03 Septembre 2014, St Grégoire
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Cette chose…..

 

« Parle-moi de cette chose qui rend l’instant pareil à l’éternité et qui, déjà, s’est enfui quand on veut la contempler…

-        Ah ! De cette chose, il y a tant et tant à dire, et à contredire !

Cette chose éternellement fragile, infiniment sensible, qui fait tout à la fois notre crainte et notre bonheur.

Cette chose qui échappe à notre volonté et fuit lorsqu’on cherche à l’expliquer.

Cette chose qui nous attend là où on ne l’attend pas, qui nous lie et nous libère, qui donne du poids à notre existence tout en nous rendant pus aérien.

Cette chose qui nous dépasse et qui nous donne l’occasion de nous dépasser.

Cette chose extraordinairement douce et violente à la fois, qui a le pouvoir d’enfanter comme celui de détruire.

Cette chose qui est la clé de nos portes fermées, la fenêtre qui donne sur un coin d’éternité.

Cette chose sans laquelle la vie ne serait pas la vie.

Cette chose si imparfaite et si belle cependant.

Cette chose sur laquelle on se trompe tant et tant, en dramatisant certains instants, et en prenant avec légèreté d’autres, sensibles, graves ou suppliants.

Cette chose pure que la vie meurtrit par la simple usure du temps, par le simple passage des jours qui laissent des traces d’habitude et de solitude.

Cette chose si attachante pourtant, à laquelle quoi qu’il advienne il n’est pas possible de vivre sans continuer d’y croire encore et encore.

Cette chose parfaitement invisible et si magnifiquement présente.

Oui cette chose qui rime avec toujours et qu’on appelle l’amour...

 

(Extrait du livre de François Garagnon, « Bel Amour et Sainte Espérance.)

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A TOI QUI ES VENU PRENDRE

UN RAMEAU.

 

Tu es venu aujourd'hui
pour chercher un rameau de buis.
Tu souhaites qu'il soit béni.
Si tu es venu chercher un porte-bonheur
ou une protection divine,
tu risques d'être déçu.
Dieu, en effet, veut notre bonheur,
mais il nous invite à le bâtir de nos mains.

Mais si tu crois que vivre c'est aimer,
même si la vie ne t'a pas fait de cadeaux,
si tu penses que la justice,
le respect de l'homme et la solidarité
sont des valeurs qu'il faut faire progresser,
si déjà tu essaies de regarder
ce qui se passe autour de toi,
si tu dis bonjour à ton voisin même s’il ne répond pas,
si tu essaies de vivre debout
et si tu agis pour que tout homme soit respecté au travail,
dans le quartier ou ailleurs...
alors prends ce rameau de bon cœur et garde-le chez toi. Il te rappellera ta vocation d’enfant de Dieu.

Si tu vas le porter sur la tombe d’un être cher disparu, Il te rappellera que, depuis la résurrection, la vie est plus forte que la mort.

Ce rameau ne sera pas un porte-bonheur,
mais le signe du bonheur éternel que Jésus nous a promis en nous disant :

« Je suis la vérité, la lumière et la vie »

BENRAMEAUX 3

Une carte du monde déchiré

 

Un père lit le journal, mais son fils le dérange à tout instant. Agacé, il prend une vieille carte du monde, parue dans un journal, la déchire et en jette les morceaux à l'enfant : « Tiens, lui dit-il, refais cette carte. Cela t'occupera. »

Pas facile, n'est-ce pas, pour un petit gamin. Mais le père n'a pas fini de lire l'éditorial, que l'enfant revient tout rayonnant : « Voilà, papa, j ai refait le monde. » En quelques minutes, il avait réussi cette mise en ordre.

« Comment as-tu fait ? », lui demande son père qui ne revient pas de son étonnement en constatant que chaque partie est vraiment à sa place. « Ce n'était pas tellement difficile, dit l'enfant. Au verso se trouvait dessiné un homme ; alors j'ai refait l'homme et le monde se trouvait refait du même coup.

(Inconnu)

abbaye036

 

Nous croyons savoir tant de choses...

 

Nous savons aller vers les étoiles, mais nous ne savons pas respecter le ciel et encore moins l'immensité du cosmos.

Nous savons parler d'amour, mais nous avons tant de difficultés à aimer dans le respect de l'autre et de soi.

