• Poèmes de Christiane Gaud-Descouleurs : Le pas de la porte

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    Le pas de la porte

     

    La porte a ses nuances.

    A peine ouverte,

    un peu fermée,

    elle fait la maison chaude ;

    s'il fait très froid dehors,

    elle l'empêche d'entrer.

     

    La porte a ses secrets.

    Elle est serrure

    et bonne clé.

    Et tout peut s'écrouler

    quand on perd le trousseau

    qui permet de passer.

     

    La porte a ses mystères.

    Elle se fait dure

    menace de grincer

    et fait trembler les murs

    si l'on oublie d'huiler

    les gonds sur le côté.

     

    La porte a ses effets.

    Elle ouvre sur le monde

    ou sur l'intimité.

    Il est bon de veiller

    sur l'oiseau dans le nid

    et sur son envolée.

     

    La porte a ses surprises.

    C'est un voisin qui frappe

    au moment du dîner.

    De la porte à la table,

    il n'y a que le pas

    du pain à partager.

     

    La porte a ses pudeurs.

    Elle peut rester étroite

    quand on ne s'attend pas

    à être dérangé.

    Mais elle peut s'élargir

    au nombre des amis.

     

    La porte a son histoire.

    Un jour, elle claque fort

    et manque sa sortie,

    mais elle s'ouvre toujours

    à celui qui revient

    le cœur gros de chagrin.

     

    La porte a son humour.

    Elle sait tenir sa place.

    Même les coups de pied

    dont elle garde les traces,

    n'empêchent pas l'amour

    d'entrer et de sortir

     

    Car la porte, c'est l'avenir

    et la pierre qui s'use

    à force de passer

    s'appelle « pas »

    non « pas » en arrière...

    mais « pas » en avant.

     

    Pas de la porte pour le passant,

    là, devant

    pour le passage à l'au-delà,

    pour le passage à l'Autre,

    le Vivant,

    Celui qui fait passer

    du côté de la joie.

     

    Christiane Gaud-Descouleurs 

     

  • Commentaires

    1
    Pestoune
    Lundi 18 Mai 2015 à 13:08
    Joli poème sur le sens de la porte. Mais il y a aussi nos portes intimes : celles de nos coeurs qui se ferment parfois aux autres pour se protéger ou par indifférence ; celles de nos esprits étriqués lorsqu'on entre dans un obscurantisme qui nous empêche de nous ouvrir au monde ; celles de nos pensées qui peuvent nous isoler dans la douleur et la solitude à trop les garder fermer. Mais je le lis dans le poème de cette auteure en double sens. Merci pour ces merveilles que tu nous dégottes au quotidien. Bonne journée Renal.
      • renal Profil de renal
        Lundi 18 Mai 2015 à 15:12
        Merci à toi de passer sur mon blog lire toutes ses belles poésies Moi aussi j'ai lu ce poème dans les deux sens.Bonne journée. Nicole.
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