09 Février 2016, Ste Apolline
Rubriques
Newsletter
  • pensée du jour 1.jpg
Accueil » Poèmes de Victor Hugo
  Articles de cette rubrique :
 

Il faut que le poète

 

Il faut que le poète, épris d'ombre et d'azur,

Esprit doux et splendide, au rayonnement pur,

Qui marche devant tous, éclairant ceux qui doutent,

Chanteur mystérieux qu'en tressaillant écoutent

Les femmes, les songeurs, les sages, les amants,

Devienne formidable à de certains moments.

Parfois, lorsqu'on se met à rêver sur son livre,

Où tout berce, éblouit, calme, caresse, enivre,

Où l'âme à chaque pas trouve à faire son miel,

Où les coins les plus noirs ont des lueurs du ciel,

Au milieu de cette humble et haute poésie,

Dans cette paix sacrée où croit la fleur choisie,

Où l'on entend couler les sources et les pleurs,

Où les strophes, oiseaux peints de mille couleurs,

Volent chantant l'amour, l'espérance et la joie,

Il faut que par instants on frissonne, et qu'on voie

Tout à coup, sombre, grave et terrible au passant,

Un vers fauve sortir de l'ombre en rugissant !

Il faut que le poète aux semences fécondes

Soit comme ces forêts vertes, fraîches, profondes,

Pleines de chants, amour du vent et du rayon,

Charmantes, où soudain l'on rencontre un lion.

 

Paris, mai 1842.

Victor Hugo.

http://www.poesie-francaise.fr

 

IMG_20151107_125603
Mercredi 11 Novembre 2015 à 09h37 dans Poèmes de Victor HugoPoster un commentaire

La nature est pleine d’amour

 

La nature est pleine d'amour,

Jeanne, autour de nos humbles joies ;

Et les fleurs semblent tour à tour

Se dresser pour que tu les voies.

 

Vive Angélique ! à bas Orgon !

L'hiver, qu'insultent nos huées,

Recule, et son profil bougon

Va s'effaçant dans les nuées.

 

La sérénité de nos coeurs,

Où chantent les bonheurs sans nombre,

Complète, en ces doux mois vainqueurs,

L'évanouissement de l'ombre.

 

Juin couvre de fleurs les sommets,

Et dit partout les mêmes choses ;

Mais est-ce qu'on se plaint jamais

De la prolixité des roses ?

 

L'hirondelle, sur ton front pur,

Vient si près de tes yeux fidèles

Qu'on pourrait compter dans l'azur

Toutes les plumes de ses ailes.

 

Ta grâce est un rayon charmant ;

Ta jeunesse, enfantine encore,

Éclaire le bleu firmament,

Et renvoie au ciel de l'aurore.

 

De sa ressemblance avec toi

Le lys pur sourit dans sa gloire ;

Ton âme est une urne de foi

Où la colombe voudrait boire.

Victor Hugo.

 

http://www.poesie-francaise.fr

 

L'Alpe-d'Huez Epilobe rose(23)
Jeudi 05 Novembre 2015 à 08h27 dans Poèmes de Victor Hugo1 commentaire(s)

Je ne demande pas autre chose aux forêts

 

Je ne demande pas autre chose aux forêts

Que de faire silence autour des antres frais

Et de ne pas troubler la chanson des fauvettes.

Je veux entendre aller et venir les navettes

De Pan, noir tisserand que nous entrevoyons

Et qui file, en tordant l'eau, le vent, les rayons,

Ce grand réseau, la vie, immense et sombre toile

Où brille et tremble en bas la fleur, en haut l'étoile.

 

Victor Hugo.

http://www.poesie-francaise.fr

Foret des  Dioux(1)
Samedi 31 Octobre 2015 à 10h03 dans Poèmes de Victor Hugo1 commentaire(s)

Mes poèmes

 

Mes poèmes ! Soyez des fleuves !
Allez en vous élargissant !
Désaltérez dans les épreuves
Les cœurs saignants, les âmes veuves,
Celui qui monte ou qui descend.

Que l'aigle plonge, loin des fanges,
Son bec de lumière en vos eaux !
Et dans vos murmures étranges
Mêlez l'hymne de tous les anges
Aux chansons de tous les oiseaux !

Victor Hugo

Cascades Confolens 1133 m (8)
Lundi 28 Septembre 2015 à 09h10 dans Poèmes de Victor HugoPoster un commentaire

La pauvre fleur

La pauvre fleur disait au papillon céleste
— Ne fuis pas!
Vois comme nos destins sont différents. Je reste,
Tu t'en vas !

