• « PASSEUR DE VIES » DE JACQUES SALOME

    EXTRAIT DU LIVRE  « PASSEUR DE VIES » DE  JACQUES  SALOMÉ

     

    Je ne suis certes pas responsable de ce qu’on m’a fait, mais je reste responsable de l’interprétation que j’en ferai.

     

    II y aura un jour dans le monde Une éducation à la beauté. Un enseignement pour permettre au regard de voir, À la parole de fleurir

     

    À la peau de sentir, au toucher d'éprouver, Au goût de s'épanouir

     

    Et à l'oreille d'entendre. Non seulement les murmures de l’imprévisible ou les balbutiements de l'inattendu Mais la gestation permanente du beau dans la créativité de la vie.

     

    Si nous arrivons à échanger autour de ces trois points : attente, apports et zones de tolérance, peut-être sera-t-il plus facile de définir la relation que l’un et l’autre est prêt à vivre, pour laquelle il peut s’engager avec ce qu’il est.

     

    Si nous sommes en accord sur la nature de notre relation, nous pouvons la vivre harmonieusement et l’inventer au présent.

     

     

     

    L’important est d’être suffisamment clair vis-à-vis de l’autre dans ce qu’on lui propose de vivre, en fonction de ce que nous sommes. Le décalage, la souffrance ou les malentendus vont surgir de ce que l’un des deux va changer, au cours de rencontres, de positions relationnelles.

     

    Il faut être capable de proposer une relation qui nourrisse et vivifie chaque rencontre.

     

    Si je ne sais pas m’aimer, je ne pourrais pas aimer quelqu’un d’autre car je serais toujours dans le besoin, et parfois l’exigence, d’être aimé.

     

    Chaque fois que je prends la liberté de faire une demande, je dois prendre aussi le risque de la réponse de l’autre. Sinon ce n’est pas une demande, mais une exigence déguisée. Il faut donc pouvoir se dire et être entendu, ainsi que donner les moyens (l’écoute, le temps, l’espace) à l’autre de se dire et d’être entendu. Voilà ce que j’appelle les bases d’une communication possible, dans laquelle chacun peut nourrir la relation.

     

    Toute relation s’appuie sur quatre éléments : être capable de demander, de donner, de recevoir, de refuser. Tout échange, toute tentative de partage, à la base de la communication humaine, tourne autour de l’un ou l’autre de ces quatre points. La difficulté majeure, qui n’est pas toujours perçue, est que nous demandons, recevons, donnons, ou refusons à l’intérieur d’un système de référence propre, qui ne correspond pas toujours au système de référence de l’autre.

     

    La partie la plus fréquemment maltraitée dans la communication interpersonnelle est le ressenti. Ce n’est pas ce qui s’est passé qui est le plus essentiel dans un échange, c’est comment je l’ai ressenti et qu’est-ce qui a résonné, qu’est-ce qui a été touché chez moi. Nous avons tous, j’ai eu aussi, des surdités et des cécités importantes dans les registres qui étaient essentiels pour l’autre.

     

    Écouter ce sera être capable de redire à l’autre ce qu’il vient d’exprimer ; ce qu’il vient de dire, je l’ai reçu, que cela n’est pas tombé dans le vide entre lui et moi. Entendre s’appuie sur quelque chose de plus, sur ma capacité à me décentrer, à ne pas ramener tout à moi, à ne pas confondre mise en mots et mise en cause, pour permettre à celui qui parle d’entendre, lui, où se situent  son interrogation, sa problématique, ou son véritable désir.

     

    L’écoute la plus maltraitée aujourd’hui est l’écoute de la personne même, ce que j’appelle l’écoute de l’intime. C’est regrettable car cette non-écoute du ressenti, du vécu, renforce la solitude, l’incompréhension, la souffrance intérieure, et incite à rester dans le réactionnel. Cette non-écoute du sensible renvoie à la solitude et coupe la personne des possibles d’un partage.