Nous savons fabriquer du pain mais nous avons du mal à le partager.

Nous savons faire des enfants mais nous peinons à les élever.

Nous savons créer des œuvres d'art mais nous avons tendance à saccager la beauté.

Nous savons prévoir le temps mais nous violentons la nature.

Nous savons nous émouvoir de la misère du monde

mais nous gaspillons le meilleur de nos ressources en

productions inutiles et en objets dérisoires.

Nous savons soigner avec une redoutable efficacité

mais dans beaucoup de cas nous ne savons pas encore

guérir.

Nous savons déclencher des guerres et les entretenir longtemps, mais nous avons tant de mal à oser vivre en paix !

Nous savons greffer des cœurs et des mains, mais nous manquons de confiance dans la relation avec notre propre corps.

Nous savons modifier des plantes, cloner des animaux mais nous détruisons des milliers d'espèces chaque année.

Nous savons nous déplacer de plus en plus vite, de plus en plus loin, mais nous mettons tellement d'obstacles qui nous empêchent de communiquer avec ceux qui nous sont proche!

Nous savons que nous savons beaucoup, beaucoup de choses, mais nous ne savons pas encore que nous ne savons pas l'essentiel, à savoir le respect de la vie sous toutes ses formes.

 

Jacques Salomé (extrait de « A qui ferais-je de la peine si j’étais moi-même ?)

 

Ile de Ré, Plage de Redoute (1)

Le chasseur d’images

 

Il saute du lit de bon matin, et il ne part que si son esprit est net, son cœur pur, son corps léger comme un vêtement d’été. Il n’emporte point de provision. Il boira l’air frais en route et reniflera les odeurs salubres. Il laisse ses armes à la maison et se contente d’ouvrir les yeux. Les yeux servent de filets où les images s’emprisonnent d’elles-mêmes.

La première qu’il fait captive est celle du chemin qui montre ses os, cailloux  polis, et ses ornières, veines crevées, entre deux haies riches de prunelles et de mûres. Il prend ensuite l’image de la rivière. Elle blanchit aux coudes et dort sous la caresse des saules. Elle miroite quand un poisson tourne le ventre, comme si on jetait une pièce d’argent, et, dès que tombe une pluie fine, la rivière a la chair de poule. Il lève l’image des blés mobiles, des luzernes appétissantes et des prairies ourlées de ruisseaux. Il saisit au passage le vol d’une alouette ou d’un chardonneret. Puis il entre au bois. Il ne perd aucune sourde rumeur, et, pour qu’il communique avec les arbres, ses nerfs se lient aux nervures des feuilles.

Bientôt, vibrant jusqu’au malaise, il perçoit trop, il fermente, il a peur, quitte le bois et suis de loin les paysans mouleurs regagnant le village. Dehors, il fixe un moment, au point que son œil éclate, le soleil qui se couche et dévêt sur l’horizon ses lumineux habits, ses nuages répandus pêle-mêle.

Enfin, rentré chez lui, la tête pleine, il éteint sa lampe et longuement, avant de s’endormir, il se plaît à compter les images.

Dociles, elles renaissent au gré du souvenir. Chacune d’elles en éveille une autre, et sans cesse leur troupe phosphorescente s’accroît de nouvelles venues, comme des perdrix poursuivies et divisées tout le jour chantent le soir, à l’abri du danger, et se rappellent au creux des sillons.

 

Extrait de  Jules Renard « Le sourire de Jules »

 

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Lettre ouverte d'un enfant à ses parents

 

Maman, papa, je vous serais reconnaissant de ne pas toujours chercher à m'expliquer ce que vous avez tellement de mal à comprendre chez moi.

heart

Maman, papa, ne perdez pas trop de temps à me raisonner, à me rassurer pour tenter d'apaiser vos peurs ou avoir le plaisir de me faire entrer dans vos désirs.

 heart 

Maman, papa, pouvez-vous simplement m'écouter, sans tout de suite vous emparer de ce que je dis, sans prendre chacun de mes tâtonnements ou chacune de mes révoltes comme une remise en cause de ce que vous êtes.

 heart 

Maman, papa, je vous en prie, prenez le risque de me frustrer, et même de me faire de la peine en refusant certaines de mes demandes.

 heart 

Maman, papa, je vous remercie infiniment de savoir me dire non, de ne pas m'entretenir dans l'illusion que vous pouvez être tout pour moi, et que moi aussi je suis tout pour vous.

