• A ma mère

    A ma mère

     

    Lorsque, ma sœur et moi, dans les forêts profondes,

    Nous avions déchiré nos pieds sur les cailloux,

    En nous baisant au front, tu nous appelais fous,

    Après avoir maudit nos courses vagabondes.

     

    Puis, comme un vent d'été confond les fraîches ondes

    De deux petits ruisseaux sur un lit calme et doux,

    Lorsque tu nous tenais tous deux sur tes genoux,

    Tu mêlais en riant nos chevelures blondes.

     

    Et pendant bien longtemps nous restions là, blottis,

    Heureux, et tu disais parfois : «ô chers petits, Un jour vous serez grands et moi je serai vieille ! »

     

    Les jours se sont enfuis d'un vol mystérieux, Mais toujours la jeunesse éclatante et vermeille Fleurit dans ton sourire et brille dans tes yeux.

     

    Théodore de Banville 

     


  • Commentaires

    1
    Ibou sall
    Lundi 5 Mars à 16:56
    Bon souvenir des années 1970 avec beaucoup de plaisirs et de sensations pendant les moments de récitation en classe.
      • Lundi 5 Mars à 17:00

        Merci de votre visite.

    2
    toutaoui
    Dimanche 3 Juin à 23:54

    Ce fou comme le temps passe ! Déjà cinquante ans. Mais ce poème ravive de si beaux souvenirs

      • Lundi 4 Juin à 13:33

        Merci de votre visite.

    3
    Kit
    Jeudi 18 Octobre à 22:44
    Classe de 8e Petit St Jean Versailles en 1958.J'avais 8 ans. J'en ai 68 et c'est toujours la même émotion...
      • Jeudi 18 Octobre à 23:22

        Merci de votre visite.

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