     

    L’écoute active, c’est savoir entendre le ressenti au-delà du fait, et au-delà du ressenti permettre au retentissement d’émerger, de se dire.  C’est ce qui permet de déboucher sur une communication pleine, dynamique et vivifiante pour chacun des protagonistes.

     

     

    « Je suis un homme, je rencontre et j’aime une femme, qui m’aime également, nous avons donc la base, la trame, pour tenter, si tel est notre désir mutuel, de construire une relation de couple » C’est à ce moment qu’intervient la dimension relationnelle. Il ne suffit pas de s’aimer pour s’allier, s’engager et pouvoir rester ensemble, car l’amour ne peut pas se contenter  « d’être », nous devons le nourrir. Il faut donc une qualité de relation qui alimentera, au sens fort du terme, cet amour et soutiendra, accompagnera, l’évolution de chacun d’entre nous pour nous permettre de partager le meilleur ou le pire.

     

    La solitude, ce n’est pas d’être seul, c’est d’être un mauvais compagnon pour soi. Et la pire des solitudes me semble être la solitude à deux ; quand deux solitudes s’ajoutent et pèsent l’une sur l’autre !

     

    Je dois souvent préciser que les parents sont là pour répondre aux besoins des enfants, mais seulement jusqu'à un certain âge ! Après l’enfant doit apprendre à répondre lui-même à ses propres besoins..


     

    Nous nous pensons ouverts 

    Mais nul ne sait à l’avance 

    Dans l’imprévisible d’un échange 

    Le surgissement émerveillé 

    D’une rencontre vraie. 

      

    Nous avons le droit d’être en colère, pour des raisons qui nous appartiennent. Vous avez le droit d’être en colère contre moi, vous pouvez l’exprimer devant moi, mais cela ne vous donne pas le droit de la déposer sur moi. 

      

    J’appelle quotient relationnel l’ensemble des compétences, des moyens, des outils et des repères dont dispose une personne donnée, pour pourvoir communiquer et entrer en relation et pour entretenir et nourrir ce lien dans la durée que ce soit avec les autres ou avec soi-même. 

      

    Le quotient relationnel d’une personne est palpable, il se sent dès les premières rencontres. Sa manifestation ou son impact suscite chez l’interlocuteur divers sentiments et impressions globales, immédiatement reconnaissables Ils sont repérables à quelques attitudes perçus en soi : lâcher prise, écoute active, disponibilité à une implication plus grande, amplification de ressentis, ouverture aux résonnances et aux associations verbales, meilleur attitude à se responsabiliser pour gérer le bout de sa relation 

      

    Je constate qu'un individu possède un quotient relationnel élevé quand, par sa manière d'être, il induit généralement des relations énergétigènes, créatives, stimulantes et enrichissantes pour l'autre Il est vigilant et collabore le moins possible à entretenir les pollutions et les sabotages qui le constituent

    À l'inverse, je peux constater qu'un individu dispose d'un quotient relationnel moyen ou bas, quand il a tendance à susciter ou à déclencher des relations infantilisantes, énergétivores et aliénantes, pour autrui et lui-même et lui-même. 


    En réalité, le plus grand problème n’est pas de dire la vérité mais d’entrer suffisamment en relation avec quelqu’un pour entendre s’il est prêt à la recevoir, à l’accueillir, pour en faire quelque chose de dynamisant.

     

     

     

    Aimer quelqu’un pour ce qu’il est, et non pas uniquement en fonction de nos propres désirs, ou pour ce qui vient de lui, pour ce qui rayonne de sa personne et qui me réveille, qui me stimule, qui m’anime.

     

    L’amour ne se troque pas, ne se monnaye pas, ne s’échange pas, il s’invente au présent. 

     

    J’ai mis longtemps à découvrir que les mots étaient nécessaires, indispensables, pour communiquer, mais qu’ils n’étaient pas suffisant pour construire une relation dans la durée. Au-delà des mots, il faut accepter de prendre appui sur les autres langages que nous avons à notre disposition : le langage des énergies et celui de la tendresse, celui du toucher ou de la disponibilité. La plus part du temps, nous n’utilisons qu’une  toute petite partie de cette multitude de langages que nous avons à notre disposition.