 heart 

Maman, papa, prenez le risque d'entendre mes désirs, mais n'y répondez pas tout de suite. En voulant les satisfaire trop vite, vous risquez de les dévitaliser.

 heart 

Maman, papa, s'il vous plaît, ne revenez pas trop souvent sur un refus, ne vous déjugez pas, restez fermes, c'est comme cela que je peux affronter les réalités qui m'entourent.

 heart 

Maman, papa, pour que je puisse me situer, découvrir mes propres limites, avoir des repères clairs et m'affirmer face à vous, n'hésitez pas à me donner des limites et des interdits.

 heart 

Maman, papa, même si je réagis, si je pleure, même si je te dis à toi, maman, que tu es « méchante et sans cœur », reste ferme et stable. La consistance de ton positionnement me rassure et me construit.

 heart 

Maman, papa, même si je vous déçois, si je t'accuse, toi, papa « de ne rien comprendre », ne m'enferme pas dans mes réactions par un rejet ou un refus sans appel.

 heart 

Maman, papa, par pitié, ne démissionnez pas. Si je tente de vous séduire, résistez ; si je vous agresse, parfois, ne m'ignorez pas. C'est comme cela que je pourrai me faire confiance.

  heart  

Maman, papa, de grâce, vous n'êtes pas obligés d'être des parents 24 heures sur 24, ni même d'être parfaits ! Cela me permettra de souffler un peu et de trouver la bonne distance.

 

Jacques Salomé (extrait de « A qui ferais-je de la peine si j’étais moi-même ?)

 

fleur115

Notre Dame du Flux et du Reflux

 

Notre Dame du fond des âges,

Notre Dame du temps qui passe

Prends pitié de nous.

Qui sommes de passage sur la plage.

 

Notre Dame des flux et des reflux,

Notre  Dame des allées et des venues,

Marche avec nous sur le sable

Avant qu’à jamais s’efface la trace de nos pas.

 

Notre Dame des  Dunes,

Blanches et courbe  collines,

Modelées par la main du vent.

Apaise nos soucis et guéris nous blessures

Avant qu’à jamais nous disparaissions dans les sables du temps.

 

Notre Dame des airs,

L’air léger du matin,

Le vent crissant dans les oyats tremblants,

Emplis nous poumons de plein air

Avant qu’à jamais nous manque le souffle.

 

Au moment du dernier passage O Notre Dame

Et du dernier soupir. Et du dernier regard. Et du dernier baiser.

Souviens-toi  de notre pèlerinage sur la plage

Et conduis-nous dans l’éblouissement de la lumière éternelle.

 

(Inconnu. Trouver sur le mur d’une chapelle sur l’Île de Ré, chapelle en photo ci-dessous)

Ile de Ré, Notre Dame des Flux et des reflux (1)

Si vous faites des projets

 

Si vous faites des projets

Pour vous seul,

Respectez la vie qui est en vous.

 

Si vous faites des projets

Pour une seule minute,

Prenez le temps de vous aimer.

 

Si vous faites des projets

Pour un seul jour,

Apprenez à aimer.

 

Si vous faites des projets

Pour une année,

Semez un grain de blé ou de riz.

 

Si vous faites des projets

Pour dix ans,

Plantez un arbre.

 

Si vous faites des projets

Pour une vie, une seule vie,

Donnez la vie à un enfant.

 

Si vous faites des projets

Pour cent ans, dédiez-vous

A l’éducation des êtres humains.

 

Si vous faites des projets

Pour plusieurs vies, consacrez-vous

A l’amour exclusivement.

 

Si vous faites des projets

Pour l’éternité, militez aujourd’hui

Pour un monde sans violence.

