05 Septembre 2015, Ste Raïssa
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Accueil » Poemes de Maurice Carême
  Articles de cette rubrique :
 

 

La porte magique

 

Le roi vint pour ouvrir la porte

Avec son sceptre et sa clé d’or.

Le roi vint pour ouvrir la porte.

Il lui fallut rester dehors

 

La reine vint avec l’anneau,

La clé d’argent et son camée.

La reine vint avec l’anneau,

Mais la porte resta fermée.

 

Puis vint un mage avec sa pie,

Ses talismans et sa clé rouge.

Puis vint un mage avec sa pie,

Mais aucun des verrous ne bouge.

 

Lors, on manda le serrurier

Avec les mille clés du monde.

Lors, on manda le serrurier

La porte ne frémit d’une ombre.

 

Alors, un pauvre homme arriva

Par hasard devant cette porte.

Alors, un pauvre homme arriva

Et il l’ouvrit sans embarras

Avec un simple bout de bois.

 

Maurice Carême (Complaintes)

 

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Vendredi 04 Septembre 2015 à 07h47 dans Poemes de Maurice CarêmePoster un commentaire

Le cerisier

 

Un cerisier se mit à rire

Sans savoir pourquoi.

Les moineaux, tous à la fois,

Rirent de l’entendre rire.

 

Ce rire gagna les maisons

Et, par-dessus les bois,

Déferla jusqu’à l’horizon.

 

« Que se  passe-t-il dans le monde ? »

Dit Dieu surpris.

Il vint à la fenêtre ronde

Du paradis.

 

Et comme, autour du cerisier,

Le monde riait aux éclats

Sans savoir pourquoi,

 

Dieu lui-même dut se cacher

Le visage dans les mains

Pour que les anges et les saints

Ne le voient pas rire pour rien.

 

Maurice Carême (La lanterne magique)

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Mardi 01 Septembre 2015 à 09h02 dans Poemes de Maurice Carême1 commentaire(s)

L’artiste

 

Il voulu peindre une rivière ;

Elle coula hors du tableau.

 

Il peignit une pie-grièche ;

Elle s’envola aussitôt.

 

Il dessina une dorade ;

D’un bond, elle brisa le cadre.

 

Il peignit ensuite une étoile ;

Elle mit le feu à la toile.

 

Alors, il peignit une porte ;

Au milieu même du tableau.

 

Elle s’ouvrit sur d’autres portes,

Et il entra dans le château.

 

Maurice Carême (Entre deux mondes)

 

Lac du Sautet (34)
Dimanche 30 Août 2015 à 16h20 dans Poemes de Maurice CarêmePoster un commentaire

L’homme et le chien

 

Il ne voyait rien, il ne cherchait rien,

Il se contentait d’avoir un grand chien.

 

Á qui il parlait, à qui il riait

Comme à un ami qui  lui ressemblait.

 

Á deux, ils formaient surement quelqu’un,

Quelqu’un de très bon, quelqu’un de très bien.

 

Traversant la vie sans souci aucun,

Simplement content d’être très content,

 

De ne désirer rien d’autre vraiment

Que d’être ici-bas un homme et un chien.

 

Maurice Carême (Au clair de lune)

 

Cascade de la Pisse de Lanchâtra (2)
Jeudi 27 Août 2015 à 22h32 dans Poemes de Maurice Carême1 commentaire(s)

 

Mon frère Charles d’Orléans

 

Mon frère Charles d’Orléans

Je suis pauvre et tu étais riche,

Mais je n’ai pas laissé en friche

Mon maigre carré de froment.

 

Petits métiers, petits paniers,

Mes grands-parents étaient forains

Et ils n’avaient sur leur quartier

Qu’un cerceau et un arlequin.

 

On dit  qu’en ton château de Blois,

Les fontaines montaient si claires

Que l’on y voyait au travers

S’abreuver les chevreuils du roi.

 

Mais ma mère était reine

Couronnée de vrais liserons

Dans la plus petite maison

De l’étroite rue des Fontaines.

 

Maurice Carême (Brabant)

Sur la route du Col du Noyer (11)
Vendredi 21 Août 2015 à 09h29 dans Poemes de Maurice CarêmePoster un commentaire

 

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La Vie

Comme il passait sur le sentier,
Il vit la vie dans un pommier,

La vie qui récoltait les pommes
Tout comme l’aurait fait un homme.

