. Vos paroles doivent coller à votre vie. » 

     

    « Ne craignez pas de punir votre enfant, mais sachez qu’il n’acceptera qu’une punition juste. Une sanction ne doit jamais humilier. » 

     

    « Jugez un acte, ne jugez jamais la personne. Faites toujours comprendre à un jeune qui a mal agi qu’il peut encore changer, qu’il est meilleur que les conneries qu’il a faites. » 

     

    « Attention aux phrases qui dévalorisent un enfant et détruisent sa confiance en lui-même. » 

      

    « Dites-lui de bûcher son âme : c’est la partie la plus invisible mais la plus belle de lui-même. » 

     

     


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