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Extraits de livres lus (Mendiant d'amour)

                      Extrait du livre de Matthieu DAUCHEZ
             «  Mendiant d’amour, à l’école des enfants de Manille »


Résumé :
Le Père Matthieu Dauchez a tout quitté pour les enfants de Manille, les enfants de la rue et de la décharge publique. Très vite, il constate que le vrai défi n'est pas de partir mais de demeurer fidèle au quotidien. Si les souffrances sont extrêmes, les fruits de cette fidélité et les grâces sont immenses. Le Père Dauchez partage ici les leçons de dignité, de courage et d'amour que donnent les plus petits parmi les démunis. Il nous livre un véritable itinéraire spirituel à l'école des plus pauvres.
« Les torrents ne peuvent éteindre l'amour, les fleuves ne l'emporteront pas (Ct 8,7).

Matthieu Dauchez est né le 28 juillet 1975 à Versailles. Il entre au séminaire d'Ars-sur-Formans en 1995. Après deux ans de coopération, il répond au désir du Cardinal Sin, archevêque de Manille, de mettre des prêtres diocésains au service des plus pauvres. Ordonné prêtre en 2004, il est aujourd'hui directeur de la fondation «Tulay ng kabataan» qui accueille les enfants des rues dans des foyers d'insertion.

« Les enfants des rues de Manille ne parlent pas d’amour car les mots, ils le savent, risquent dangereusement de trahir ; ils vivent l’amour. Nous pourrions nous étonner que ces petits êtres, dont les cœurs ont été trahis, puissent tant aspirer à un amour vrai. Mais finalement il n’y a là rien d’étrange ; c’est mystérieux certes, mais bien loin d’être incohérent. De même que la joie se lit sur leurs visages souffrants, de même l’amour déborde de leurs cœurs trahis.
Ils ne veulent pas être « tolérés », ils veulent être aimés et ce désir intense, puissant et vrai ne souffre pas la médiocrité. Ils ne prétendent pas inconsciemment à une espèce de philanthropie adepte des morts, mais plutôt aspirent à ce qui, seul, donne encore sens à leur vie blessée. »

« Aucun motif qu’on puisse me donner pour compenser une larme d’enfant ne peut me faire accepter cette larme. »

« Lorsque nous allons à la rencontre des gangs d’enfants, presque tous les soirs de l’année dans les rues de Manille, avec une équipe d’éducateurs, et que nous passons des heures à essayer de convaincre les uns, et les autres de quitter cet enfer, ce qui est sûr c’est qu’aucun d’entre eux ne viendra dans l’un de nos foyers d’accueil parce que nous leur promettons un bon repas, même s’ils n’ont pas mangé depuis plusieurs jours ; aucun d’entre eux ne quittera la rue parce que nous leur promettons un toit ou un lit même s’il n’ont qu’un carton pour dormir ; aucun d’entre eux ne rejoindra la fondation pour un jeu, un nouveau polo ou je ne sais quelle promesse aussi sincère soit-elle. Un enfant quitte la rue lorsque son cœur comprend : « Veux-tu être mon ami ? » une chose est donc certaine : sa soif n’est pas d’abord matérielle. »

« Aujourd’hui le monde se construit autour de l’Homme, et sans complexe, la société dite civilisée a mis Dieu c'est-à-dire la Vie en orbite. Le créateur n’est plus qu’un facteur plus ou moins influent, c’est tout. Et le résultat est déplorable. L’homme se regarde tellement le nombril que seule la garde rapprochée de ce petit trou ridicule au milieu du ventre, a droit aux hommes : l’estomac au dessus, le sexe en-dessous. Tout le reste n’est plus qu’un instrument au service de ces deux lieutenants. »

« L’espérance est le baume le plus doux et le plus puissant que l’on puisse appliquer sur une blessure du cœur. »

« La prière des enfants est sans aucun doute l’arme spirituelle la plus puissante et la plus pure : puissante parce que le cœur du Bon Dieu privilégie leur intercession ; pure parce que les enfants ne multiplient pas les paroles pour demander. Ils sont là, c’est tout. Ils offrent leur présence. »

« La prière des enfants est pure. Elle est aussi ce temps où le pardon, prélude à toute vraie espérance, naît et s’accomplit. »

« Ceux qui sèment dans les larmes moissonneront dans la joie. »

« Quoi qu’il en soit et bien qu’il soit inévitable d’avoir un nœud au ventre en voyant un enfant verser de chaudes larmes devant soi, nous nous réjouissons souvent de voir pleurer les « caïds de Manille ». Je ne parle évidement ni de pleurnicheries ni de lamentation, mais bien d’un vrai sanglot, celui qui laisse couler, le plus souvent silencieusement, les perles du cœur ou plutôt ses épines. »
« Les larmes disent des secrets que la parole ne peut dire » disait si justement Ernest Hello. Elles expriment la souffrance que le cœur n’arrive plus à porter, l’émotion qu’il ne domine plus, la joie qu’il ne contient plus, le pardon qu’il veut crier et l’amour qui déborde. Les larmes sont le cri silencieux du cœur et font éclore des germes de paix. »

