• « Il n’est qu’un problème, un seul de par le monde, rendre aux hommes une signification spirituelle, des inquiétudes spirituelles : faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien.»

    Antoine de Saint-Exupéry

     

    La ferveur pour le gratuit et pour l’invisible est probablement ce qui manque le plus au monde moderne. Ce déficit de ferveur et de transcendance explique le désenchantement de nos sociétés résolument inscrites dans l’individualisme et le matérialisme, et ne sachant plus tourner les yeux vers le ciel. Tous les autres mondes ont été des mondes de quelque spiritualité, comme le remarquait Péguy. Seul le monde moderne prétend s’affranchir des bénédictions célestes et de la force souverainement active de l’Esprit. Nous ressentons pourtant la même soif de l’âme qu’au début des temps, et cette soif demeurera inapaisée et nous continuerons d’errer dans le désert de nos solitudes existentielles, tant que nous ne consentirons pas à remonter à la Source véritable qui seule délivre l’eau vive et la joie qui n’a pas de fin.

     

    François Garagnon http://www.montecristo-editions.com

     

    2013-08-19 12.47.39La Valette (34)

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  • « C’est en se donnant que l’on reçoit, c’est en s’oubliant que l’on se retrouve soi-même.»

     Saint François d’Assise

     

    Le grand poète Hölderlin a eu un jour ce mot étonnant : « Dieu a créé l’homme comme la mer a créé les continents : en se retirant »… Créer non pas en s’affirmant mais en s’effaçant.Voilà bien une approche contraire à notre psychologie, à nos principes les plus solidement ancrés, à nos certitudes les plus immédiates. En effet, tout conspire dans le monde à entretenir l’illusion qu’il faut s’affirmer pour se construire. Pourtant, nous sentons bien intuitivement, même lorsque nous prétendons maîtriser notre vie, que quelque chose nous échappe, se joue en nous tout en se jouant de nous, et ne peut dépendre de notre seule volonté — aussi tenace soit-elle. L’amour, s’il est grand, nous dépasse littéralement. Plus nous nous effaçons devant l’être aimé, et plus la vérité de notre amour grandit. C’est un peu comme le vide que nous devons faire en nous pour être en mesure d’accueillir la plénitude. Ils’agit donc moins de prétendre s’affirmer ou se construire, que de se désencombrer et de se donner.

    On n’est jamais mieux soi-même qu’en s’oubliant soi-même : avant de contester cet apparent paradoxe, expérimentez-le!

     

    François Garagnon http://www.montecristo-editions.com

     

    2013-08-18 12.28.47Mellieha Bay Hotel (11)

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  • « Dans une cave, un diamant est un caillou.Sous les rayons du soleil, il devient un enchantement.Tous les êtres humains sont des diamants pour qui les aime.»  Jean Harang

     

    Un regard triste ne percevra que de la tristesse dans le monde.Mais un cœur émerveillé trouvera toujours de la beauté à contempler, y compris dans la pauvreté et la misère. Il faut voir le monde tel qu’il est et non tel qu’on le rêve ! prétextera le réaliste. Mais l’importance est plus dans le regard que dans la chose regardée ! À qui donner raison : au pessimiste qui voit déjà le verre à moitié vide, ou à l’optimiste qui voit encore le verre à moitié plein ? Tous deux sont dans le vrai et perçoivent la réalité telle qu’elle est : simplement, le pessimiste s’en désole, tandis que l’optimiste trouve le moyen de s’en réjouir.  De la même manière, un être aimé est une merveille vivante, mais pour celui qui le croise dans la rue, ce sera une personne très ordinaire… Convertir son regard à la lumière de l’amour, c’est voir le monde dans tout l’éclat de sa splendeur.Si nous y parvenons, alors nous aurons le cœur assez poète, à la suite de Christian Bobin, pour voir dans chaque journée qui passe, « une fleur qui s’ouvre à la lumière dans un mouvement très lent, insaisissable à l’œil nu»

     

    François Garagnon http://www.montecristo-editions.com

     

    2013-07-15 15.21.56Sentier cotier vers Port Tudy (Groix) (1)

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    «Le petit poisson perdu dans l’océan dit : « Excusez-moi, je cherche l’océan.Pouvez-vous me dire où le trouver ?»