Elle riait, riait si haut
Qu’autour d’elle tous les oiseaux

Chantaient, chantaient si éperdus
Que nul ne s’y entendait plus.

La mort, assise au pied de l’arbre,
Aussi blanche et froide qu’un marbre,

Tenait à deux mains le panier
Où les pommes venaient tomber.

Et les pommes étaient si belles,
Si pleines de jus, si réelles

Que la mort, lâchant le panier,
S’en fut sur la pointe des pieds.

Maurice Carême

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Lundi 17 Août 2015 à 08h14 dans Poemes de Maurice CarêmePoster un commentaire

Le Cœur Pur

 

Il se contentait d'être
Heureux sans le paraître.
Et, se moquant des grands,
Il vivait comme un gueux,
Fuyait les gens sérieux
Et la gloire et l'argent.
On l'aurait volontiers
Arrêté, enfermé.

Mais quel homme au cœur pur
Ne traverse les murs

 

Maurice Carême

Chapelle Sainte Marie l'Egyptienne  Le Cros (16)
Samedi 15 Août 2015 à 08h32 dans Poemes de Maurice CarêmePoster un commentaire

Simple Vie

C'est du soir en fruit,
De la nuit en grappe
Et le pain qui luit
Au clair de la nappe.

C'est la bonne lampe
Qui met, sur les fronts
Rapprochés en rond
Sa joie de décembre.

C'est la vie très simple
Qui mange en sabots,
C'est la vie des humbles :
Sourire et repos.

Maurice Carême

scane 452
Mercredi 12 Août 2015 à 08h41 dans Poemes de Maurice CarêmePoster un commentaire
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Quand Les Chevaux Rentrent Très Tard

Il arrive que, rentrant tard
Par les longues routes du soir,
Les chevaux tout à coup s'arrêtent,
Et, comme las, baissent la tête.
Dans la charrette, le fermier
N'esquisse pas le moindre geste
Pour les contraindre à se presser.
La lune, sur les blés jaunis,
Vient lentement de se lever,
Et l'on entend comme le bruit
D'une eau qui coule dans l'été.
Quand les chevaux rentrent très tard,
Le fermier ne sait pas pourquoi,
Le long des routes infinies,
Il les laisse avidement boire
Aux fontaines bleues de la nuit.

Maurice Carême

 

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Dimanche 09 Août 2015 à 09h51 dans Poemes de Maurice CarêmePoster un commentaire

A force d’aimer

 

A force d'aimer
Les fleurs, les arbres, les oiseaux,

      A force d'aimer
Les sources, les vals, les coteaux,
      A force d'aimer
Les trains, les avions, les bateaux,
      A force d'aimer
Les enfants, leurs dés, leurs cerceaux,
      A force d'aimer
Les filles penchées aux rideaux,
      A force d'aimer
Les hommes, leur rage de ciel,
      A force d'aimer
Il devint, un jour, éternel

 

Maurice Carême

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Vendredi 07 Août 2015 à 07h44 dans Poemes de Maurice CarêmePoster un commentaire
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Photo Renal
Mardi 04 Août 2015 à 19h58 dans Poemes de Maurice Carême1 commentaire(s)

Prière Du Poète

Je ne sais ni bêcher, ni herser, ni faucher,
Et je mange le pain que d’autres ont semé.
Mais tout ce que l’on peut moissonner de douceur,
       Je l’ai semé, Seigneur.

Je ne sais ni dresser un mur de bonne pierre,
Ni couler une vitre où se prend la lumière.
Mais tout ce que l’on peut bâtir sur le bonheur,
       Je l’ai bâti, Seigneur.

Je ne sais travailler ni la soie, ni la laine,
Ni tresser en panier le jonc de la fontaine.
Mais ce qu’on peut tisser pour habiller le cœur,
       Je l’ai tissé, Seigneur.

Je ne sais ni jouer de vieux airs populaires,
Ni même retenir par cœur une prière.
Mais ce qu’on peut chanter pour se sentir meilleur,
       Je l’ai chanté, Seigneur.

Ma vie s’est répandue en accords à vos pieds.
L’humble enfant que je fus est enfant demeuré,
Et le peu qu’un enfant donne dans sa candeur,
       Je vous l’offre, Seigneur.