Pourtant nous nous aimons, nous vivons sans les hommes
Et loin d'eux,
Et nous nous ressemblons, et l'on dit que nous sommes
Fleurs tous deux !

Mais, hélas ! l'air t'emporte et la terre m'enchaîne.
Sort cruel !
Je voudrais embaumer ton vol de mon haleine
Dans le ciel !

Mais non, tu vas trop loin ! — Parmi des fleurs sans nombre
Vous fuyez,
Et moi je reste seule à voir tourner mon ombre
À mes pieds !

Tu fuis, puis tu reviens, puis tu t'en vas encore
Luire ailleurs.
Aussi me trouves-tu toujours à chaque aurore
Toute en pleurs !

Oh ! pour que notre amour coule des jours fidèles,
Ô mon roi,
Prends comme moi racine, ou donne-moi des ailes
Comme à toi !

 

Victor Hugo

L'Alpe-d'Huez (21)
Lundi 21 Septembre 2015 à 08h31 dans Poèmes de Victor Hugo1 commentaire(s)

 

032

Victor Hugo

 

  Victor Hugo est né le 26 février 1802 à Besançon. Il est un poète, dramaturge et prosateur romantique considéré comme l’un des plus importants écrivains de langue française. Il est aussi une personnalité politique et un intellectuel engagé qui a joué un rôle majeur dans l’histoire du XIXe siècle.

Victor Hugo occupe une place marquante dans l’histoire des lettres françaises au XIXe siècle, dans des genres et des domaines d’une remarquable variété. Il est poète lyrique avec des recueils comme Odes et Ballades (1826), Les Feuilles d'automne (1831) ou Les Contemplations (1856), mais il est aussi poète engagé contre Napoléon III dans Les Châtiments (1853) ou encore poète épique avec La Légende des siècles (1859 et 1877).

 

Il est également un romancier du peuple qui rencontre un grand succès populaire avec notamment Notre-Dame de Paris (1831), et plus encore avec Les Misérables (1862). Au théâtre, il expose sa théorie du drame romantique dans sa préface de Cromwell en 1827 et l’illustre principalement avec Hernani en 1830 et Ruy Blas en 1838, mais aussi Lucrèce Borgia et Le Roi s'amuse.

 

Son œuvre multiple comprend aussi des discours politiques à la Chambre des pairs, à l'Assemblée constituante et à l'Assemblée législative, notamment sur la peine de mort, l’école ou l’Europe, des récits de voyages (Le Rhin, 1842, ou Choses vues, posthumes, 1887 et 1890), et une correspondance abondante.

 

Victor Hugo a fortement contribué au renouvellement de la poésie et du théâtre. Il a été admiré par ses contemporains et l’est encore, mais il a aussi été contesté par certains auteurs modernes. Il a aussi permis à de nombreuses générations de développer une réflexion sur l’engagement de l’écrivain dans la vie politique et sociale grâce à ses multiples prises de position, qui le condamneront à l’exil pendant les vingt ans du Second Empire.

 

Ses choix, à la fois moraux et politiques, durant la deuxième partie de sa vie, et son œuvre hors du commun ont fait de lui un personnage emblématique, que la Troisième République a honoré à sa mort le 22 mai 1885 par des funérailles nationales, qui ont accompagné le transfert de sa dépouille au Panthéon de Paris, le 31 mai 1885.

032
Vendredi 31 Juillet 2015 à 09h49 dans Poèmes de Victor HugoPoster un commentaire
6ef3fa6b-abf0-4ab2-8edc-4440212f4ca0
Dimanche 19 Juillet 2015 à 12h46 dans Poèmes de Victor HugoPoster un commentaire

Hier, la nuit d'été

Hier, la nuit d'été, qui nous prêtait ses voiles,
Etait digne de toi, tant elle avait d'étoiles !
Tant son calme était frais ! tant son souffle était doux !
Tant elle éteignait bien ses rumeurs apaisées !
Tant elle répandait d'amoureuses rosées
Sur les fleurs et sur nous !

Moi, j'étais devant toi, plein de joie et de flamme,
Car tu me regardais avec toute ton âme !
J'admirais la beauté dont ton front se revêt.
Et sans même qu'un mot révélât ta pensée,
La tendre rêverie en ton cœur commencée
Dans mon cœur s'achevait !

Et je bénissais Dieu, dont la grâce infinie
Sur la nuit et sur toi jeta tant d'harmonie,
Qui, pour me rendre calme et pour me rendre heureux,
Vous fit, la nuit et toi, si belles et si pures,
Si pleines de rayons, de parfums, de murmures,
Si douces toutes deux !