 

Jacques Salomé

 

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L’Amour des autres

 

« Le sens des autres, c’est non pas une vertu, mais un composé de mille vertus, humbles ou brillantes. Le sens des autres, c’est la politesse qui sait écouter et se présenter sous les aspects les plus aimables ;  c’est la compréhension qui fait qu’on se met à la place d’autrui, qu’on entre dans sa peau comme disent les gens de théâtre ; c’est la serviabilité par laquelle on diffère aux besoins et aux désirs du prochain avant même qu’il les ait exprimés ; c’est  la libéralité qui paie ses dettes avec le sourire et ne chicane pas sur les détails ; c’est la générosité toujours prompte à donner et à se donner ; c’est la douceur mille fois plus conquérante que la force ; c’est la gentillesse, cette aimable disposition qui consiste à faire plaisir à tous ; c’est la bonté, portée à l’indulgence et au pardon ; c’est enfin le sens social qui mesure les effets de nos actes sur les communautés et les institutions. (Joseph Folliet)

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Mercredi 05 Février 2014 à 09h17 dans Beaux textes philosophiques et spirituelsPoster un commentaire

L’expérience de l’amour

L’expérience spirituelle vraie commence lorsque l’on découvre, dans les différentes expériences d’amour ou d’amitié, que l’on est aimé pour soi-même. On découvre alors au plus intime de soi que si l’on a pu se donner, livrer le meilleur de soi, c’est d’abord parce qu’on a reçu l’amour de l’autre, peut être inconsciemment. Aimer, c’est accueillir réciproquement au plus intime de son âme, le don de l’autre et lui donner le meilleur de soi. Notre difficulté à aimer est une expérience douloureuse, un sentiment profond d’échec, d’injustice, de culpabilité. On s’en veut, on voudrait disparaître, on se méprise de manquer de volonté et d’énergie. Parfois vient la grâce de la rencontre de quelqu’un qui nous connaît tels que nous sommes, qui nous écoute, ne nous donne aucun conseil et nous aime réellement jusqu’en nos fautes les plus cachées. Pour une fois, l’autre n’est plus mon juge, ni mon conseiller. Peut d’êtres nous aiment jusque là.

(Michel Lecomte extrait de « Choisir la vie ».)

 

abbaye030

Voilà un texte étonnant prononcé devant 9000 dignitaires et notables de toutes races (Grecs, Perses et Mèdes)en 324 avant Jésus Christ. Il concerne les hommes de notre temps.

      SERMENT D’ALEXANDRE LE GRAND

 « Je vous souhaite, maintenant que les guerres prennent fin, d’être heureux avec la Paix. Tous les mortels, dès à présent, qu’ils vivent comme un peuple en paix pour le bonheur commun. Il faut considérer l’univers comme votre propre patrie, avec des lois communes, où les meilleurs, indépendamment de race, gouverneront le pays. Je ne sépare pas les hommes, comme le font les sots, en grecs et barbares. L’origine des gens ne m’intéresse, ni leur race de naissance. Je les distingue seulement avec un critère : la vertu. Pour moi, chaque bon étranger est grec et chaque mauvais grec est pire qu’un barbare.

Si un jour des différences sont nées entre vous, ne prenez pas les armes, mais trouvez des solutions pacifiques. En cas de besoin, je serai votre arbitre. Il ne faut pas considérer Dieu comme un gouverneur autoritaire, mais comme un père commun de tous, de façon que votre conduite ressemble à celle des frères dans la même famille. De ma part, je considère tous les peuples blancs ou noirs, égaux. Aussi, j’aimerais pas que vous soyez seulement sujet de ma Confédération, mais aussi partenaires et participants.

J’essaierai, autant que je le peux, que tout ce que je vous promets soit réalisé.

Le présent serment que nous avons prêté aujourd’hui, il faut bien le garder comme un symbole d’Amour »

 

coeurs213
Mercredi 15 Janvier 2014 à 16h34 dans Beaux textes philosophiques et spirituels2 commentaire(s)

Les béatitudes de la paix


Paix à toi, le pauvre à bout de souffle,
C'est l'Amour qui parle en toi.

Paix à toi, le cœur amoureux,
C'est l'Avenir qui frappe en toi.

Paix à toi qui cries,
C'est l'Espérance qui crie en toi.

Paix à toi qui as mal au ventre de Justice,
C'est le désir qui t'affame et t'assoiffe.

Paix à toi, le cœur battant,
C'est la tendresse qui tisse en toi.

Paix à toi, le veilleur,
C'est le jour qui se lève en toi.

Paix à toi, l'ingénieur de paix,
C'est Dieu qui emprunte ton visage.

Paix à toi, le torturé de Justice.
Tu es libre.

 

Jean Debruynne

Aimer à la manière de Dieu.