    Anthony de Mello

     

    « Le plus souvent, remarquait plaisamment Gustave Droz, on cherche son bonheur comme on cherche ses lunettes : quand on les a sur le nez »… C’est là l’une des curieuses caractéristiques de l’être humain de ne pas savoir reconnaître spontanément le bonheur lorsqu’il se présente, mais de devoir souvent attendre l’heure des souvenirs pour en reconnaître toute la valeur et l’irremplaçable portée. Voilà pourquoi nous sommes essentiellement heureux en souvenirs. Ne parle-t-on pas couramment du bon vieux temps ? Le Carpe Diem d’Horace (que l’on retrouve sur les cadrans solaires) nous invite à cueillir le jour et à saisir l’instant dans sa saveur et sa plénitude. Lorsque nous dégustons un mets délicieux, attendons-nous l’heure des souvenirs pour nous en réjouir ? Faisons de même avec les bons moments de l’existence : sachons les déguster avec délectation, au lieu de les absorber distraitement.Ayons ce savoir-vivre : soyons des gastronomes de l’instant, devenons d’authentiques “bons vivants”

    François Garagnon http://www.montecristo-editions.com

     

    2013-07-15 11.27.17Journée sur le BRO Warok, pour l'île de Groix (21)

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  • « Le secret de la vie, c’est de connaître sa mesure ; le but c’est de la fournir ; le moyen, c’est de choisir une sphère d’action proportionnée.ˆ»

    Eugène Fromentin

     

    Discernement, action, adaptation : s’il fallait choisir trois mots pour répondre à l’énigmatique “Deviens ce que tu es”, ce pourrait être ces trois-là. À l’heure des premiers choix de notre vie, nous sommes un potentiel inexploité.Tout nous est possible.ˆTout ? Pas tout à fait. Nous disposons d’une liberté illimitée dans le cadre limité de ce qui nous est destiné. Nous ne pouvons pas tout faire ; il y a des choses que nous ne saurons jamais faire. Mais il reste à notre portée de nombreux “possibles” et c’est à nous de choisir parmi tous ces appels du destin, en fonction de notre tempérament et de notre talent, de notre persévérance et de nos affinités électives. Se connaître (dans ses aptitudes comme dans ses limites), s’engager (c’est-à-dire traduire ses intuitions et ses élans en actions), s’adapter enfin (à la mobilité du réel, aux opportunités comme aux contretemps), voilà en effet le meilleur moyen d’exprimer ce que l’on est.

     

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  • « Vous êtes une flûte par laquelle le murmure des heures se transforme en musique.

    Khalil Gibran

     

    « Le comble du vulgaire, prévenait Chesterton, est de passer à côté du sublime sans s’en apercevoir ». Et nous frôlons ce péril presque chaque jour, puisqu’il n’est pas une journée sans que n’advienne un événement un peu particulier qui, sous son apparente banalité, ne recèle une part de sublime. Aussi vrai qu’une allumette s’enflamme par frottement, il nous faut, pour créer une étincelle dans notre vie (c’est-à-dire donner le meilleur de notre ardeur, de notre enthousiasme, de notre flamme), nous frotter à la rencontre bienveillante des autres et des événements. C’est par le souffle de notre vie que nous mettons en musique le temps qui passe.ˆEt c’est quand ce mouvement en nous se faitdésir d’harmonie que notre respiration devient hymne à la vie.

     

     

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    douceur12105

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    « Je dormais et je rêvais que la vie n’était que joie. Je m’éveillais et je vis que la vie n’est que service. Je servis et je compris que le service est joie. »

    Rabindranath Tagore

     

    « Être capable de trouver sa joie dans la joie d’un autre » : ainsi Bernanos exprimait-il son secret du bonheur. Ce qui rejoint l’idée de Morellet selon laquelle on ne trouve pas le bonheur en le cherchant, mais en le donnant nous aimerions bien sûr que tout se déroule selon nos désirs ou notre volonté, dans une sorte de cadencement heureux des jours et des nuits. Et voilà que nous découvrons l’âpreté de la vie, le travail exigé pour réussir ce qui pourtant nous semblait offert — comme l’amour, l’espérance ou la joie. Nous devons travailler pour les conquérir puis pour les maintenir, pour les restaurer et les pérenniser. Curieusement pourtant, ce travail que nous croyions servitude et point de passage obligé, est déjà l’amour, l’espérance et la joie que nous prétendions rechercher. Observez votre état d’esprit face à l’action : ce n’est ni dans le bon plaisir ni dans le devoir contraint que réside le succès, mais dans l’entre-deux qui réussit l’alliance de la joie et de l’effort…