Oh oui, bénissons Dieu dans notre foi profonde !
C'est lui qui fit ton âme et qui créa le monde !
Lui qui charme mon cœur ! lui qui ravit mes yeux !
C'est lui que je retrouve au fond de tout mystère !
C'est lui qui fait briller ton regard sur la terre
Comme l'étoile aux cieux !

C'est Dieu qui mit l'amour au bout de toute chose,
L'amour en qui tout vit, l'amour sur qui tout pose !
C'est Dieu qui fait la nuit plus belle que le jour.
C'est Dieu qui sur ton corps, ma jeune souveraine,
A versé la beauté, comme une coupe pleine,
Et dans mon cœur l'amour !

Laisse-toi donc aimer ! — Oh ! L’amour, c'est la vie.
C'est tout ce qu'on regrette et tout ce qu'on envie
Quand on voit sa jeunesse au couchant décliner.
Sans lui rien n'est complet, sans lui rien ne rayonne.
La beauté c'est le front, l'amour c'est la couronne :
Laisse-toi couronner !

Ce qui remplit une âme, hélas ! tu peux m'en croire,
Ce n'est pas un peu d'or, ni même un peu de gloire,
Poussière que l'orgueil rapporte des combats,
Ni l'ambition folle, occupée aux chimères,
Qui ronge tristement les écorces amères
Des choses d'ici-bas ;

Non, il lui faut, vois-tu, l'hymen de deux pensées,
Les soupirs étouffés, les mains longtemps pressées,
Le baiser, parfum pur, enivrante liqueur,
Et tout ce qu'un regard dans un regard peut lire,
Et toutes les chansons de cette douce lyre
Qu'on appelle le cœur !

Il n'est rien sous le ciel qui n'ait sa loi secrète,
Son lieu cher et choisi, son abri, sa retraite,
Où mille instincts profonds nous fixent nuit et jour ;
Le pêcheur a la barque où l'espoir l'accompagne,
Les cygnes ont le lac, les aigles la montagne,
Les âmes ont l'amour !

Victor Hugo

photos397
Jeudi 02 Juillet 2015 à 12h45 dans Poèmes de Victor HugoPoster un commentaire
scane 454
Mardi 02 Juin 2015 à 09h35 dans Poèmes de Victor HugoPoster un commentaire

Mères, l’enfant qui joue

 

Mères, l'enfant qui joue à votre seuil joyeux,

Plus frêle que les fleurs, plus serein que les cieux,

Vous conseille l'amour, la pudeur, la sagesse.

L'enfant, c'est un feu pur dont la chaleur caresse ;

C'est de la gaieté sainte et du bonheur sacré ;                      

C'est le nom paternel dans un rayon doré ;

Et vous n'avez besoin que de cette humble flamme

Pour voir distinctement dans l'ombre de votre âme.

Mères, l'enfant qu'on pleure et qui s'en est allé,                 

Si vous levez vos fronts vers le ciel constellé,

Verse à votre douleur une lumière auguste ;

Car l'innocent éclaire aussi bien que le juste !

Il montre, clarté douce, à vos yeux abattus,

Derrière notre orgueil, derrière nos vertus,

Derrière la nuit noire où l'âme en deuil s'exile,

Derrière nos malheurs, Dieu profond et tranquille.

Que l'enfant vive ou dorme, il rayonne toujours !

Sur cette terre où rien ne va loin sans secours,

Où nos jours incertains sur tant d'abîmes pendent,

Comme un guide au milieu des brumes que répandent

Nos vices ténébreux et nos doutes moqueurs,

Vivant, l'enfant fait voir le devoir à vos cœurs ;

Mort, c'est la vérité qu'à votre âme il dévoile.

Ici, c'est un flambeau ; là-haut, c'est une étoile.

 

Victor Hugo (Les rayons et les ombres)

 

photos407
Vendredi 17 Avril 2015 à 07h48 dans Poèmes de Victor HugoPoster un commentaire
Horloge
Statistiques
  • 4 connecté(s)
    Total de 2 031 437 visiteur(s)
    Site créé le 13/06/2007
    Mise à jour le 06/02/2016
Citation du jour
  • " On ne diminue jamais le bonheur en le partageant." . "
    (Bouddha) 
Moteur de recherche

Ce blog est en cours de transfert vers la base de données d'Eklablog. Il n'est disponible qu'en mode lecture.