Aimer, c’est apprendre à écouter la différence de l’autre. Nous serons toujours différents, mais quand tu sais écouter l’autre différent de toi, tu fais entrer en toi une vision qui n’est pas tienne. L’autre, tu ne le change pas, mais ta vision, oui tu peux la changer.  Qu’est ce que l’autre sent, attend, et que je peux lui donner ? L’amour, c’est ce complément d’être que je donne mais tel que l’autre le désire, et non pas tel que je l’imagine. L’amour c’est  ce complément d’être que, réciproquement, l’autre me donne, mais à sa façon. Je suis persuadée que chacune et chacun d’entre nous connaît suffisamment ce mystère pour au moins l’espérer. Je puise cette foi que j’ai en l’homme dans ma foi en Dieu. A ce mystère, en effet, je donne un visage. « Dieu est amour. » Dieu dans sa passion d’amour pour l’homme, en vient à aimer l’homme à la manière de l’homme, à lui parler à la manière d’un homme, à répondre à ses attentes d’homme. En nous aimant, il ne nous sort pas de notre condition humaine, c’est lui qui vient à elle. C’est lorsque que nous aimons à la manière de Dieu que nous aimons vraiment.

(Sœur Emmanuelle, extrait de « Vivre à quoi ça sert)

 

Communiquer pour mieux s’aimer

« Quand on ne se parle plus, on n’a plus rien à se dire. » Ce qui tue les couples, ce ne sont ni les querelles, ni les difficultés, ni le manque d’argent, ni même l’infidélité. C’est la routine. Quand le silence s’installe, lourd, chargé de non-dits, et donc d’incompréhension, alors un fossé se creuse, de plus en plus difficile à combler au fur et à mesure que les années passent. La communication est un des piliers de la vie du couple. Communication non verbale, qui s’exprime par le corps : regards, attitudes, expressions du visage, sexualité, etc. Et communication verbale : la parole permet de se connaître et donc de mieux se comprendre. Communiquer, c’est se raconter les faits de la journée, se donner les nouvelles, s’informer sur ce qui s’est passé, c’est aussi discuter sur des sujets d’actualités, des projets, etc. Mais ce qui fait l’essence de la communication, c’est quand chacun parle de soi : comment j’ai vécu tel évènement, telle rencontre. Communiquer, ce n’est pas en rester à l’échange d’information mais savoir se dire nos sentiments : «  Je suis en colère, triste, inquiet, préoccupé, fatigué, joyeux, paisible. » Et ensuite exprimer les besoins qui en découlent : j’ai besoin d’attention, de douceur, de tendresse, d’écoute, etc.

Bien communiquer implique de respecter une règle de base : quand l’un parle l’autre écoute. Ce qui implique de savoir parler, et aussi savoir écouter et donc ce taire ! Parler à l’autre est une décision : je vais lui dire ce que je ressens, ce que j’aimerai, je vais en quelque sorte oser un dialogue dans lequel je me livre et me rends vulnérable.

On aimerait tellement que l’autre devine nos pensées : « s’il (elle) m’aimait, il saurait. » Mais l’autre ne devine pas, ne comprends pas, parce qu’il est différent, qu’il n’a pas la même sensibilité ni les mêmes besoins. Si l’on ne dit pas, l’autre ne comprend pas et ne sait pas.

Prendre conscience des peurs qui nous habitent et qui sont de véritables freins à la communication : j’ai peur de ses réactions, de ses colères, de son jugement. J’ai peur qu’elle ne pleure, qu’il ne comprenne pas, j’ai peur de son humour, j’ai peur qu’il rigole, qu’il n’aille raconter cela à sa mère. Avoir repéré ses peurs permet de les dire à l’autre pour qu’il puisse les prendre en compte et y faire attention.

 

Pour parler, il faut se sentir en confiance. En effet exprimer le fond de son cœur, c’est se rendre vulnérable. Si les tentatives d’ouverture rencontrent rejet, moquerie, ironie, non-écoute, elles se solderont par une fermeture immédiate.

Celui qui parle a besoin de quelqu’un qui écoute : si nous avons deux oreilles et une seule bouche, c’est qu’il est peut-être plus important d’écouter que de parler.

Dans le couple, il y a un danger à ne plus écouter, soit par paresse, soit parce que nous pensons savoir ce qui va être dit, soit parce que nous sommes trop occupés, soit parce que nous n’avons pas envie de nous rendre disponible. Quand j’écoute l’autre, je suis centré sur lui (elle) et par cette écoute, je le reconnais comme étant cher à mon cœur.