     

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    FORUM  (33)

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  • « La source la plus directe du bonheur est une humeur enjouée. Cette qualité trouve tout de suite sa récompense en elle-même.»

    Schopenhauer

    Nous ne pouvons espérer trouver l’amour si nous ne le portons pas déjà en nous. Nous ne pouvons espérer trouver le bonheur, si nous ne sommes pas porteur de joie. Pour que des fleurs s’épanouissent dans votre jardin, il vous faut d’abord semer des graines ; il en est de même des sentiments si vous voulez les voir s’épanouir dans votre jardin intérieur… Pour que des projets se réalisent, il vous faut vous mettre en capacité de les réaliser. Alors, les événements s’organiseront d’eux-mêmes, pour vous donner l’occasion de rejoindre votre attente. Faites du vide en vous pour accueillir la plénitude de la vie.

    Soyez canal d’énergie, et la vie vous traversera d’un torrent de bénédictions !

     

    François Garagnon http://www.montecristo-editions.com

     

    IMG_9159

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  • « Faites votre bonheur de tout, même de l’imprévu, la vie est un voyage.»

    Henri Gougaud

    Pourquoi dépensons-nous tant de temps et d’énergie dans la vie à vouloir maîtriser tous les éléments de notre bien-être ? Faut-il que nous soyons aveugles ou méfiants pour ne pas voir à quel point la vie prend soin de nous-même sans que nous n’avons rien d’autre à faire que de nous rendre disponibles aux signes du destin et d’en acquiescer le mouvement.Il s’agit ici de faire l’éloge non pas du fatalisme, mais de l’adaptabilité aux puissances secrètes de la vie.Si nous voulons tout prévoir, comment pourrions-nous avoir une attitude juste et sereine face à l’imprévu ?Et la vie n’est qu’imprévu, puisque tout est bien plus à découvrir qu’à mettre en place.La vie est comme un voyage, que nous préparons : nous avons des images des panoramas que nous allons traverser, l’attente d’un but, et cependant, au moment où nous nous aventurons, où nous accomplissons notre voyage, rien ne se passe véritablement comme nous l’avions prévu…Vraiment, l’attitude la plus positive que nous puissions avoir, c’est de nous placer dans un acquiescement joyeux aux propositions de la vie, et de ne cesser d’exercer ce grand talent : la faculté d’adaptation.

     

    François Garagnon http://www.montecristo-editions.com

     

    Abbaye de Fontevraud (5)

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  • « Tu peux voir le monde obscur ou clair ; suivant comme tu le regardes, il pleure ou il rit. » (Friedrich Rückert)

     

    Il y a, dans une même journée, autant de faveurs que de contrariétés. Tout dépend de l’importance que nous donnons aux unes et aux autres. Le soir venu, notre esprit peut rester focalisé sur tel incident de la journée, et s’en assombrir, ou au contraire se fixer sur un événement minuscule porteur d’une beauté ou d’une espérance capitale, et s’en trouver illuminé. Un même événement peut être considéré comme anodin ou comme déterminant, selon la résonance qu’il a en nous. Et la même réalité peut être considérée comme négative ou bénéfique selon la faculté d’interprétation et de transformation de celui qui la reçoit. Dans “Philosophie du Quotidien”, j’avais imaginé la conversation suivante :

    — Le temps qui passe est mauvais, dit le fruit, puisqu’il me fait pourrir.

    — Le temps qui passe est bon, dit le vin, puisqu’il me bonifie.

    — Le temps qui passe n’est ni bon ni mauvais, dit l’arbre, puisqu’il fait à la fois vivre et mourir, puisqu’il est perpétuelle renaissance.

     

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    Abbaye de Fontevraud (17)
     
    Photo Renal

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