     

    Il faut laisser le temps aux mots de germer, de croître dans le silence et d’émerger, puis fleurir pour se vendanger dans la fête d’un échange.

     

    J’apprends à aimer, quand j’apprends à m’aimer. Il s’agit d’apprendre l’amour de soi, non pas un amour narcissique, égocentrique, mais un amour de bienveillance, d’estime, de respect, de réconciliation et de réunification de nos dualités

     

    Il ne suffit pas  de naître à l’amour, encore faut-il être capable de le donner, et de le donner, j’insiste gratuitement ! sans contrepartie, sans troc relationnel, sans échange, dans le meilleur de soi, vers le meilleur de l’autre.

     

     

    La plupart du temps, nous sommes trop pleins, trop imbibés de nous-mêmes, ou de choses futiles qui prennent beaucoup de place en nous. Si je suis trop plein de préoccupations, trop plein de mon problème, trop plein de mon conflit, avec mon patron (ou avec qui que ce soit), souvent je ne peux pas recevoir. Je ne sais pas accueillir par exemple, ce que la femme que j'aime veut me donner, ce que cet inconnu peut m’offrir de surprenant ou d'étonnant. Pour pouvoir recevoir il faut, en premier que je lâche prise, que je vide ma bouteille. Ensuite, pour savoir recevoir il faut que j'aie une sécurité suffisamment stable, pour ne pas être menacé par ce que je vais accepter de laisser venir vers moi et entrer en moi.  

      

    Je crois que le rire est la base d’une grande production énergétique. Le rire est un carburant essentiel à l’énergie de vie.  

      

    Différence entre l’estime naturelle de soi et l’inflation du moi, c'est-à-dire l’orgueil  

    « PASSEUR DE VIES » DE  JACQUES  SALOME

    Je vois la différence essentiellement dans la possibilité ou non d'un jeu de pouvoir. Il me semble que lorsque je suis dans l'estime de moi je n'ai nul besoin d'exercer mon pouvoir sur autrui, je n'ai nul besoin d'influencer l'autre, de faire en sorte qu'il soit d'accord avec moi ou qu’il entre dans mon désir.

    Quand je suis dans l'estime de moi, ma relation à autrui ne s'inscrit pas du tout dans une relation de pouvoir, mais dans une relation de partage, de réciprocité, de confrontation possible. En revanche, quand je suis dans l'orgueil de moi, j'introduis tout de suite un rapport de pouvoir, en tentant, évidemment, de l'établir à mon avantage. Quand je suis dans l'orgueil de moi, c'est comme si j'avais besoin d'exercer une influence  sur l'autre afin de lui transmettre mon point de vue, et surtout de lui faire passer l'image que j'ai de moi pour qu’il la fasse sienne. Dans l'estime Me moi, je ne suis confronté qu'à moi-même. Ou je m'estime, ou je ne m'estime pas, mais ce n'est qu'à mes propres yeux. Il y a des .aspects plus complexes à l'orgueil, qui sont d'ordres compensatoires et réparateurs, et qui visent essentiellement à restaurer la façade derrière laquelle, s'agitent tous les pièges de l'ego. 

      

    Tout d'abord, je ne vois pas l'orgueil comme quelque chose de négatif, c'est son excès qui le sera. L'orgueil est semblable à la flexibilité d'une jeune pousse qui, face à une pression, se redresse, témoigne de sa vitalité, de sa présence de son aspiration à la lumière, de sa tentative pour atteindre le soleil!  L'excès, c’est quand l'orgueil pousse cette tige à faire de l’ombre à toutes les autres. 

      

    Ce n’est pas l’argent qui est pervers, c’est l’usage qu’on en fait, et surtout les enjeux qu’il cache et les dérives qu’il suscite. 

      

    Tout combat véritable contre la violence commence à l’intérieur de soi. Combattre la violence en soi, est la première démarche du non-violent. 

    « PASSEUR DE VIES » DE  JACQUES  SALOME


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