Maurice Carême

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Samedi 01 Août 2015 à 10h57 dans Poemes de Maurice Carême2 commentaire(s)

Il offrait du cœur

 

Donc, il offrait du cœur
Avec un tel sourire
Qu'on s'empressait d'ailleurs
En tous lieux de le dire.

On en voulait partout,
Mais on finit pourtant
Par se demander où
Il en trouvait autant.

Et il riait dans l'ombre.
C'était son propre cœur
Vaste comme le monde
Qu'il offrait à la ronde,

Offrait pour un sourire
Qui répondait au sien,
Offrait rien que pour dire
Aux gens : "Portez vous bien"

 

Maurice Carême

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Jeudi 30 Juillet 2015 à 12h54 dans Poemes de Maurice Carême1 commentaire(s)
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Maurice Carême

 

Maurice Carême est né le 12 mai 1899, à Wavre, en Belgique, dans une famille modeste. Son père est peintre en bâtiment, sa mère tient une petite boutique. Il fait des études primaires et secondaires dans sa ville natale.  Son enfance campagnarde heureuse sera pour lui une grande source d'inspiration. En 1914, il écrit ses premiers poèmes, inspirés par une amie d'enfance. Élève brillant, il entre à l'École normale primaire de Tirlemont. Son professeur, Julien Kuypers, l'encourage à écrire et lui révèle la poésie française du début du xxe siècle. Il découvre également les grands poètes de Flandre. Il est nommé instituteur en 1918, et s'installe à Bruxelles. L'année suivante, il dirige une revue littéraire, Nos jeunes, qui devient La Revue indépendante. Il noue ses premiers contacts littéraires et artistiques (avec le poète Edmond Vandercammen, le peintre Félix De Boeck). Il se marie en 1924 avec une institutrice, Andrée Gobron (Caprine). Son premier recueil de poèmes, 63 illustrations pour un jeu de Voie, paraît en décembre 1925, en 1926,  Hôtel bourgeois, en 1930, Chansons pour Caprine, puis, en 1932, Reflets d'hélices. En 1930, il découvre la poésie écrite par les enfants: une remise en question fondamentale qui le fait revenir à une grande simplicité de ton. Il publie deux  essais consacrés à  ces textes d'enfants  dont il fut l'éveilleur: en 1933, Poèmes de gosses et, en 1936, Proses d'enfants. Le recueil Mère paraît en 1935. Il inspire à Darius Milhaud sa Cantate de l'enfant et de la mère. En 1943, il quitte l'enseignement pour se consacrer à la littérature. Il se lie la même année avec Jeannine Burny pour laquelle il écrit La Bien-aimée en 1965, qui préside désormais la Fondation Maurice-Carême, créée en décembre 1975 par le poète, et est également conservateur du musée Maurice-Carême. Son œuvre, qui comprend plus de quatre-vingts recueils de poèmes dont La Lanterne magique, 1947, Brabant, 1967, Au clair de la lune, 1977- des contes, romans, nouvelles, essais et traductions, a valu à l'auteur d'être élu Prince en poésie en 1972. Maurice Carême est mort en 1978. Empreints de clarté, de simplicité, les textes sonnent souvent comme des chansons naïves, des complaintes ou de petits contes. Ils nous parlent du rêve, de l'imagination, des personnages des contes de fées, du quotidien aussi.!

Ils chantent l'enfance, les bêtes, la lumière et la fantaisie de la nature. Il y a chez Maurice Carême le désirde transmettre son amour de la joie, de la bonté, et son bonheur confiant dans le monde.

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Jeudi 30 Juillet 2015 à 12h45 dans Poemes de Maurice CarêmePoster un commentaire

La fillette et le poème

 

"Le poème, qu'est-ce que c'est ?
M'a demandé une fillette :
Des pluies lissant leurs longues tresses,
Le ciel frappant à mes volets,
Un pommier tout seul dans un champ
Comme une cage de plein vent,
Le visage triste et lassé
D'une lune blanche et glacée,
Un vol d'oiseaux en liberté,
Une odeur, un cri, une clé ?"

Et je ne savais que répondre
Jeu de soleil ou ruse d'ombre ? -
Comment aurais-je su mieux qu'elle
Si la poésie a des ailes
Ou court à pied les champs du monde ?

 

Maurice Carême

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Dimanche 26 Juillet 2015 à 08h37 dans Poemes de Maurice Carême1 commentaire(s)
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