« Pourtant il évident qu’à l’homme fièrement debout, Dieu préfère sans aucun doute celui qui, humblement, se relève, au succès, la loyauté. Nous confondons souvent « fruits » et « résultat », mes les fruits  que Dieu attend, proviennent d’un arbre qui s’appelle « fidélité », non pas des ronces du succès. »

« Les enfants se battent d’abord et avant tout contre eux-mêmes et la persévérance avec laquelle ils se relèvent après chaque chute est édifiante. Leurs victoires ne sont pas d’abord des victoires pour l’avenir, mais des victoires pour l’éternité, et seuls ceux qui vivent réellement au présent peuvent le comprendre. »

« La fidélité est assurément une clé de lecture de tous les évangiles, une porte au Paradis. Le plus dur n’est pas de répondre « oui » à sa vocation mais de dire « oui » tous les jours. Le plus dur n’est pas d’aller où Dieu nous demande d’aller mais d’y rester. Le plus dur, pour ces enfants, n’est pas de quitter la rue, mais de ne pas y retourner. »

« L’esprit d'enfance englobe ainsi tout ce qui met en mouvement le cœur d'un enfant dans une recherche simple, pure et authentique de la seule quête qui mène quelque part : l'amour.
Néanmoins il ne faut pas condamner trop sévèrement la naïveté qui, chez les enfants justement, donne souvent une touche merveilleuse de gaieté. Les anecdotes sont nombreuses et le sourire souvent difficile à maîtriser lorsqu'un enfant nous expose avec un sérieux doctoral ses réflexions sur tel ou tel sujet. »
 
« Les enfants s'émerveillent; ils savent goûter l'étonnement et en tirent des fruits que nous avons, nous, tendance à gâter soit par lassitude, soit par orgueil. L'un des aspects qui impressionnent le plus les visiteurs qui passent à la fondation, c'est l'accueil enthousiaste et infatigable qu'offrent les enfants à tous ceux qui entrent. Ils vous ont vu la veille et l'avant-veille mais vous retrouvent très chaleureusement aujourd'hui comme s'ils vous avaient quittés depuis des mois, exprimant une joie vraie et sincère. »
 
Qui peut encore se demander d'où viennent les sourires magnifiques et contagieux que les enfants offrent inlassablement à ce monde qui les fait pourtant souffrir? Qui peut encore s'étonner de ce que ces enfants, pauvres parmi les pauvres et préférés du Bon Dieu, sont, sans l’ombre d'un doute, plus apaisés et rayonnants que notre voisin de banquette dans la rame de métro de la ligne 6 ? Qui peut encore douter que la joie, la vraie, ne réside pas dans l’illusion du plaisir et de l'euphorie, mais dans l’Espérance qui ne déçoit point. »
 
« Innocence audacieuse, fruit de la grâce. La joie spirituelle n’est assurément pas celle qui enivre mais celle qui accomplit. »

« Il faut comprendre à quel point l’homme est poussière et misère pour comprendre à quel point Dieu est Amour. Nous ne pouvons rien sans Dieu, c’est une évidence, un lieu commun même, mais ce sont bien les épreuves et la souffrance qui nous apprennent à saisir en profondeur la mesure de ces mots. »

« Nous ne pouvons pas donner notre vie au Bon Dieu, comme on donne un trésor ou un privilège, nous ne pouvons, que Le laisser nous la prendre parce que seule notre volonté nous appartient vraiment. »

« Les pauvres, les miséreux, les gamins des rues, les enfants de bidonvilles o de la décharge sont tous les porte-étendards de cette victoire. Ils crient sur les toits du monde la dignité de leur infirmité, la noblesse de leur dénuement, l’immense richesse de leur pauvreté. Ils gardent les pieds sur terre, ils la piétinent même, mais tournent leurs regards vers le Ciel, et de ce fait, oriente le nôtre. »

« Nous devons apprendre jour après jour à sculpter nos âmes, dans chaque petit acte de la vie quotidienne. Plus ce que nous faisons peut sembler ordinaire, plus l’amour que nous devons y mettre doit être extraordinaire. Se contenter de vivre en cherchant exclusivement à éviter le mal n’est pas évangélique. Il faut mourir du désir de faire le bien. Or notre pèlerinage sur terre n’est qu’un long enfantement de l’âme à l’éternité. Il faut donc enfouir l’amour dans le monde, non pas comme un trésor que l’on sache, mais comme une graine que l’on soigne. »

« Arrêtons de chercher le bonheur avec une obsession étriquée, mais suscitons-le plutôt chez notre prochain. Alors seulement nous le retrouverons et pour reprendre les mots du grand Raoul Follereau, « Le bonheur est la seule chose que l’on est sûr d’avoir lorsqu’on l’a donné. »

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Le jeudi 19 janvier 2012 à 21h19 dans Extraits de livres lus
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