• De la vie Heureuse

    Extrait du livre de Sénèque 

    « De la vie Heureuse » 

     

    « La source de nos plus grands embarras, c’est l’habitude où nous sommes de nous façonner au gré de l’opinion, persuadés que ce qu’ils y a de mieux, c’est ce que l’on reçoit avec un grand assentiment et ce dont il y a des exemples nombreux : ce n’est point là une vie raisonnable, mais une vie d’imitation. » 

     

    « La vie heureuse est donc celle qui s’accorde avec sa nature ; on ne peut l’obtenir que si d’abord l’esprit est sain et en possession constante de sa santé ; si de plus il est énergique et ardent, doué des plus belles qualités, patient, propre à toutes les circonstances, soigneux du corps et de ce qui s’y rapporte, mais sans trop de préoccupations ; s’il veille aux autres choses de la vie, sans s’étonner d’aucune ; s’il use des présents de la fortune s :ans être l’esclave. » 

     

    « Je puis encore définir l’homme heureux en disant que c’est celui pour lequel il n’y a d’autre bien ou d’autre mal qu’une âme bonne ou mauvaise, qui pratique l’honnêteté, se contente de la vertu, que le hasard  ne saurait ni élever ni abattre, qui ne connaît pas de plus grand bien que celui qu’il peut se donner lui-même, l’homme enfin pour lequel le vrai plaisir sera le mépris des plaisirs. » 

     

    « Je puis ajouter que l’homme heureux est celui qui, grâce à la raison, ne désire et ne craint rien. » 

     

    « La vie heureuse est donc celle qui s’établit sur un jugement droit et sûr, celle qui est immuable. » 

     

    « Sans la saine raison, nul n’est heureux ; et on n’est pas sain d’esprit, quand au lieu des meilleurs biens on recherche ce qui est nuisible. L’homme heureux est donc celui qui a un jugement droit, qui se contente du présent, quel qui soit, et qui aime ce qu’il a ; celui auquel la raison rend agréable toute situation de fortune. » 

     

    « Proclamez hardiment que le souverain bien est l’harmonie de l’âme. La vertu se trouve nécessairement avec l’harmonie et l’unité ; le désaccord est pour le vice. » 

     

    «  La sagesse ne consiste pas à mépriser les biens de la fortune, mais à en faire un bon usage » 

     

    « Cessez donc d’interdire l’argent aux philosophes ; jamais on n’a condamné la sagesse à la pauvreté. Le philosophe aura d’amples richesses, mais elles ne seront ni dérobées à personne, ni souillées du sang d’autrui ; il ne les devra ni à l’injustice ni à un grain sordide ; elles sortiront de chez lui aussi honnêtement qu’elles y sont entrées, la malignité seule en gémira. » 


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