Dans la vie de couple, deux chemins se présentent à nous : soit l’accueil de l’autre tel qu’il est, soit la fermeture sur moi-même avec mes exigences de changer l’autre. La communication permet à chacun d’exister, d’être reconnu et aimé pour ce qu’il est. Elle est un des matériaux indispensables à la construction du couple.

 

(Extrait du Hors Série, Il est Vivant sur Préparer notre mariage)

 

045
Jeudi 26 Décembre 2013 à 08h26 dans Beaux textes philosophiques et spirituels1 commentaire(s)

 

La conscience…..

Si j'avais eu la conscience suffisamment claire et les mots suffisamment nuancés pour l'exprimer, j'aurais aimé te dire que nous sommes là pour explorer, découvrir et partager ce qu'il y a de meilleur en nous. Chacun possède un trésor. Sois conscient et généreux de ton trésor et, en même temps, reste ouvert, attentif à recevoir le trésor des autres, disposé à apprendre et à te remettre en question. Cherche la beauté, la vérité, l'excellence en accueillant aussi ta fragilité, ta vulnérabilité et ton ombre, de sorte d'être à même d'accueillir celles des autres. Occupe joyeusement ta place: il y a de la place pour chacun, sinon ni toi ni moi ne serions là. Pense que ta place que tu n'occupes pas pour ne pas déranger reste vide à jamais et réjouis-toi que chacun occupe pleinement la sienne autour de toi. Tagore

 

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« Accepter  l’autre en frère, ce n’est pas l’aborder avec du miel au bout des lèvres et en faisant des chichis et des tralalas pour faire mine d’être tout à coup copain-copain. Ce n’est pas lui dire « tu as raison » avant même qu’il ouvre la bouche, ça consiste à le respecter assez pour lui dire qu’il a tort si on pense qu’il fait fausse route. La fraternité, pour qu’elle mérite son nom, doit ouvrir comme un appétit la liberté d’une confrontation passionnée. Et ce n’est pas interdit de contredir l’autre. A condition que ce ne soit pas pour avoir le dernier mot, mais plutôt pour avoir le premier geste de réconciliation. L’esprit fraternel, c’est voir d’abord ce qui relie et rapproche, au lieu de s’acharner sur ce qui sépare et éloigne. C’est s’apercevoir que l’on est sous le même ciel, dans la même création, dans la même histoire contemporaine et que nous sommes reliés les uns aux autres sur terre autant que les étoiles dans le ciel le sont entre elles, la nuit. Tiens, peut être même que nous sommes les étoiles de la terre ! Raison de plus pour saupoudrer davantage de fraternité sous la Voie Lactée !

(Extrait du livre du François Garagnon, « La vie selon Joy »)

 

bretagne 8237
Dimanche 24 Novembre 2013 à 13h09 dans Beaux textes philosophiques et spirituelsPoster un commentaire

« Si un ange venait visiter mon jardin intérieur et me demandait quel cadeau je souhaiterais recevoir dans l’instant, je ne lui demanderais ni la fortune ni la réalisation immédiate de mes rêves les plus fous ou de mes vœux les plus chers. Non. Je veux garder intact tout le palpitant de la vie ! Que les choses  ne soient écrites à l’avance, ni servies toute faites, ni accomplis hors de ma présence et de mon libre arbitre. Ce que je demanderais se sont des graines. Des graines d’émerveillement. Et qu’il en sème partout en abondance, qu’elles envahissent tout mon jardin intérieur, jusqu’à placé en moi des désirs à ne plus savoir qu’en faire, des attentes de fraternité aiguës comme la soif, des élans de réconciliation d’une folle audace, des paris sur l’avenir que personne n’aura osé faire avant moi. Je deviendrais herboriste du bon Dieu, je ferais des décoctions d’émerveillement, je composerais des parfums réenchanteurs, des onguents et baumes réparateur pour apaiser, guérir et bien cicatriser ; j’introduirais d’irrépressibles poudres de rires pour les cœurs mélancoliques, des lotions spéciales de confiance pour ceux qui n’y croient plus ! Je deviendrais saltimbanque de la joie de vivre ! On me prendrait pour un bonimenteur en me voyant disqualifier les plaisirs multiples après lesquels chacun court, pour inviter à célébrer l’Unique la noble cause ou le grand amour. »

