• Les écrits d’Etty Hillesum

     

    Extrait du livre : « Les écrits d’Etty Hillesum »

    Journaux et lettres 1941-1943

     

    « Ne pas savoir écouter, montrer de l’impatience, est en partie un manque de respect. Ce qu’un être humain raconte, on ne doit pas seulement le recevoir comme un fait, mais comme l’expression de son être. »

     

    « Quand on estime ne pas recevoir assez de reconnaissance d’un autre, on est par la même dépendant de lui, et du fait de cette dépendance, dépourvu d’autonomie. Moins on attend d’autrui, plus on en reçoit »

     

    « Il suffirait de l’existence d’un seul être humain digne de ce nom pour croire en l’homme et en l’humanité. »

     

    « La connaissance c’est le pouvoir, mais seule la sagesse est liberté »

     

    « Lorsque les gens disent qu’ils ne veulent plus entendre parler de telle ou telle période de leur vie, qu’ils ne veulent pas qu’on leur rappelle ce passé, c’est que quelque chose ne tourne pas rond chez eux. Car de même que les fondations dans un bâtiment, de même le passé forme avec tout ce qu’il contient la condition d’un développement harmonieux, d’une construction solide et inattaquable de la personnalité. Si un élément du passé est ignoré ou « oublié », il se forme une lacune dans la vie psychique de la personnalité, qui rend tout l’édifice psychique branlant et précaire. » 

     

    « Lorsqu’on est pessimiste, en d’autres termes dans des dispositions d’esprit négatives, on émet des ondes négatives et tout  ce que l’on entreprend, que l’on rencontre sera négatif. »

     

    Les dépressions pessimistes doivent être considérées comme des pauses créatrices, au cour desquelles les forces se reconstituent. Si on en  est conscient, les dépressions passeront plus vite. Il ne faut jamais se sentir déprimé à cause d’une dépression. »

     

    L’attirance entre les êtres repose sur le rayonnement. Si l’on est dans des dispositions négatives, du fait des sentiments de culpabilité, d’angoisse, d’infériorité, on n’attire personne, parce que l’on n’a pas de rayonnement. Tout repose ainsi sur deux pôles, qui doivent s’accorder. »

    « Si une personne, du fait d’un plus fort développement intérieur, est capable d’en percer à jour d’autres, cette maturité ne doit pas s’exprimer par une attitude supérieure vis-à-vis  des autres, moins développé, mais au contraire par de la tolérance, de la patience et de la compréhension à leur égard.

     

    Quand on en vient à s’accrocher à l’autre, cet autre absorbe vos forces et l’on a de ce fait moins à apporter à son partenaire. On doit être un monde en soi, avec son propre centre, et c’est à partir de ce centre que l’on pourra émettre ses rayons ou ses forces ou tout ce qu’on voudra en direction des autres.

     

    Il y a des gens, je suppose, qui prient les yeux levés vers le ciel. Ceux-là cherchent Dieu en dehors d’eux. Il en est d’autres qui penchent la tête et ma cachent dans leur mains, je pense que ceux-ci cherchent Dieu en eux-mêmes.

     

    « Mais pourquoi devrais-je réaliser quoi que se soit ? J’ai tout simplement à être, à vivre, à tenter d’atteindre une certaine humanité. Tu ne peux pas tout dominer par l’intelligence, laisse donc les fontaines du sentiment et de l’intuition jaillir un peu, elles aussi.

    Seul le savoir qui mène à la sagesse vous apporte le bonheur, en tout cas me l’apporte à moi, et non celui qui mène au pouvoir. Un peu de calme, beaucoup de douceur et un peu de sagesse, quand je sens cela en moi, je vais bien. »

     

    Quand on perdu son centre, tous les êtres et toutes les choses perdent aussi leur place et leur réalité.

     

    L’unique critère dont tu disposes, c’est toi-même. Et l’unique responsabilité dont tu pourras te charger dans cette vie, c’est celle de ta personne, mais  faudra le faire pleinement.

     

    Voilà ce qui doit être l’objectif final : conquérir soi-même une grande simplicité intérieure, mais comprendre jusque dans ses plus fines nuances, la complexité des autres.

     

    N’exige jamais d’un autre ce que tu ne peux donner toi-même. Lorsque je suis moi-même psychiquement déprimée et fatiguée, je m’irrite bien plus facilement que d’ordinaire de l’insipidité et du manque d’entrain que je relève chez les autres.

     

    Cesse de vouloir être plus que tu n’es. En te crispant sur ce désir, tu gaspilles les derniers restes d’énergie dont tu aurais justement besoin pour être ce que tu pourrais être.

     

    Dés que mon amour peut être si grand. L’intérieur en moi fleurit de toutes parts et cet amour ne cesse de se fortifier et de grandir, et j’apprends sans cesse aussi à mieux le porter, au lieu de me laisser écraser sous son poids.

    Il ne faut pas avoir l’ambition d’être, l’inspiratrice de quelqu’un, il ne faut surtout pas vouloir être quoi que se soit, il faut se contenter d’être, mais d’être en fonction de tout son potentiel.

    On ne peut tout de même pas demander aux gens des choses qu’ils sont incapables de donner. On ne peut tout de même pas laisser son imagination divaguer à propos de ce qu’un autre devrait être pour vous.

    En apprenant à connaître ses faiblesses et ses insuffisances et à les accepter, on accroît sa force.

    Il faut apprendre à vivre avec soi-même comme avec une foule de gens. Et l’on découvre alors en soi tous les bons et mauvais côtés de l’humanité. Il faut d’abord apprendre à se pardonner ses défauts si l’on veut pardonner aux autres. C’est peut être l’un des apprentissages les plus difficiles pour un être humain, je le constate bien souvent chez les autres, que celui du pardon de ses propres erreurs, de ses propres fautes. La condition première en est de pouvoir accepter, et accepter généreusement, le fait même de commettre des fautes et des erreurs.

     

    Les écrits d’Etty Hillesum


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