Extraits du livre « Le maître des liens inaltérables »

De François Garagnon

 

papillons207
Dimanche 03 Novembre 2013 à 09h40 dans Beaux textes philosophiques et spirituels1 commentaire(s)

« N’oublie pas qu’avant d’être un « proche », l’autre ressemble peu à peu une terre lointaine. Il convient de l’aborder comme un pays dont on doit respecter la langue étrangère, les us, les coutumes, les paysages familiers et les climats changeants, le jardin secret, la souveraineté. Il s’agit donc d’acclimater ton savoir à une réalité parfois déroutante, en tout cas fondamentalement différente de la tienne, en cherchant à t’adapter à l’autre, à le comprendre dans sa nécessité intérieure, à l’apprivoiser où à le rejoindre. Autant dire que pour aborder ce pays de l’autre, tes bagages, tes grilles d’analyses tes jugements coutumiers et tes habitudes te seront de peu d’utilité.  « En réalité, tout se passe comme si habiller une relation exigeait d’abord que l’on se dépouille soi-même. »

« Cette idée de dépouillement radicale nous ramène au désert. Il faut accepter d’aborder l’autre comme un vaste territoire inconnu : parfois sans point de repère, sans garantie et même sans chemin tracé. Sans a priori, ni attente prédéfinie. Juste avec la passion de découvrir un « lieu » singulier qui peut devenir un « lien » unique. »

Extraits du livre « Le maître des liens inaltérables »

De François Garagnon

 

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Sache de la confiance qu'elle est la clé des relations humaines. Que ce soit dans le domaine amical, sentimental, conjugal, parental, éducatif, professionnel, rien de durable, de stable ou d'heureux ne peut être établi sans la confiance. Assurément. Sans la confiance, on ne peut rien. Mais avec elle, on ne peut pas tout ! En effet, la confiance est un principe de réciprocité, qui se joue dans le double mouvement du don et de l'accueil. Il existe une énergie relationnelle, et toute la question est de savoir si la relation que tu établis est mutuellement nourrissante, fortifiante ou si elle est au contraire dévoreuse d'énergie. La confiance n'est pas quelque chose de magique, elle peut même être déçue si l'on y a recours aveuglément. On ne brade pas ce qui est précieux. Et la confiance est d'une valeur très précieuse. Si l'on donne sa confiance à quelqu'un qui n'est pas digne de la recevoir, on peut se trouver aussi vulnérable qu'en ouvrant son jardin à une personne sans scrupule qui va en piétiner les jeunes pousses et passer à côté des plantations les plus prometteuses sans s'en apercevoir. La confiance, c’est quand  on n’a pas peur. « La confiance est un risque aussi grand que l'amour ou la foi. Mais c'est ce risque qui rend la vie palpitante et lumineuse parce qu'il nous projette dans un autre monde où l'on est d'autant mieux soi-même que l'on s'oublie soi-même. La confiance, tout comme l'amour, tout comme la foi, pousse à se donner pour quelque chose de plus grand que soi, qui exauce une part informulée de nous-mêmes, tout en nous exhaussant au-dessus de notre condition. Voilà un bien grand mystère au fond, ce que cette clé de la confiance ouvre en nous...

Extraits du livre « Le maître des liens inaltérables »

De François Garagnon

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« La vie de l’homme n’est pas une fabrication. Ni de Dieu ni de l’homme. Nous ne sommes pas simplement de la pâte à modeler entre les mains de Dieu, nous ne sommes pas non plus sans Dieu, nous qui aurions à fabriquer  notre vie par nous-mêmes. La vie de l’homme est justement cette capacité d’accueil. Elle naît d’une relation. La vie de l’homme est suscitée par une relation, une relation au monde, une relation à l’autre, une relation à Dieu. Si l’on prend le ruisseau et la source, c’est clair que le ruisseau est cette capacité d’accueil de la source. Et ce qui définit peut être de manière  la plus vraie la situation de l’homme, c’est cet homme debout, les mains ouvertes dans une attitude d’accueil. (François Michon) »

Extrait du livre : « Le désir de bonheur » devant l’homme souffrant.

 

2013-07-15 15.21.56Sentier cotier vers Port Tudy (Groix) (1)
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